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Santé. Aquagym, bénévolat et amitiés : cette centenaire américaine dévoile les secrets de sa longévité

A Dallas, l’univers n’est pas si impitoyable, car il a permis à Joan Eichner d’atteindre les 100 ans, et en bonne santé, comme le relaie Midi Libre. Mais c’est surtout une routine bien huilée qui a permis à l’A...

A Dallas, l’univers n’est pas si impitoyable, car il a permis à Joan Eichner d’atteindre les 100 ans, et en bonne santé, comme le relaie Midi Libre. Mais c’est surtout une routine bien huilée qui a permis à l’Américaine d’atteindre son centième anniversaire en février : aquagym trois fois par semaine, du bénévolat et une vie sociale riche. 

Depuis près de 30 ans et son arrivée à Dallas, Joan Eichner se rend trois fois par semaine au Moody Family YMCA. Dans cette salle de sport où elle a aussi fêté son anniversaire, elle peut s’adonner à un rituel qui lui fait du bien au corps, mais aussi à l’âme car il entretient aussi ses amitiés. « J’aime l’eau, mais j’aime aussi les amitiés », explique-t-elle au site américain Today.com.

C’est aussi là le secret selon elle : il ne s’agit pas seulement d’entretenir ses muscles, mais aussi les liens sociaux. Aussi a-t-elle l’habitude de conclure ses séances de gym par un café avec ses camarades. « Elle n’est pas le genre de personne à faire des allers-retours dans sa ligne d’eau à la piscine. Elle aime l’aquagym parce qu’on peut discuter avec le prof, on peut discuter avec les autres personnes dans la piscine, avec les maîtres-nageurs. C’est un moment social », explique sa fille Debbie. 

« Quand vous ne voulez pas sortir du lit le matin, levez-vous, continuez »

Rester active, c’est finalement cela le secret de la longue vie de Joan Eichner, que ce soit à la salle de sport ou dans la vie associative. Elle est toujours une membre zélée de son église, où elle enseigne le cathéchisme aux enfants les dimanches. Chaque jour, selon sa fille Debbie, qui vit dans le même immeuble qu’elle, elle se fixe l’objectif de faire quelque chose : une visite, une activité, ou encore un projet associatif. Elle reste également mentalement affutée : tous les jours elle lit et remplit une grille de mots croisés, sa fille Debbie mettant au défi quiconque d'en finir une avant elle. 

Avec un mot d’ordre : « Quand vous ne voulez pas sortir du lit le matin, levez-vous, continuez », professe-t-elle à celles et ceux qui voudraient suivre son exemple. Peu encombrée par le poids des ans, elle résume : « Je  ne me sens pas vraiment plus vieille. J’essaie de continuer ma vie. J’aime être en vie, et j’aime tout ce que je fais et tout ce que je vois. Et c’est ça qui me fait continuer ». 

Et la centenaire de distiller quelques uns de ses secrets pour certes avoir une longue vie, mais en bonne santé. Le premier, le pilier de tout : l’hygiène de vie. Joan Eichner a grandi dans une région agricole d’Angleterre, et c’est ce qui d’après sa fille l’a encouragé à toujours manger de nombreux fruits et légumes. Une habitude qu’elle a conservé à l’âge adulte aux Etats-Unis, avec un régime principalement composé de fruits et légumes, et très peu de viande, avec de temps à autre, quelques plaisirs.

« Je suis censée dire que j’aime l’exercice et manger sain, mais la vérité, c’est que j’aime le vin et le chocolat », plaisante-t-elle. L’activité physique fait bien évidemment partie de cette bonne hygiène de vie. Joan avait également pris l’habitude de beaucoup marcher et de se promener : si elle n’est pas à l’aquagym ou à l’église, il est probable que Joan soit à l’Arboretum de Dallas, un de ses endroits préférés. 

Maintenir des liens sociaux

Le second conseil est de rester active pour les autres, d’aider votre communauté. Donner de son temps est essentiel pour la centenaire, qui est également bénévole pour l'hôpital pour enfants de Dallas, pour qui elle confectionne des marionnettes ou des oreillers. « J’aime beaucoup faire ça. Je n’aime pas rater des projets parce que quand je pense à ces pauvres enfants, hospitalisés loin de leurs familles, je me dis que si on peut faire quelque chose pour rendre leurs vies plus confortables, c’est déjà merveilleux.» 

