Russie. Désigné « terroriste » par Moscou, le patron de Telegram dit avoir refusé la « censure » du Kremlin
Le patron de Telegram, Pavel Durov, a été placé sur une liste des autorités russes recensant les personnes désignées « terroristes » ou « extrémistes », au lendemain de l'annonce par Moscou d'une procédure de r...
Le patron de Telegram, Pavel Durov, a été placé sur une liste des autorités russes recensant les personnes désignées « terroristes » ou « extrémistes », au lendemain de l'annonce par Moscou d'une procédure de recherche contre lui pour « complicité de terrorisme ». Pavel Durov, 41 ans, apparaît désormais sur cette liste établie par les services de surveillance financiers russes, qui recense les personnes physiques et les organisations accusées de participer à des « activités extrémistes » ou « au terrorisme ». La Russie avait annoncé mercredi avoir lancé une procédure de recherche internationale à l'encontre de Pavel Durov, l'accusant de « complicité de terrorisme » et affirmant que sa messagerie est utilisée par les services de sécurité ukrainiens à des fins de recrutement.
Celui-ci se défend, affirmant qu'il figure dans cette liste car il aurait « refusé [les] demandes de surveillance de masse et de censure sur Telegram » par Moscou. « Les responsables russes se sont clairement emmêlé les pinceaux sur qui peut bannir qui sur internet », a-t-il lancé sur sa plateforme.
Né en Russie et détenteur de passeports français et émirati, Pavel Durov est inculpé en France depuis 2024, Paris l'accusant de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur Telegram. En Russie, cette messagerie est l'une des plus populaires, utilisée aussi bien par des citoyens ordinaires que par les services publics, parmi lesquels le Kremlin, les principaux ministères et les forces de l'ordre. La Russie, qui mène une offensive à grande échelle en Ukraine depuis février 2022, fait face à des restrictions numériques sans précédent depuis des mois, qui concernent notamment Telegram et une autre messagerie, occidentale, WhatsApp. Ces messageries sont accusées d'être utilisées par les services ukrainiens contre la sécurité du pays.
Libertarien revendiqué et controversé
Pavel Durov, domicilié à Dubaï, est un libertarien revendiqué, chantre de la confidentialité d'internet mais controversé, car il a été accusé de refuser toute modération sur la messagerie Telegram qu'il a cofondée en 2013. Les autorités russes avaient déjà tenté de la bloquer en 2018, avant d'y renoncer. « Les efforts de Telegram dans la lutte contre le terrorisme sont largement documentés. Nous rejetons fermement ces accusations », a répondu ce jeudi son service de presse.
En février, Pavel Durov avait accusé Moscou de restreindre l'accès à Telegram pour forcer ses citoyens à utiliser l'application MAX, contrôlée par l'État russe et conçue, selon Pavel Durov, « pour la surveillance et la censure politique ». Il avait alors assuré que Telegram défendait « la liberté et la vie privée ».
Après une interpellation spectaculaire en France à sa descente d'avion en août 2024, Pavel Durov, naturalisé français en 2021, a été mis en examen il y a deux ans par la justice française pour une série d'infractions relevant de la criminalité organisée. Il lui est reproché de ne pas avoir agi contre les utilisations délictuelles de sa messagerie, notamment par une absence de modération et de collaboration avec les enquêteurs.