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Sambreville: suite à une perte de subsides, la société sambrevilloise Brillo risque de perdre de son éclat

Un robinet qui fuit, un coup de peinture, une taille de haie ou encore une tonte de la pelouse… La société coopérative Brillo propose tous ces petits services depuis 2008. "En fait, nous prenons en charge tous ...

Un robinet qui fuit, un coup de peinture, une taille de haie ou encore une tonte de la pelouse… La société coopérative Brillo propose tous ces petits services depuis 2008. "En fait, nous prenons en charge tous ces boulots qui n'intéressent pas les indépendants, les grosses sociétés", résume Samuel Courtois, directeur depuis 2009.

La demande n'a fait que croître depuis la création de Brillo. De trois travailleurs, la coopérative à finalité sociale est passée à 50, près de 20 ans plus tard."Notre objectif, c'est de remettre à l'emploi des personnes qui sont en dehors du circuit (NDLR: chômage de longue durée, sans diplôme) tout en offrant un service à un public fragilisé économiquement." C'est une condition pour bénéficier des subsides de la Région wallonne. "80% des services doivent être facturés au tarif social (NDLR: 14,87€ par heure). Le reste, c'est Monsieur et Madame tout le monde. Pourquoi ce public en priorité ? Tout simplement pour ne pas concurrencer des entreprises du coin."

100 000 € en moins

Le problème, c'est que le modèle de la société Brillo est en train de vaciller. Le ministre wallon de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet, a annoncé la fin du subside de l'aide à l'emploi SINE, destiné aux entreprises d'économie sociale d'insertion, à partir de 2030. "Ce qui représente une perte sèche de 100 000 €, soupire Samuel Courtois. Aujourd'hui, le salaire de la moitié des 50 travailleurs est subsidié en partie par l'aide à l'emploi SINE et d'autres aides. Que le gouvernement wallon décide de réaliser des réformes, je l'entends. Mais là, le ministre utilise son bazooka. Il ne réforme pas, il supprime sans contrepartie !"

L'autre problème, c'est qu'avant cette date, plusieurs des 25 salariés ne seront plus subsidiés. "En fonction des profils, l'aide à l'emploi est fixée à deux ans, voire plus. Par conséquent, la société perdra déjà des dizaines de milliers d'euros dès 2027. Je n'ai pas d'autres choix que de revoir le modèle d'autant que d'ici 2030, je m'attends à d'autres suppressions de subsides…"

Que choisir pour l'avenir ?

La bonne nouvelle pour Samuel Courtois, c'est qu'il peut prévoir cette perte sèche de revenus pour permettre à la coopérative Brillo de continuer à briller sur le territoire sambrevillois. "Le risque, demain, c'est que la société coopérative devienne une entreprise classique alors que son essence, c'est de remettre des locaux à l'emploi tout en aidant des personnes à petits budgets. Nous n'aurons donc pas d'autres choix que d'augmenter nos tarifs ou bien de diminuer les dépenses ou encore de développer de nouvelles activités. Mais lesquelles ? Dans l'armement, les munitions, les drônes ? C'est à la mode mais ça ne concerne pas notre public cible, évidemment."

Samuel Courtois tire donc la sonnette d'alarme auprès du gouvernement wallon. La perte pure et simple de Brillo serait plus importante que la simple suppression d'un subside. "Tous nos travailleurs sont issus du chômage. Ils restent, en moyenne, cinq ans chez nous pour une moyenne d'âge de 46 ans. Nous ne sommes pas qu'un tremplin. Quand ils entrent chez nous, c'est pour plusieurs années car ils apprécient le modèle bienveillant. Et derrière, les demandes affluent pour des travaux de peinture, des tontes, des haies. D'ailleurs, notre carnet de commandes en parc et jardin est complet jusqu'en fin d'année !"

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