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Récap cyber : ce que vous avez manqué entre le 1er et le 16 août 2026

Que s'est-il passé dans la sphère cyber du 1er au 16 août 2026 ? Étant en congés et loin de mon PC pendant cette période, j'ai décidé de vous proposer un récapitulatif pour que vous puissiez faire, vous aussi, ...

Que s'est-il passé dans la sphère cyber du 1er au 16 août 2026 ? Étant en congés et loin de mon PC pendant cette période, j'ai décidé de vous proposer un récapitulatif pour que vous puissiez faire, vous aussi, votre veille en mode « l'essentiel à retenir ». Je n'étais probablement pas le seul à passer du temps loin des écrans, n'est-ce pas ? Allez, on se remet au boulot, voici les principaux événements.

Impôts : Bercy confirme un accès illégitime au système d'information de la DGFiP

Je ne vais pas traiter les infos dans l'ordre chronologique, mais plutôt selon leur importance. Je suis obligé de commencer par un événement qui remonte au 12 août 2026 avec une nouvelle fuite de données en France, et cette fois-ci, c'est la DGFiP (les impôts) qui est concernée. En effet, un pirate surnommé ZeroBytes a affirmé être parvenu à exfiltrer 678 438 lignes de données issues de systèmes associés à impots.gouv.fr.

L'intrusion de cet acteur malveillant sur le système d'information de la DGFiP remonterait au 26 juin 2026, bien que la divulgation soit récente. La fuite de données est avérée et elle concernerait autant des particuliers que des entreprises. D'après le communiqué de la DGFiP, le pirate serait parvenu à consulter et à extraire des données :

Bercy précise : "Les espaces Finances publiques des usagers particuliers et professionnels n'ont pas été compromis. Les identifiants et les mots de passe des particuliers et des professionnels n'ont pas été compromis." - Ce qui ne vous empêche pas de renouveler vos mots de passe par précaution.

Dans le cadre de cette nouvelle intrusion, le pirate aurait utilisé un compte légitime. Autrement dit, il n'a pas exploité une vulnérabilité, mais il s'agit plutôt d'un problème d'authentification (le MFA était-il actif ?) et de cloisonnement des accès aux bases métier. Ce même schéma avait déjà été utilisé lors de la fuite de données FICOBA plus tôt dans l'année, avec l'utilisation des identifiants de connexion d'un agent.

Références

WordPress : encore des grosses failles de sécurité

Fin juillet, WordPress a été affecté par la faille de sécurité WP2Shell. Et, il faut avouer que le mois d'août est encore chargé pour les administrateurs de sites WordPress. En effet, dès le 6 août, la version 7.0.3 de WordPress a été publiée pour corriger une dizaine de failles de sécurité. La plus inquiétante, la faille de sécurité associée à la référence CVE-2026-64638 et surnommée XSS2Shell.

Le point de départ est une faille de type XSS pré-authentification, située dans la manière dont WordPress traite le nom d'utilisateur après un échec de connexion. Les chercheurs indiquent disposer de plusieurs chemins pour passer de cette XSS à l'exécution de code PHP, notamment via l'installation d'une extension ou le téléversement d'une archive ZIP arbitraire. Selon les chercheurs, la chaîne d'exploitation a été découverte et reproduite par un système basé sur plusieurs agents IA, en un peu moins de quatre jours, à partir de travaux publiés en 2022 sur les attaques SOME (Same Origin Method Execution) de Paulos Yibelo.

"La vulnérabilité est exploitable via un site tiers malveillant spécialement conçu par l'attaquant et nécessite une opération d'ingénierie sociale ainsi qu'une interaction explicite de la victime. Dans certaines conditions, elle peut être escaladée vers une exécution de code à distance.", précise le CERT Santé. Des patchs sont disponibles pour de nombreuses versions de WordPress, que ce soit pour la branche 7.0.X jusqu'à la branche 4.7.X.

👉 Une seconde mise à jour du Core WordPress quelques jours plus tard.

