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Rugby (Top 14-Pro D2). “On passe à un niveau supérieur” : le nouveau dispositif d’arbitrage vidéo “révolutionnaire” entre en fonction en septembre avec jusqu’à 17 caméras et une autonomie accrue pour fluidifier le jeu

Les arbitres de Pro D2 et Top 14 se sont préparés à Loudenvielle pour intégrer un nouveau dispositif d'arbitrage vidéo qualifié de "révolutionnaire". Ce système, développé par Vogo, offre une autonomie accrue avec jusqu’à 17 caméras et un technicien dédié, promettant précision et rapidité dès la saison prochaine.

l'essentiel Les arbitres de Pro D2 et Top 14 se sont préparés à Loudenvielle pour intégrer un nouveau dispositif d'arbitrage vidéo qualifié de "révolutionnaire". Ce système, développé par Vogo, offre une autonomie accrue avec jusqu’à 17 caméras et un technicien dédié, promettant précision et rapidité dès la saison prochaine.

Les yeux rivés sur plusieurs écrans, les arbitres vidéo de Pro D2 et Top 14 réunis lors du stage de prérentrée à Loudenvielle dans les Hautes-Pyrénées, ont mis le bleu de chauffe floqué du coq rouge, afin d'apprivoiser leur nouvel outil, que l'ex-arbitre international Nicolas Datas qualifie déjà de "révolutionnaire". Et le Haut-Pyrénéen désormais coordinateur des arbitres du Top 14 et de Pro D2, d'étayer son propos : "C'est un nouveau dispositif d’arbitrage vidéo, très technique, qui apporte une vraie révolution dans ce domaine. L’arbitre vidéo pilote tout : il choisit la caméra, fait les replays, clippe les images, etc. C’est exactement comme avoir sa propre cabine de régie. L’arbitre vidéo devient vraiment autonome ; il prend ses décisions plus vite, plus clairement, on évite certains appels inutiles. On gagne en précision et en rapidité, et c’est une avancée énorme pour l’arbitrage."

Autant dire que la saison prochaine, le moindre détail sera scruté sous tous les angles par l'une des nombreuses caméras de l'énorme dispositif mis en place par Vogo, spécialiste montpelliérain de l'image et du son qui a remporté l’ensemble des lots du nouvel appel d’offres de la Ligue nationale de rugby (LNR) pour les six prochaines saisons (2026-2032).

17 caméras et un arbitre vidéo plus autonome

Pour Mathieu Raynal, responsable des arbitres, il s'agit d'une mise à niveau qui était nécessaire avec "un tout nouvel outil qui change vraiment la donne. Avant, on disposait d'un seul écran avec un temps live différé de cinq secondes et on était dépendant des images envoyées par le diffuseur (NDLR : Canal+). À présent, il y aura quatre écrans à la disposition des arbitres et ils auront accès aux 17 caméras, pour un match du Top 14 en prime et quatre caméras pour un match de Pro D2. Il y aura surtout un outil informatique plus développé avec possibilité de faire des ralentis, de taguer des situations de jeu, de zoomer, etc."

Au-delà de l'aspect technique, l'autre grande nouveauté sera l'accompagnement de l'arbitre vidéo par un technicien pour constituer un duo capable de visionner en amont plusieurs phases de jeu, une équipe autonome par rapport au passé : "Avant, il n'y avait pas de technicien vidéo. Pour un ralenti, il fallait faire une demande officielle, ça retardait tout et c’était public. Désormais, l’arbitre vidéo travaillera en duo avec un technicien et le binôme contrôlera le flux d’images, triera les situations, et pourra décider de traiter un cas discrètement, en off, sans forcément déclencher d’appel vidéo officiel", explique le Perpignanais.

Si la sécurité des joueurs est, bien sûr, au centre des préoccupations arbitrales, ce dispositif encore jamais vu en France permettra également de fluidifier le jeu : "Pour augmenter le rythme des matchs, il faut baisser la durée totale du match et augmenter le temps de jeu effectif. Donc, quand vous mettez des appels vidéo plus rapides, vous baissez la durée totale des matchs".

"Amener une plus-value au jeu"

Révolutionnaire, donc ce nouveau système ? Mathieu Raynal y met un bémol : "Que tout le monde ne s'attende pas à ce que ce soit révolutionnaire dans le bon sens dès le départ. C'est quelque chose qui peut permettre d'amener une plus-value au jeu, à l'arbitrage, au rythme des matchs et aux téléspectateurs aussi, aux produits rugby tout simplement. En tout cas, on va tout mettre en œuvre pour être en capacité de le maîtriser le plus rapidement possible"

Ce à quoi se sont attachés les arbitres vidéo, tel le Tarbais Christophe Berdos, ex-arbitre international aux deux finales de Top 14. À 56 ans, il a déjà quatre années de pratique en tant qu'arbitre vidéo et constate qu'il s'agit d'une avancée majeure : "Oui, on passe à un niveau supérieur. Ce système, c’est tout nouveau donc on l’appréhende, mais c’est aussi super excitant. Avant, on dépendait des images de Canal+, réalisées pour le spectacle. Du coup, il manquait parfois quelques angles pour trancher une situation. Maintenant, on devient indépendants : un technicien bosse pour nous, il écoute nos besoins, on peut demander tel ou tel angle. On garde la main sur ce qu’on veut voir. C’est clairement une vraie plus-value, mais il faut apprendre à s’en servir ».

Nul doute que le jeudi 27 août, pour la reprise de la Pro D2, et le samedi 5 septembre, pour celle du Top 14, tout le monde sera fin prêt.