REPORTAGE. Les enfants passent leur été sur les écrans ? “Parfois, j’ai l’impression que les parents sont plus sur leur portable que nous”
Durant l'été, les écrans semblent perdre de leur emprise sur les enfants et les adolescents. Entre camping, plage et vie de famille, beaucoup délaissent naturellement leur téléphone, sans pour autant y renoncer. Reportage sur la route des vacances.
l'essentiel Durant l'été, les écrans semblent perdre de leur emprise sur les enfants et les adolescents. Entre camping, plage et vie de famille, beaucoup délaissent naturellement leur téléphone, sans pour autant y renoncer. Reportage sur la route des vacances.
Les grillons claironnent ce mercredi soir au camping de Saint-Ferréol, en Haute-Garonne. Au même moment, un groupe de musique locale s'installe à côté du terrain de pétanque pour reprendre des classiques de la chanson française. Sur la piste, les grands-parents se déhanchent au rythme des tubes de leur jeunesse. Au milieu, les plus petits sautillent dans tous les sens. Plus tôt dans la journée, ces mêmes enfants étaient davantage occupés à observer les ULM tournoyer dans le ciel, tout en profitant de la piscine, qu'à scroller sur les réseaux sociaux.
Au lendemain de cette soirée endiablée, Léane et Alexie prennent leur petit-déjeuner au frais avec leur grand-mère, Isabelle, au pied de leur tente. Toujours aucun écran à l'horizon. "Il y en a très peu pendant les vacances. Juste un peu après le repas, en début d'après-midi, quand il fait très chaud, on leur met un dessin animé. Sinon, le reste de la journée, elles ne regardent pas", explique-t-elle.
"De toute manière, elles ne le demandent même pas", poursuit la grand-mère. "Elles ont l'habitude de ne pas utiliser les écrans. Au camping, il y a plein d'activités".
"Ça nous demande beaucoup de temps et d'attention"
Un peu plus loin dans les allées, Léopold, 6 ans, est installé devant son cahier de vacances, accompagné de ses grands-parents, Thierry et Marie-Laurence. Là aussi, les écrans sont proscrits. "Il ne sait pas encore lire, donc il faut l'occuper en permanence. Il y a le club enfants ici, puis on prend le vélo pour faire des balades au lac. Ça nous demande beaucoup de temps et d'attention, mais c'est aussi ça, l'esprit des vacances", expliquent-ils.
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À quelques mètres de là, trois enfants âgés de 8 à 12 ans enchaînent les sauts sur le trampoline. À peine descendus, ils répondent en chœur : "C'est trop bien. On s'en fiche des réseaux".
Sur la route des vacances, à l'aire d'autoroute de Port-Lauragais, en direction du Languedoc, l'heure est à la pause. Théo, 14 ans, regarde le résumé des buts de la Coupe du monde. "Je passe quatre à cinq heures par jour sur mon portable. Je verrai si, pendant les vacances, je vais moins l'utiliser", confie l'adolescent. "On est sur la route, ce n'est pas très passionnant, donc on ne l'embête pas avec ça", sourit son père. "Mais une fois arrivés, j'espère bien qu'il va lâcher un peu les écrans". Pendant la semaine, Théo participera à un stage de planche à voile. Tous les matins, en pleine mer, impossible de consulter les réseaux sociaux.
"C'est plus calme que pendant les cours".
Une centaine de kilomètres plus loin, sur la plage de Sérignan, Lucie bouquine à l'ombre d'un parasol. L'adolescente de 15 ans a laissé son téléphone à l'appartement. "Ça me fait une pause de deux heures. Et puis je ne suis pas si accro que ça", sourit-elle. "Toutes mes amies sont en vacances avec leurs parents. On s'envoie quelques vocaux en fin de journée, mais il n'y a pas grand-chose à raconter. C'est plus calme que pendant les cours".
À côté d'elle, sa mère, Anne-Marie, n'a fixé aucune limite de temps. "C'est naturel, on n'a pas besoin d'imposer des règles. On passe du temps en famille, elle prépare la salade, va au marché avec nous. On a même ressorti un Monopoly", raconte-t-elle. "Franchement, je ne la vois pas souvent sur son téléphone."
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"Dès qu'on sort, on ne regarde plus nos téléphones"
Au camping qui longe la plage, à l'heure du dîner, la quasi-totalité des téléphones ont disparu des tables. Hugo est venu passer la semaine avec son ami Mathis, sous la surveillance des parents. Chaque jour, les deux adolescents profitent des matinées et des soirées pour jouer au football dans les allées du camping ou sur la plage, lorsque les températures sont plus fraîches". L'après-midi, en revanche, ils reconnaissent passer quelques heures sur les réseaux sociaux.
"Quand il fait 40 °C dehors, il n'y a pas grand-chose à faire", expliquent-ils. "Mais dès qu'on sort, on n'y touche pas. Parfois, j'ai l'impression que les parents sont plus sur leur portable que nous". Sans interdiction stricte ni règle imposée, les vacances semblent finalement offrir une parenthèse où le téléphone passe, parfois, au second plan.