Carnet de campagne | Rien n’est facile pour les libéraux
En plein début de campagne difficile en raison de sondages décourageants, Charles Milliard n’était pas mécontent de voir une apparente alliée arrêter sa grosse voiture rouge pour le saluer sur la rue King, à Sh...
En plein début de campagne difficile en raison de sondages décourageants, Charles Milliard n’était pas mécontent de voir une apparente alliée arrêter sa grosse voiture rouge pour le saluer sur la rue King, à Sherbrooke, vendredi matin. Tout sourire, la dame était en plus vêtue d’un gilet rouge éclatant, comme pour rendre hommage aux libéraux. « Je vous souhaite une excellente campagne ! » lui a-t-elle lancé. « Il se démarque, je l’aime bien. »
Mais même après s’être fait photographier gentiment avec le chef, elle n’était pas prête à dire qu’il aurait son vote. « On verra ce que ça va faire au fil de la ligne, mais je n’aime pas trop PSPP. »
Charles Milliard était quand même en terrain ami vendredi au cœur de la région de l’Estrie, où il réside et se présente. Des amis, comme l’ancien premier ministre Daniel Johnson et l’ancien député libéral Robert Benoit, l’ont accueilli avec d’autres pour une petite visite du local électoral à Magog. Nostalgique d’une autre époque, M. Benoit a confié au Devoir que les campagnes électorales ont bien changé depuis l’époque où il était député libéral (1989-2003). Attristé comme d’autres par les sondages qui placent le parti au troisième rang en Estrie, il a mentionné que la proximité de la région avec la frontière américaine pouvait peut-être expliquer en partie les résultats.
« Les Cantons-de-l’Est sont peut-être plus affectés par l’effet Donald Trump parce que nous, on y va, aux États-Unis, on va manger à Newport… Dans les Cantons-de-l’Est, c’était facile d’exporter pour nous. On est près. Il y a même un paquet de monde qui est né aux États-Unis. »
Cette proximité risquait-elle de pousser des électeurs à se rallier à Christine Fréchette ? Chose certaine, c’est à elle que Charles Milliard a voulu décocher des flèches lors d’une brève mêlée de presse juste après. « Il y a 72 heures, Mme Fréchette était à côté de M. Legault à L’Assomption et elle a qualifié le bilan de la CAQ d’incomparable. Et là, elle tente de se dissocier d’un des plus grands fiascos de son gouvernement. Ma question, c’est la suivante : quelle Christine Fréchette faut-il croire ? Est-ce que c’est celle de mardi ? Est-ce que c’est celle de vendredi ? […] Les Québécois n’ont pas une poignée dans le dos, même s’ils sont inquiets de la situation économique. »