Le 12 août 2026, WordPress a publié la version 7.0.4 pour corriger la vulnérabilité CVE-2026-65640, une exécution de code à distance exploitable via l'upload d'un fichier malveillant. Là encore, le correctif a été rétroporté jusqu'à la branche 4.7 de WordPress. Pour exploiter cette vulnérabilité, il y a deux prérequis à respecter : Imagick (très fréquent) et Ghostscript doivent être utilisés sur le serveur, et l'attaquant doit disposer de la capacité upload_files, c'est-à-dire d'un compte de niveau Auteur ou supérieur sur le site WordPress. Beaucoup de sites n'accordent pas de rôle Auteur aux utilisateurs, au-delà de quelques personnes (ce rôle permet de créer des brouillons sur WordPress). Il est à noter également que cette faiblesse ne se situe pas dans le code de WordPress mais dans la manière dont Ghostscript traite certains fichiers. WordPress corrige donc un chemin d'exploitation qui passe par sa fonction d'uploads de fichiers, sans que le défaut d'origine lui appartienne.

👉 Les extensions, ensuite.

Sept extensions de l'éditeur BdThemes ont été désactivées sur les dépôts officiels de WordPress les 7 et 8 août après une compromission de l'infrastructure de l'éditeur : Element Pack, Prime Slider, Pixel Gallery, Ultimate Post Kit, Ultimate Store Kit, Live Copy Paste et Smart Admin Assistant. L'extension Advanced Responsive Video Embedder a elle aussi été retirée temporairement, sa version 10.8.7 ayant été publiée avec une porte dérobée (CVE-2026-18072). Il est à noter que cette extension est utilisée par plus de 20 000 sites, ce qui est tout de même inquiétant. Enfin, l'extension Ajax Search Lite est affectée par la CVE-2026-28139 jusqu'à la version 4.14.4.

Si vous utilisez ces extensions, je vous recommande vivement d'auditer les comptes administrateurs présents sur votre site WordPress, sait-on jamais.

Références

VMware vCenter : plus de 360 serveurs compromis

Le 29 juillet 2026, Broadcom a corrigé plusieurs failles de sécurité, dont la CVE-2026-59310, une traversée de répertoire dans le service Syslog de vCenter Server, associée à un score CVSS de 9.8 sur 10. En pratique, un attaquant non authentifié disposant d'un accès réseau et capable de communiquer avec l'instance vulnérable peut envisager d'exécuter du code arbitraire.

Quelques jours plus tard, à savoir à partir du 3 août 2026, la faille de sécurité a commencé d'être exploitée. C'est en tout cas ce qu'affirme la société allemande Quirso dans un rapport publié le 10 août. Selon leurs observations, un groupe de pirates scannerait le Web à la recherche d'instances vCenter exposées sur Internet (il y en a vraiment qui font ça ?!) dans le but d'exploiter cette faille de sécurité.

Une fois l'attaque réussie, les pirates feraient du reverse SSH avec un outil open source écrit en Go. L'objectif : établir un tunnel SSH sortant du serveur vCenter compromis vers l'infrastructure de l'attaquant (ce qui permet de contourner plus facilement le filtrage).

Voici quelques chiffres partagés par Quirso à propos de cette campagne :

Source : Quirso

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le correctif de sécurité ne suffit pas : si l'hôte est déjà compromis, le tunnel SSH restera actif même si vous installez le patch. Il faut donc surveiller les connexions.

Références

Apple : une mise à jour pour une faille exploitée dans la nature

Deux dossiers chauds chez Apple sur cette première quinzaine du mois d'août 2026.

Le 6 août 2026, Apple a publié une mise à jour hors bande pour macOS Tahoe 26.6.1, macOS Sequoia 15.7.9 et macOS Sonoma 14.8.9. Elle corrige une seule vulnérabilité, la CVE-2026-65400, dans le service Screen Sharing (Partage d'écran). Apple la décrit comme "un problème d'authentification résolu par une meilleure gestion des états", ce qui est assez vague. Toutefois, il est précisé qu'un attaquant présent sur le réseau pourrait s'authentifier auprès de Screen Sharing sans identifiants valides.

