Resident Evil se termine brutalement, et c’est loin d’être gratuit
Pop Culture La nouvelle adaptation de Resident Evil ose une fin noire et sans scène post-générique. Un choix abrupt, mais pensé pour préparer autre chose. Image d'illustration. Resident Evil — Columbia Pi...
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La nouvelle adaptation de Resident Evil ose une fin noire et sans scène post-générique. Un choix abrupt, mais pensé pour préparer autre chose.
En bref
- Bryan finit en monstre incontrôlable
- Aucune scène post-générique après le générique
- La fin prépare peut-être une suite
La vraie prise de risque de Resident Evil, elle est là. Pas dans un clin d’œil pour fans, pas dans une promesse de franchise, mais dans une fin qui coupe net au moment où son héros bascule définitivement.
Une fin sèche, sans filet
À la fin, Bryan, joué par Austin Abrams, n’est plus sauvable. La morsure qu’il traîne depuis une bonne partie du film finit par transformer son corps, d’abord à peine, puis de façon franchement grotesque. Sa main mute, des tentacules sortent de son dos, une énorme bouche s’ouvre dans son ventre. L’image convoque clairement The Thing de John Carpenter, et ce n’est pas très subtil. Tant mieux, d’ailleurs.
Le plus dur, c’est que Bryan continue de réclamer le remède pendant sa mutation. Il est encore là, mentalement, alors même que son corps massacre les scientifiques autour de lui. Puis le remède lui échappe, tombe dans le vide, plus de vingt étages plus bas. Un hélicoptère de la Garde nationale traverse le cadre, éclaire la créature devenue totale, et le film coupe au noir avant le carton-titre. Résultat ? Une conclusion abrupte, noire, presque méchante.
Le vrai moteur du film n’était pas celui qu’on croyait
Tout le récit repose sur une mission mal comprise. Bryan pense d’abord transporter quelque chose pour un enfant malade vers le Raccoon City General Hospital. Sur la route, il encaisse déjà pas mal de violence, entre un chien mutant et une fillette infectée qui le mord au bras.
C’est dans une voiture, avec un cadre de Umbrella Corporation, qu’il comprend enfin l’enjeu. Il ne transporte pas un organe, mais un fragment du remède contre le virus développé par Umbrella, destiné à une équipe capable de le synthétiser. Le film devient alors une course contre le temps très simple, très tendue, avec zombies, monstres qui vomissent de l’acide et une créature amalgamée sur sa route.
Pourquoi cette fin colle si bien à Resident Evil
Ce qui est intéressant, c’est que Zach Cregger n’a visiblement pas cherché à recopier un jeu ou à ressortir un personnage précis. Son film veut surtout retrouver une sensation, celle d’un survival horror où l’on avance dans l’inconnu, avec des morceaux de récit disséminés partout.
Du coup, la créature finale, pourtant inédite, fonctionne assez bien. On peut la voir comme l’origine d’un futur boss, le genre de monstre qu’un personnage comme Leon Kennedy pourrait affronter plus tard. Il n’y a aucune confirmation d’une suite, mais Zach Cregger a déjà laissé entendre qu’il serait partant. Et franchement, cette fin ressemble moins à un point final qu’à un dossier laissé ouvert sur une table de labo.
Pas de scène post-générique, mais une porte reste ouverte
Si vous comptez rester pendant le générique pour attendre un teaser, inutile. Il n’y a aucune scène post-générique, ni même de scène en milieu de générique. Quand le titre apparaît, c’est terminé.
Mais l’absence de teasing n’efface pas ce que le film installe. D’autant que Resident Evil est présenté comme le film le mieux noté de toute la franchise adaptée des jeux de Capcom, et même comme l’adaptation de jeu vidéo la mieux notée à ce jour. Ce n’est pas rien. Surtout pour une série de films longtemps associée aux faux départs. La suite, si elle existe, poserait une question assez rare, qui mérite mieux qu’un simple clin d’œil final, savoir de quel côté le public aurait envie d’être, face à ce Bryan devenu monstre.
Morgan Fromentin
Spécialiste Pop Culture
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