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REPORTAGE. “C’est un peu notre cathédrale” : un violent incendie ravage 4 150 m² de la manufacture des tabacs de Tonneins, bâtiment historique et emblématique du Lot-et-Garonne

Ce mardi 21 juillet, un violent incendie a ravagé plus de 4 000 mètres carrés de surface au sein de la manufacture des tabacs à Tonneins. En début d’après-midi, l’incendie était fixé. C’est donc une partie de l’édifice le plus emblématique de la ville qui est tristement partie en fumée. Lieu où bon nombre d’habitants ont travaillé à l’époque où l’industrie était encore en activité. Malgré tout, une bonne partie de la superficie du bâtiment a pu être prés

l'essentiel Ce mardi 21 juillet, un violent incendie a ravagé plus de 4 000 mètres carrés de surface au sein de la manufacture des tabacs à Tonneins. En début d’après-midi, l’incendie était fixé. C’est donc une partie de l’édifice le plus emblématique de la ville qui est tristement partie en fumée. Lieu où bon nombre d’habitants ont travaillé à l’époque où l’industrie était encore en activité. Malgré tout, une bonne partie de la superficie du bâtiment a pu être préservée. Immersion au cœur d’un moment qui risque de rester gravé dans l’histoire de la ville.

Les locaux l’appellent "la Manu". Niché en plein cœur de Tonneins (Lot-et-Garonne), l’impressionnant édifice déploie sa silhouette mêlant briques et enduit clair. Le géant suranné au charme d’époque impose sa majesté au paysage urbain des alentours.

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Ce mardi 21 juillet, ce n’est pas tant pour son architecture du XIXe siècle que les Tonneinquais ont les yeux rivés dessus. Ni en raison des débats autour de la vente du bâtiment. Depuis 9 h 45, la partie patrimoniale de la manufacture des tabacs est en train de partir en fumée. Au total, 4 150 mètres carrés de surface auront été ravagés. Une quarantaine d’ouvriers, en plein travaux de déconstruction de la friche industrielle, sont évacués. De même que 70 riverains de la rue Gambetta, par sécurité. Toutefois, aucun blessé n’est à déplorer.

80 sapeurs-pompiers mobilisés

À l’extérieur, quelques bouts de toiture s’effritent et chutent au sol. À l’intérieur, de vives flammes rouges dévorent la charpente et les planchers de bois. Une horloge emblématique du site est détruite. 80 sapeurs-pompiers sont sur le pont. 25 engins de lutte contre les incendies sont mobilisés. Des renforts girondins et périgourdins viennent prêter main-forte. Perchés sur de hautes échelles et munis de lances, les soldats du feu se battent au corps à corps contre le sinistre.

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Bon nombre de badauds s’amassent au plus près possible de l’institution historique. Un périmètre de sécurité les empêche de s’approcher. Parfois, difficile pour les forces de l’ordre, de contenir la curiosité de certains. Un homme âgé s’avance avec son vélo. Il lui est sommé de reculer. L’intéressé ignore. "Laissez-moi, je regarde la mobylette", s’agace-t-il, en montrant la vitrine d’une boutique de motoculture.

"Ça m’a fait peur"

Plus loin, une Tonneinquaise, résidant près de la Manu, ne décroche pas le regard de l’épais panache de fumée noire qui s’échappe de la toiture. "Ça m’a fait peur, confie-t-elle. Ce matin, c’est ma voisine qui a alerté les pompiers. On voyait beaucoup de fumée. Il ne faudrait pas qu’une étincelle arrive dans mon jardin..."

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Au-delà du patrimoine personnel, les administrés de la cinquième plus grande ville du Lot-et-Garonne craignent le pire pour leur cher édifice. Car la manufacture des tabacs est un emblème de la ville. Même du département, diront certains. "C’est un peu notre cathédrale", formule Denis Bertolaso, maire de Tonneins. "Tous les Tonneinquais la connaissent, poursuit-il. Beaucoup y ont travaillé. Moi-même, dans ma jeunesse, j’y ai fait quelques étés. Ce bâtiment fait partie de l’histoire de la ville. Travailler à la manufacture, c’était la richesse. C’était presque le Graal."

"Elle continuera d’exister"

Heureusement, l’intégralité de la friche n’est pas embrasée. À 14 heures, le colonel et directeur du Sdis 47 Pierre Hierholtz annonce que le feu est fixé. "C’est épouvantable, bien sûr... En revanche, la manufacture est touchée, mais pas coulée. La partie patrimoniale n’a pas été complètement détruite. Elle continuera d’exister", commente le premier édile. Environ 16 000 mètres carrés de surface ont pu être préservés.

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Ce mardi après-midi, pour les sapeurs-pompiers, la mission est à la circonscription de l’incendie. "On doit limiter au maximum la propagation dans le bâtiment, détaille le colonel Hierholtz. Il faut s’assurer que l’ensemble des points chauds qui subsistent encore ne risquent pas d’entraîner une nouvelle aggravation du sinistre. Il y en a pour plusieurs heures de travail." Une enquête est en cours pour déterminer l’origine et les circonstances de l’incendie. Les rues Gambetta et Lavauguyon devraient être fermées à la circulation jusqu'à demain matin. En tout cas, cette date du 21 juillet 2026 risque de rester gravée longtemps dans les mémoires tonneinquaises.