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« Rien de nouveau » : avec son nouvel accord, Donald Trump a-t-il vraiment mis fin à des mois de tensions avec le Groenland ?

Sur Truth Social, le président américain s'est félicité d'un accord ayant permis aux États-Unis d'obtenir « contrôle permanent » sur la sécurité du Groenland. De leur côté, en revanche, les autorités danoises assurent que le texte ne fait que réaffirmer « la souveraineté » de Copenhague.

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Donald Trump a affirmé avoir obtenu du Danemark et du Groenland un « contrôle permanent » sur la sécurité de l'île.

© Evan Vucci

Chloé Semat 19/09/2026 à 12:44, Mis à jour le 19/09/2026 à 12:44

Sur Truth Social, le président américain s'est félicité d'un accord ayant permis aux États-Unis d'obtenir « contrôle permanent » sur la sécurité du Groenland. De leur côté, en revanche, les autorités danoises assurent que le texte ne fait que réaffirmer « la souveraineté » de Copenhague.

Cette annonce va-t-elle réellement mettre un terme à des mois de vives tensions ? Ce vendredi 18 septembre, dans la soirée, Donald Trump a affirmé avoir obtenu du Danemark et du Groenland un « contrôle permanent » sur la sécurité du territoire autonome danois. Présenté par le président américain dans l'une de ces longues publications dont il a le secret sur son réseau Truth Social, il permettrait ainsi que les États-Unis aient « à JAMAIS la pleine capacité de faire ce qui est nécessaire […] pour assurer et défendre la sécurité » de cette immense île.

S’estimant « fier d’être le président qui a réglé définitivement cette situation cruciale », le Républicain ajoute que ce texte vise à empêcher tout « adversaire » de son pays d’établir une présence militaire au Groenland ou d’y réaliser des investissements sensibles sans accord des États-Unis. Cette disposition vise particulièrement la Chine et la Russie, a précisé par la suite la diplomatie américaine. Plus globalement, selon les sources du New York Times, ce nouvel accord interdirait à tous les pays non-membres de l’OTAN d’établir une base ou de maintenir une présence militaire sur le territoire.

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Dans le même temps, Donald Trump a annoncé que Washington allait « immédiatement lancer le processus de développement d’une importante présence militaire ». Cette possibilité était toutefois déjà incluse dans un traité de défense, signé en 1951 et ayant accordé aux États-Unis une grande liberté afin d’exploiter des installations militaires sur l’île – à condition qu’ils préviennent les autorités. C’est ainsi que Washington a eu jusqu’à 17 installations sur place. Désormais, selon plusieurs médias, les États-Unis veulent y ouvrir trois nouvelles bases militaires dans le sud, en plus de la base de Pituffik qu’ils détiennent déjà dans le nord de ce territoire. Cette installation constitue un maillon crucial de la défense antimissile américaine.

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Des divergences sur les visées de l'accord ?

Pour l’heure, le contenu précis du texte d’accord n’a pas encore été rendu public. Il doit, selon Copenhague, être signé la semaine prochaine à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Toutefois, et comme toujours avec ce type d’annonces emphatiques du président américain, la méfiance est de mise. À commencer par les termes choisis pour qualifier ledit accord. De son côté, Donald Trump, qui évoque un « rêve devenu réalité », assure qu’il sera d’une « durée de vie infinie » et n’aura « aucun coût » pour Washington. Un enthousiasme confirmé par le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui souligne un compromis qui « répond à toutes [leurs] préoccupations de sécurité nationale concernant le Groenland ».

En revanche, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, l’aborde sous un angle très différent. Pour elle, le texte ne fait que « reconnaître la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume (du Danemark) et le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination ». Quant au chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, il s’est félicité d’un compromis qui « garantit » la sécurité du Groenland et « reconnaît (ses) intérêts ». Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis, estime pour sa part qu’« il n’y a rien de nouveau dans ce texte ». « Les États-Unis n’obtiennent rien qu’ils n’avaient pas avant de créer cette crise inutile », a-t-il déclaré sur X.

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There is nothing new in this text. The US doesn’t get anything it didn’t have before creating this unnecessary crisis. https://t.co/u6WYu4N7Du

— Gérard Araud (@GerardAraud) September 19, 2026

Des mois de tensions

Rappelons que les autorités danoises comme groenlandaises ont longuement bataillé contre les velléités impérialistes de Donald Trump, qui menaçait de rattacher le territoire arctique à son propre pays. Pour cause, l’île est située à un emplacement stratégique, sur l’itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis. Elle recèle des gisements inexploités de terres rares et pourrait jouer un rôle essentiel à mesure que la glace polaire fond et que de nouvelles voies maritimes apparaissent.

Le vice-président américain J.D. Vance s’y était rendu en mars 2025, un déplacement alors vu par Nuuk et Copenhague comme une provocation. Au plus fort de la crise, le président américain avait même évoqué la possibilité « d’utiliser la force » pour s’emparer du territoire de 57 000 habitants, semant l’inquiétude au sein de l’UE et de l’OTAN. La tension n’est retombée que grâce à la mise en place d’un groupe de travail entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis, qui se réunissait environ une fois par mois à Washington et qui a élaboré l’accord annoncé ce vendredi.

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