Mais pour retrouver les conseils de longévité de certains centenaires, pas besoin d’aller jusqu’à Dallas. Notre région accueille de nombreux centenaires, tout comme notre pays. En 2023, un rapport de l’Insee décerne à la France le titre de championne d’Europe quand il s’agit des centenaires. Un record qui doit beaucoup à l’histoire longue du pays, et à son contexte social selon Jean-Marc Robine, démographe spécialiste du sujet interrogé dans nos colonnes. Un des critères pour parvenir au siècle de vie : vivre dans un pays qui est « régi par la social-démocratie, où les accès aux soins et à l’éducation sont gratuits », expliquait-il. 

Aquagym, yoga... Pour bien vieillir, bougez  !

Chez les centenaires rencontrés par le Progrès, de nombreux conseils communs se dessinent avec ceux prodigués par Joan Eichner : une bonne hygiène de vie, des hobbies et de la compagnie…Ainsi, en 2025, pour Gabrielle Latriche, Aindinoise de 101 ans, rencontrée par le Progrès en 2025, rester en mouvement est essentiel : elle marche deux heures par jour, et a fait de l’aquagym jusqu’à ses 95 ans. 

Pour Yvonne, récemment centenaire à Chamalières-sur-Loire, ce n’est pas l’aquagym mais le yoga qui serait à l’origine de sa longue vie, elle l’a pratiqué 40 ans durant. 

D’autres attribuent leur bonne santé à leurs engagements associatifs. Comme Irène Rebaud, figure de la vie locale à Firminy. Native de la ville, cette ancienne professeure d’anglais, « chrétienne de gauche » revendiquée a nourri ses engagements tout au long de sa vie, et compte même poursuivre après sa mort. Elle a légué la maison où elle est née et vit toujours à une communauté jésuite, pour en faire un « lieu oecuménique et de rencontres des cultures ». Elle continue à s’intéresser à l’actualité et à la politique et voudrait voir l’année 2027 pour savoir qui sera le prochain président. 

« Une vie sans excès, dormir et aimer »

Dans la Loire, c’est aussi le don de soi qui caractérise Marie, tout juste centenaire en juillet 2026. Engagée auprès d’Emmaüs Roanne depuis sa retraite, elle est également responsable cantonale de la paroisse Saint-Jean-Bosco à Saint-Germain-Laval. « Ce qui me fait avancer, c’est la foi et toute ma famille à mes côtés », confie-t-elle au Progrès. 

Mais pour de nombreux centenaires rencontrés par nos journalistes, la clé reste une bonne hygiène de vie, sans excès. Comme pour France Barrière, cette Stéphanoise de 101 ans, qui confiait au Progrès en 2025 la base de son hygiène de vie : « Quasiment aucun médicament, pas d’alcool ni de tabac. Une vie saine, au contact de la campagne ». Ce qui lui a permis de pouvoir « consacrer une partie de [son] temps à la lecture, et sans lunettes ! » Une vie « simple, avec une nourriture saine », c’est ce que mettait en avant Adrienne Roux, centenaire de Charlieu, dans nos colonnes en 2025, comme Victorine Bouguion, 105 ans. Habitante depuis toujours de Bohas-Meyriat-Rignat, elle proclamait la même année n’avoir jamais « bu une goutte d’alcool, ni fumé. » Elie Bailly, un centenaire résidant de Clairvaux-les-Lacs dans le Jura, décédé en 2026 peu avant son 101e anniversaire, professait lui un adage simple : « Mener une vie sans excès, marcher, lire, dormir et aimer. »

« Un petit verre de porto de temps à autre »

Doyenne de nos centenaires du haut de ses 110 ans, Suzanne Oberlander, résidente de Bron, est la première étonnée d’être arrivée à cet âge : « On ne peut pas passer sa vie à penser à son âge, on n’y est pour rien ! » Après une vie bien remplie, cette grande lectrice et fan de mots croisés donne le même conseil que ses congénères : « Il faut rester actif autant qu’on peut, intellectuellement et physiquement.» Avec un petit conseil bonus, à rebours de certains : « Et boire un petit verre de porto de temps à autre ! »

Une prescription que ne reniera pas Alice Meunier-Briffaz, Villeurbannaise de 106 ans, de son propre aveu « très gourmande » : « Je ne peux pas manger sans boire un verre de rosé. » Un brin philosophe, elle fait aussi de sa longévité une question de caractère :  « Je crois que c’est l’optimisme pour moi. Je vois toujours le bon côté des choses. Je ne me suis jamais disputé avec personne. »

Vous savez désormais quoi faire pour pouvoir vous aussi souffler votre centaine de bougies…et vous ne serez pas seul : selon l’nsee, en 2040, la France pourrait compter 76 000 centenaires, soit plus du double qu’en 2023.