Rentrée scolaire : rien ne sert de réinstaurer une routine des jours à l’avance, mieux vaut en profiter jusqu’au bout
Chaque année c'est le même "refrain" : on voit poindre les mêmes conseils pour aborder une rentrée sereine avec les enfants. Comment bien les préparer ? Comment réinstaurer un rythme plus cadré ? Combien de tem...
Chaque année c'est le même "refrain" : on voit poindre les mêmes conseils pour aborder une rentrée sereine avec les enfants. Comment bien les préparer ? Comment réinstaurer un rythme plus cadré ? Combien de temps avant le jour J doit-on retrouver des heures de coucher et de lever "normales" ?
Pour Isabelle Roskam, professeur en psychologie à l'UCLouvain et spécialisée dans le développement de l'enfant et la parentalité, les choses devraient être abordées de manière totalement différente. "Ce n'est peut-être pas toujours une bonne idée d'être dans le contrôle et dans l'anticipation, explique-t-elle. Ça nous prive de profiter pleinement du moment présent que sont les vacances et ça ajoute de la charge mentale."
Pourquoi vouloir contrôler l'incontrôlable ?
D'autant qu'avec des "grandes vacances" réduites à sept semaines, si on en retire deux pour se préparer à la rentrée, il ne reste plus beaucoup de temps pour profiter de ce temps d'arrêt nécessaire et salutaire pour tout le monde. "Pourquoi voudrait-on contrôler l'incontrôlable ou anticiper ce qu'on ne peut anticiper ? Ce n'est pas parce qu'on programme des mises au lit plus tôt, dix jours avant la rentrée des classes, que les enfants vont se lever comme des fleurs le jour de la rentrée !", poursuit Isabelle Roskam.
Et la psychologue de s'interroger aussi sur cette fameuse période de quinze jours. "D'où est-ce que ça sort ? Pourquoi lit-on régulièrement qu'il faut reprendre les bonnes habitudes quinze jours avant la rentrée ? Il n'y a aucun argument scientifique qui appuie une telle théorie. Un des seuls cas où une telle période pourrait être nécessaire concerne les personnes qui travaillent en horaires décalés, qui font les nuits par exemple, et qui devraient retrouver un rythme de jour. Mais même après une longue période de vacances, il ne faut pas autant de temps pour retrouver un rythme scolaire. Peu de familles ont à ce point perturbé le rythme de sommeil de leurs enfants pour qu'un tel temps soit nécessaire."
Ne pas gâcher le bénéfice des vacances
Si on s'y prend le week-end avant, c'est bien suffisant, assure la spécialiste. Et en agissant de la sorte, on ne vient pas parasiter une période de détente avec des considérations plus rationnelles. Les vacances sont faites pour faire un break et se ressourcer. On en profite donc jusqu'au bout et Isabelle Roskam encourage d'ailleurs tous les parents à profiter justement de cette période et encore plus de ces derniers jours pour instaurer un moment de qualité, chaque jour avec ses enfants. "Ça, c'est quelque chose de vraiment important et dont chacun retirera un bénéfice."
Ne pas revenir sur le passé
Et si l'année écoulée a été compliquée pour diverses raisons, que ce soit au niveau des apprentissages ou du comportement ou que l'enfant a dû faire face à du harcèlement, par exemple, on évite de revenir sur les événements passés. "Ce n'est certainement pas en reparlant de vieux dossiers que l'on va instaurer un climat positif, note la spécialiste du développement de l'enfant. Ce n'est pas parce qu'une année a été compliquée que la suivante le sera forcément : l'enfant a mûri, il grandit et il a certainement appris des choses qui vont lui permettre d'aborder l'école différemment."
Au contraire, Isabelle Roskam encourage à aborder la rentrée comme un nouveau départ, un moment rempli de promesses.
Une première rentrée et tellement de fierté

Pour certains, le 24 août, ce sera une grande première. Que ce soit en maternelle, en primaire ou en secondaire, découvrir une nouvelle école, s'adapter à un nouveau rythme, se faire de nouveau copains… C'est super-excitant, mais aussi un peu flippant. Alors, comment s'y prendre en tant que parents pour rendre ce changement aussi cool qu'il l'est fondamentalement ?
Ne pas les effrayer avec des choses dont ils n'ont même pas conscience
En tant qu'adulte, on a cette fâcheuse tendance à vouloir à tout prix les protéger quitte à parfois projeter nos peurs et à les effrayer avec des choses dont ils n'avaient même pas conscience. "Mieux vaut aborder les choses de façon positive avec des questions neutres et sans sous-entendus, assure Isabelle Roskam, professeure en psychologie à l'UCLouvain. Rien ne sert d'encombrer l'enfant de peurs qui ne sont pas les siennes. Ensuite on écoute bien les mots qu'il va utiliser pour nous répondre et on part de là pour approfondir la discussion et on évite d'aller au-delà de ses préoccupations. Et surtout, on reste positif : c'est une étape géniale pour les enfants, quel que soit leur âge !"
Leur rappeler qu'on est fier d'eux, fier de les voir grandir et du parcours qu'ils ont déjà accompli, mais aussi leur montrer qu'ils peuvent avoir confiance en eux et qu'ils sont tout à fait capables d'y arriver, voilà les clés d'une rentrée réussie.
Ne pas hésiter à marquer le coup
Et pour rendre tout ça encore plus positif et festif, pourquoi ne pas instaurer un petit rituel que l'on reprendrait à chaque rentrée ? "On peut par exemple organiser un petit repas un peu spécial avec des choses que l'enfant aime particulièrement, note la spécialiste du développement de l'enfant et de la parentalité. Ça ne doit pas être quelque chose d'extraordinaire, mais marquer le coup avec un apéro spécial ou un goûter au cours duquel, l'enfant peut aussi montrer son nouveau cartable ou sa trousse ; c'est quelque chose qui va le rendre fier et qui installe un moment partagé."
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