Reijnders, Sarr, Deschamps : l’argent du Golfe continue de redessiner le football - Sport.fr
Un milieu néerlandais qui assume partir « pour l'argent », un défenseur français au cœur d'une affaire de commission, un ancien sélectionneur des Bleus courtisé : le football saoudien reste une force d'attraction majeure. Et le discours autour de ces départs évolue. Pendant longtemps, les joueurs partis en Arabie saoudite…
Un milieu néerlandais qui assume partir « pour l’argent », un défenseur français au cœur d’une affaire de commission, un ancien sélectionneur des Bleus courtisé : le football saoudien reste une force d’attraction majeure. Et le discours autour de ces départs évolue.
Pendant longtemps, les joueurs partis en Arabie saoudite parlaient de projet, de défi, de nouvelle culture. Tijjani Reijnders a choisi une autre voie. Au micro de la télévision néerlandaise NOS, le milieu passé par Manchester City a reconnu sans détour qu’on pouvait le qualifier de mercenaire. Il voulait mettre sa famille à l’abri pour plusieurs générations.
Une franchise rare, qui dit beaucoup du rapport de force actuel.
Des contrats hors norme
Les chiffres expliquent en grande partie ces choix. Selon plusieurs médias, le contrat de Reijnders à Al-Qadsiah avoisinerait 86 millions de livres sur sa durée. Malang Sarr, parti libre de Lens pour Neom, aurait signé pour environ 15 millions d’euros nets sur trois saisons. Des montants que peu de clubs européens peuvent proposer à des joueurs de ce calibre.
Et l’attraction ne concerne pas que les joueurs. Selon TOP Mercato, Didier Deschamps aurait reçu d’Al-Ahli une offre de trois ans à 10 millions d’euros par saison. Il ne l’a pas acceptée, du moins pour l’instant.
Un marché qui n’attire plus seulement les stars en fin de carrière
Le profil des recrues a changé. Il y a quelques années, la Saudi Pro League attirait surtout des stars en fin de carrière. Aujourd’hui, des joueurs dans la force de l’âge font le choix du Golfe. Reijnders a 28 ans. Sarr en a 27. Et plusieurs ont encore leur place en sélection.
Le phénomène touche aussi les joueurs en perte de vitesse. Jadon Sancho, sans club depuis juin, a été lié à des clubs du Qatar et de Dubaï. Des destinations qui apparaissent désormais comme des portes de sortie crédibles.
Des coulisses parfois troubles
Mais ces transferts suscitent aussi des tensions. Selon L’Équipe, le transfert de Malang Sarr à Neom aurait été suivi d’un incident dans un hôtel en Espagne, impliquant des proches d’un ancien conseiller mécontent de ne pas toucher de commission. Le joueur conteste une partie du récit, et n’a pas porté plainte. L’affaire rappelle à quel point l’argent en jeu attise les convoitises autour des joueurs.
Le tabou de l’argent se lève
Ce qui change, surtout, c’est le discours. Reijnders l’a résumé à sa manière : selon lui, n’importe qui accepterait une telle somme, même si tout le monde veut paraître avoir des principes. Une sincérité qui divise. Certains y voient un aveu cynique, d’autres une honnêteté salutaire dans un milieu habitué aux discours convenus.
Quel impact sur l’Europe ?
Pour les championnats européens, l’enjeu est réel. Voir partir des joueurs en pleine maturité affaiblit certains effectifs, mais offre aussi des rentrées d’argent importantes aux clubs vendeurs. Manchester City a ainsi récupéré une somme conséquente avec le transfert de Reijnders.
Le football saoudien n’a pas fini de peser sur le marché. Et la question n’est plus de savoir si les joueurs partiront, mais à quel prix ils accepteront de le faire.