REPORTAGE. “On a vu monter les flammes” : grosse frayeur dans le Tarn, où plusieurs habitations se sont retrouvées menacées par les flammes
Un violent incendie a ravagé une vingtaine d’hectares ce dimanche après-midi à Monestiés. Menacés par les flammes, les habitants de La Borie Blanche ont d’abord compté sur leur sang-froid et un formidable élan de solidarité avant l’arrivée d’un impressionnant dispositif de secours. Un combat qui devrait se poursuivre une bonne partie de la nuit.
l'essentiel Un violent incendie a ravagé une vingtaine d’hectares ce dimanche après-midi à Monestiés. Menacés par les flammes, les habitants de La Borie Blanche ont d’abord compté sur leur sang-froid et un formidable élan de solidarité avant l’arrivée d’un impressionnant dispositif de secours. Un combat qui devrait se poursuivre une bonne partie de la nuit.
Les flammes grimpaient à toute vitesse sur les coteaux, poussées par un vent brûlant. À La Borie Blanche, ce dimanche après-midi, les habitants ont cru voir le feu refermer son piège sur leur hameau. "On a vu monter les flammes", souffle encore une riveraine. Pendant de longues minutes, tous ont redouté le même scénario : être encerclés par l'incendie et voir leur unique route d'accès coupée.
Le départ de feu est signalé peu après 15 heures au lieu-dit Les Combes. D'abord cantonnées aux chaumes desséchés, les flammes gagnent rapidement les sous-bois avant de foncer vers les premières habitations. Une maison se retrouve directement menacée. En l'absence de ses propriétaires, les voisins saisissent les tuyaux d'arrosage et parviennent à protéger les abords de la bâtisse jusqu'à l'arrivée des pompiers.
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"La solidarité a bien fonctionné"
À La Borie Blanche, personne n'attend les secours les bras croisés. Les agriculteurs enfourchent leurs tracteurs, attellent les herses et tracent en urgence des lignes coupe-feu pour tenter de stopper la progression de l'incendie. "La solidarité a bien fonctionné", résume Mme Mille, dont l'exploitation familiale se trouve au cœur de la zone menacée. Heureusement, les champs avaient été déchaumés quelques jours plus tôt, limitant en partie la propagation.
Très vite, c'est tout un village qui s'organise. Des agriculteurs répartissent leurs tonnes à eau aux quatre coins de la commune pour intervenir au plus vite en cas de reprise. D'autres anticipent une éventuelle évacuation de la maison de retraite. Elle ne sera finalement pas nécessaire. Présente tout l'après-midi, la maire Karine Dedieu salue cet élan collectif, tandis que le vacarme de l'hélicoptère couvre parfois les conversations. L'appareil enchaîne les rotations et les largages d'eau au-dessus des fumerolles. Plus tôt, un avion bombardier d'eau avait déjà déposé du retardant pour freiner la progression du front de flammes.
Le combat est loin d'être gagné
L'ampleur du sinistre impose rapidement d'importants moyens. Soixante et onze sapeurs-pompiers et dix-neuf engins spécialisés sont engagés à Monestiés, alors que plusieurs autres incendies mobilisent également les secours dans le Tarn. Grâce aux moyens aériens et à l'engagement des équipes au sol, le front de flammes est progressivement détourné des habitations. "On avait plusieurs maisons d'habitation menacées. Mais le feu a quitté les zones de chaume pour gagner le sous-bois", explique en fin d'après-midi Guillaume Soulard, commandant des opérations de secours.
Le danger s'éloigne des riverains, mais le combat est loin d'être gagné. Les pompiers doivent désormais affronter un relief escarpé, une végétation desséchée et un vent qui ne cesse de raviver les foyers.
En début de soirée, l'incendie est circonscrit sur une vingtaine d'hectares, dans une zone vallonnée désormais éloignée des habitations. Les pompiers restent toutefois mobilisés toute la nuit. Dans une végétation asséchée, le moindre changement de vent pourrait suffire à ranimer les braises.