Pour rappel, il s'agit de la fonction de partage d'écran intégrée à macOS, qui permet de prendre la main à distance sur un Mac depuis un autre poste du réseau, à la manière d'un serveur VNC.

L'analyse publiée par Calif apporte des précisions supplémentaires à propos de cette vulnérabilité qui se situe dans l'implémentation SRP (Secure Remote Password) du service Screen Sharing. Il serait question d'un contrôle de longueur qui échoue et renvoie une valeur correspondant au code de succès de la lecture précédente, ce que l'appelant interprète comme une étape d'authentification réussie. Les chercheurs indiquent avoir produit un exploit fonctionnel environ quatre heures après avoir commencé à travailler sur la rétro-ingénierie du correctif de sécurité poussé par Apple.

De son côté, le NCSC néerlandais affirme avoir constaté une exploitation active de cette vulnérabilité sur des machines Apple exposant le port 5900 sur Internet, avec installation d'un logiciel malveillant qui est un mineur Monero. Il est recommandé d'installer le patch pour macOS ou alors de désactiver le partage d'écran (c'est le cas par défaut).

👉 Au-delà de cette faille de sécurité, il y a eu un autre événement important lié à Apple.

Le 4 août 2026, les chercheurs Tommy Mysk et Talal Haj Bakry ont publié une analyse qui met en défaut iCloud Private Relay, l'option d'iCloud+ censée masquer l'adresse IP de l'utilisateur et chiffrer son trafic Safari. Sa limite est qu'elle agit au niveau du navigateur et non du système, à la différence d'un VPN qui pourrait protéger tous les flux.

Grâce à cette analyse, ils sont parvenus à identifier trois fonctionnalités de WebKit qui contournent iCloud Private Relay : le préchargement DNS (que l'on appelle aussi DNS prefetch), les requêtes WebAuthn dites Related Origin Requests, et WebTransport. Dans les trois cas, la requête réseau part en dehors du chemin de chargement de page géré par WebKit, et le serveur distant voit donc l'adresse IP réelle de l'appareil ainsi que ses résolveurs DNS. Vous l'aurez compris, on est sur un problème de confidentialité !

Ce problème de sécurité dépasse iCloud Private Relay, puisque tous les navigateurs iOS reposant sur WebKit sont concernés, y compris avec Tor. Le scénario le plus simple à mettre en œuvre pour un site malveillant passe par une fausse invitation à utiliser une passkey. Dans ce cas, la requête WebAuthn part au niveau du système, hors de Safari, et Private Relay ne la voit jamais. Ainsi, l'adresse IP réelle de l'utilisateur est révélée.

Pour le moment, Apple n'a pas publié de correctif pour ce problème de sécurité (il est attendu pour l'automne 2026). De son côté, Psylo a corrigé ce problème de sécurité via la dernière version de son navigateur : Psylo 1.3.1.

À signaler enfin, sur un registre différent, une vague de notifications envoyées par Apple à certains utilisateurs. Pour rappel, Apple dispose d'un mécanisme d'alerte destiné aux personnes qu'elle estime visées par des spywares commerciaux, dans le style de Pegasus. Il s'avère que début août, Apple a envoyé des notifications à des utilisateurs répartis dans plus de 110 pays, et ces notifications apparaissent désormais directement sur l'écran verrouillé de l'iPhone (ce qui permet d'être plus directement informé).

Références

Fuite de données Bloctel : trois millions de numéros exposés

Le 12 août, la DGCCRF a publié un communiqué à propos d'une fuite de données. Un cybercriminel a obtenu un accès frauduleux à un compte professionnel de Bloctel, la liste d'opposition au démarchage téléphonique, et a récupéré des fichiers contenant environ trois millions de numéros de téléphone, dont 600 000 inscrits sur le service.

