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Ribéry méritait le Ballon d’Or ? Merci France Football, on avait remarqué

Treize ans après le Ballon d’Or perdu par Franck Ribéry, d’anciens responsables de France Football expliquent qu’avec leur ancien système, il aurait gagné. Merci pour le renseignement. À deux semaines du Ballon...

Treize ans après le Ballon d’Or perdu par Franck Ribéry, d’anciens responsables de France Football expliquent qu’avec leur ancien système, il aurait gagné. Merci pour le renseignement.

À deux semaines du Ballon d’Or 2026, France Football replonge dans ses vieux dossiers et découvre une injustice qui avait jusque-là échappé à absolument personne : Franck Ribéry aurait remporté l’édition 2013 si les journalistes avaient été les seuls à voter. Pascal Ferré l’a rappelé récemment sur RMC. Gérard Ejnès avait expliqué la même chose : dans le système traditionnel du Ballon d’Or, Ribéry aurait gagné. C’est exact. C’est même tellement exact qu’on le savait dès janvier 2014. Les journalistes avaient placé le Français largement devant Cristiano Ronaldo et Lionel Messi.

Le petit problème, c’est que France Football parle ici comme si quelqu’un d’autre avait débarqué dans ses bureaux en 2010 avec une arme pour lui imposer la fusion avec la FIFA. Le Ballon d’Or FIFA n’est pas tombé du ciel. FF a accepté de partager son trophée et, avec lui, son système électoral. Aux journalistes se sont ajoutés les sélectionneurs et les capitaines. On pouvait trouver l’idée formidable à l’époque. On peut aussi reconnaître aujourd’hui qu’elle a produit un concours où les amitiés, les nationalités, les rivalités et les petits arrangements personnels pesaient parfois autant que la saison écoulée.

Le Ballon d’Or était devenu une élection de vestiaire

Il suffit de relire certains bulletins de 2013. Cristiano Ronaldo, capitaine du Portugal, avait choisi Falcao devant Gareth Bale et Mesut Özil. Pas de Messi. Pas de Ribéry. Lionel Messi avait, lui, voté Iniesta, Xavi et Neymar. Chacun faisait ses courses dans son propre rayon. Cela ne retire absolument rien aux 69 buts inscrits cette année-là par Ronaldo, ni au fait qu’il constituait un candidat monstrueux. Mais cela montre pourquoi ce système avait fini par rendre l’exercice assez folklorique.

Ribéry, lui, avait remporté la Ligue des champions, la Bundesliga, la Coupe d’Allemagne, puis le trophée UEFA du meilleur joueur européen. Il terminera pourtant troisième du Ballon d’Or avec 23,36 % des voix, derrière Messi (24,72 %) et Ronaldo (27,99 %). Chez les journalistes seuls, il aurait gagné avec près de 40 % des suffrages. Et comme si la mécanique n’était pas déjà suffisamment contestable, la FIFA avait prolongé en cours de route la période de vote jusqu’au 29 novembre, permettant notamment de prendre en compte le retentissant triplé de Ronaldo contre la Suède.

Alors entendre aujourd’hui que « Franck aurait dû l’avoir » a quelque chose d’un peu trop confortable : treize ans plus tard, il ne coûte plus grand-chose de reconnaître l’évidence. Ribéry, lui, n’a jamais vraiment digéré cette troisième place. Lui-même reconnaît encore que cette défaite lui a fait mal. Il n’est d’ailleurs pas le seul laissé sur le bord de la route par cette drôle d’époque. On peut discuter Sneijder, Xavi ou Iniesta en 2010, Neuer en 2014. Et Lewandowski aura plus tard droit à une autre spécialité maison : l’édition 2020 purement annulée.

Vas-y Francky, c’est bon

Heureusement, France Football a depuis récupéré son vote journalistique. Et même son partenariat actuel avec l’UEFA n’a pas reproduit le système FIFA : le Groupe Amaury reste propriétaire du trophée et conserve la maîtrise indépendante du vote. Preuve, finalement, que certaines expériences servent.

Pour le reste, Ribéry devra faire avec. Le philosophe stoïcien Épictète expliquait en substance qu’on ne contrôle pas toujours ce qui nous arrive, seulement la manière dont on décide de l’accueillir. Facile à dire quand ce n’est pas votre Ballon d’Or qui se trouve dans le salon de Cristiano Ronaldo.

Mais treize ans plus tard, ajouter les regrets de France Football à ceux de Ribéry ne réparera rien. Alors autant lui laisser au moins celui que personne ne peut lui retirer : dans la mémoire de ceux qui ont vécu cette saison 2013, Franck Ribéry avait déjà son Ballon d’Or.

Vas-y Francky, c’est bon.