thejournalofsierraleonestudies.com

Reprise de Fibre Excellence, dernier fabricant français de pâte à papier marchande : Carole Delga appelle à “ne pas se disperser en polémiques inutiles”

Le ministre de l'Économie a mené une charge violente contre l'offre de reprise faite par l'homme d'affaires de gauche, Matthieu Pigasse qu'il qualifie de "shérif de Nottingham" plutôt que "Robin des Bois". La présidente de la région Occitanie soutient, elle, l'offre, tout comme le délégué syndical CGT Fibre Excellence, Jean-Michel Bulinge.

Le ministre de l'Économie a mené une charge violente contre l'offre de reprise faite par l'homme d'affaires de gauche, Matthieu Pigasse qu'il qualifie de "shérif de Nottingham" plutôt que "Robin des Bois". La présidente de la région Occitanie soutient, elle, l'offre, tout comme le délégué syndical CGT Fibre Excellence, Jean-Michel Bulinge.

Radio France

Publié le 27/07/2026 08:44

Temps de lecture : 2min

L'angoisse des salariés de Fibre Ecellence à Saint-Gaudens, suspendus à la décision du tribunal de commerce le 27 juillet 2026, sur l'offre de reprise faite par Matthieu Pigasse. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)
L'angoisse des salariés de Fibre Ecellence à Saint-Gaudens, suspendus à la décision du tribunal de commerce le 27 juillet 2026, sur l'offre de reprise faite par Matthieu Pigasse. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

"Il y a un équilibre économique qui est possible, mais il ne faut pas se disperser en polémiques inutiles", appelle lundi 27 juillet sur France Inter Carole Delga. La présidente de la région Occitanie soutient l'offre de reprise de Matthieu Pigasse pour Fibre Excellence, dernier fabricant français de pâte à papier marchande, dont les sites de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône) sont menacés de liquidation. Le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer lundi matin sur cette offre, jugée insuffisante par le gouvernement.

L'offre de reprise portée par l'homme d'affaires Matthieu Pigasse, conditionnée à un soutien financier de l'État, est "solide", juge Carole Delga. "Le tour de table aujourd'hui, c'est 96 millions d'euros des sociétés qui nous font des prêts, et la Caisse des dépôts et consignations fait également 15 millions d'euros", salue-t-elle.

Interpellé à l'Assemblée nationale par un député du Rassemblement national la semaine dernière, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a vivement critiqué cette proposition : "Elle n'est pas au niveau parce qu'elle demande une aide supplémentaire de l'État, sans doute plus de 100 millions d'euros supplémentaires. Ça me rappelle non pas Robin des Bois, mais plutôt le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l'argent des autres", a déclaré le ministre. Roland Lescure a également estimé que "reprendre une entreprise n'est pas une plaisanterie, pas un acte politique".

Sur franceinfo, le ministre de l'Économie rappelait que l'État "a déjà mis 100 millions d'euros, qui sont quasiment perdus, pour aider cette entreprise [et ses 670 salariés] et on est prêts à mettre 100 millions d'euros de plus". Dans son offre de reprise, Matthieu Pigasse "nous demande 100 millions d'euros" encore en plus, "ce qui veut dire que l'État aurait mis au total 300 millions d'euros alors que lui, envisage de mettre cinq millions", indique le ministre de l'Économie pour qui "le compte n'y est pas".

"On est très anxieux", confie le délégué syndical CGT Fibre Excellence, Jean-Michel Bulinge sur ICI Provence. Il dénonce des "raccourcis" du gouvernement. Pour préserver les 670 emplois répartis sur les sites de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône), Matthieu Pigasse demande notamment à l'État de racheter à meilleur prix l'électricité produite par les turbines de l'entreprise. Une demande à laquelle "n'a pas répondu le gouvernement", regrette le délégué syndical. "C'est un obstacle qui risque d'être difficile à surmonter", ajoute-t-il. En attendant, "on est complètement suspendus à l'appréciation du tribunal".

Jean-Michel Bulinge s'inquiète enfin de l'avenir des salariés en cas de liquidation. "Pour les salariés de Provence, c'est un grand moment de stress". Au micro d'ICI Provence, il confie que certains d'entre eux ont déjà "envisagé" la possibilité "de vendre leur maison".

À regarder