D'après la DGCCRF, seuls des numéros ont été exposés par cet incident de sécurité. Pas de nom, pas d'adresse e-mail, ni même d'adresse postale. La base Bloctel en elle-même n'a pas été compromise, mais le pirate a pu accéder aux données auxquelles avait accès le compte compromis.

"Les investigations menées ont confirmé que seuls des numéros de téléphone ont été exposés, sans aucune autre donnée personnelle (nom, adresse, etc.). Les consommateurs inscrits sur Bloctel concernés par cet incident en ont été informés par Bloctel via mail.", peut-on lire.

L'occasion de rappeler que Bloctel a cessé son activité le 11 août 2026, en application de la loi du 30 juin 2025 qui bascule la France vers un régime de consentement préalable au démarchage téléphonique. Trois millions de numéros circulent donc au moment précis où le mécanisme d'opposition disparaît. Méfiez-vous des appels suspects... Si vous souhaitez vous libérer du démarchage téléphonique, je vous recommande d'installer WinCalls ou Saracroche, deux applications très efficaces.

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IA : fausses CVE, un agent Claude Code qui efface tout...

Si on fait un mix entre Cyber et IA, il y a quelques pépites à se mettre sous la dent. Sortez les popcorns.

👉 Six failles SQLite critiques qui n'existent pas.

Début août, un dépôt GitHub a publié une série d'avis de sécurité pour des vulnérabilités. Six d'entre elles concernent SQLite, avec des scores CVSS allant de 7.5 à 9.8 sur 10. Suite à cette divulgation, ces failles de sécurité ont été ajoutées à la base NVD, qui est vraiment la base de référence pour le suivi des vulnérabilités. Ainsi, tout scanner de vulnérabilités du marché les traite comme de vraies vulnérabilités.

Sauf qu'il y a un problème avec ces failles. Les chercheurs de JFrong ont repris les bulletins un par un. Aucun ne décrit une vulnérabilité reproductible. Par exemple, l'une des failles évoquées s'appuie sur une fonction qui n'existe même pas dans la version visée, SQLite ne l'ayant ajoutée qu'en 2025, soit un an après la version prétendument affectée ! Il s'agirait de bulletins de sécurité générés par de l'IA, totalement bullshit. En plus, aucun de ces identifiants CVE ne figure sur la page officielle de SQLite, ce qui est vrai aussi pour la plupart des autres failles divulguées sur ce dépôt (à part une).

Pour les équipes qui pilotent leur gestion de vulnérabilités sur les flux CVE, c'est alarmant. Un score critique dans la base NVD n'est plus, à lui seul, un signal suffisant pour déclencher une remédiation d'urgence. Si on se projette un peu, on peut imaginer un scénario gênant : un agent de triage qui tente de localiser la fonction vulnérable, génère un correctif et propose des modifications sur du code qui n'existe pas.

👉 Un agent qui efface les fichiers d'un développeur.

Un développeur a rapporté sur Reddit avoir perdu l'ensemble de ses fichiers utilisateur au cours d'une session Claude Code. Selon son message, il aurait demandé une sauvegarde, l'agent l'aurait écrite au mauvais chemin, puis aurait exécuté une suppression forcée de l'ensemble des fichiers et dossiers pour nettoyer sa propre erreur, avant de poursuivre la session comme si de rien n'était. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres qu'avec l'IA, tout peut rapidement bousculer.

👉 Une chaîne d'exploitation Zoom construite en moins de 24 heures.

Le 11 août 2026, Zoom a corrigé quatre vulnérabilités, dont trois dans le moteur d'annotation utilisé pendant le partage d'écran (CVE-2026-53413, CVE-2026-53414 et CVE-2026-53415), avec les versions Workplace 7.1.5 et 7.0.6. Les chercheurs de chez A Security, qui ont baptisé l'ensemble de failles ZOOMSDAY, indiquent avoir produit un exploit fonctionnel en moins de 24 heures et avec moins de 20 requêtes adressées à des modèles IA publics.

👉 OpenAI Astra

Dans un communiqué publié le 7 août 2026, OpenAI affirme ralentir le développement d'Astra, un modèle IA en phase de tests et non disponible publiquement. En effet, d'après les évaluations effectuées en interne, il pourrait atteindre des capacités qualifiées de critiques en matière de cybersécurité. Autrement dit, il pourrait concevoir et exécuter des cyberattaques complexes de façon quasi autonome.

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LiteLLM : 153 Go de secrets volés, et des identifiants encore valides cinq mois après

L'affaire remonte à mars, et pourtant, cet incident continue de faire parler de lui. On va parler de LiteLLM, une passerelle IA open source. Souvenez-vous lorsque le groupe TeamPCP avait compromis le processus de publication de Trivy, un scanner de vulnérabilités utilisé par LiteLLM et installé automatiquement. De là, les attaquants ont récupéré les identifiants de publication PyPI du projet et diffusé des versions malveillantes : 1.82.7 et 1.82.8. Elles sont restées en ligne environ quarante minutes, le 24 mars dernier. Suffisant pour faire une belle moisson de données.

En effet, un rapport publié par Hudson Rock le 13 août 2026 donne quelques chiffres suite à l'analyse d'une archive RAR de 153 Go constituée par les attaquants. Au total, cette archive contient 433 909 fichiers associés à 2 488 domaines d'entreprises. Il y aurait des clés d'accès secrètes AWS, des secrets client Salesforce, des secrets de signature Slack, des variables d'environnement Azure et des clés d'API pour accéder à des IA.

"Chaque fois qu'une machine de développement, un serveur de production ou un pipeline CI/CD exécutait le paquet LiteLLM compromis, les pirates parvenaient à extraire la mémoire et les configurations de l'environnement en production au cours de l'exécution.", précise le rapport d'Hudson Rock. Parmi les entreprises victimes, il y aurait notamment Amazon, Samsung, ServiceNow, John Deere, Deloitte, Orange ou encore TomTom.

De son côté, le chercheur Kevin Beaumont a confirmé l'authenticité des données auprès de plusieurs organisations victimes. "Au fait, j'ai vérifié que les données étaient authentiques : elles proviennent de plusieurs organisations victimes. Elles contiennent une quantité importante d'informations sensibles provenant de ces organisations - pour une fois, Hudson Rock a minimisé l'ampleur du contenu.", peut-on lire sur Mastodon.

Source : Kevin Beaumont

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'une fenêtre d'exposition de quarante minutes en mars permet encore, à l'heure actuelle, d'avoir des accès valides. Toute organisation ayant installé LiteLLM 1.82.7 ou 1.82.8, y compris en tant que dépendance, doit considérer comme exposé l'ensemble des secrets accessibles depuis l'environnement concerné.

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Mozilla révoque sa clé de signature GPG après une exposition sur GitHub

Le 10 août 2026, Mozilla a annoncé le remplacement de la sous-clé GPG utilisée pour signer certains artefacts de publication de Firefox et Thunderbird. En cause : une copie non chiffrée de cette sous-clé privée a été chargée par inadvertance dans un dépôt GitHub privé de l'organisation.

En pratique, cette clé servait à signer les archives Linux, les paquets RPM de Firefox et les fichiers de sommes de contrôle. Mozilla précise que l'examen des journaux d'audit disponibles n'a révélé aucune trace d'accès par un tiers non autorisé, et que l'accès au dépôt était limité à un petit groupe interne dont les membres disposaient déjà d'un accès légitime à la clé par d'autres moyens. Mais bon, par précaution, Mozilla a préféré révoquer l'ancienne sous-clé GPG.

Les changements à retenir :

La norme OpenPGP définit des codes de raison de révocation lisibles par machine. Le code 1 signifie qu'une clé a été remplacée et laisse valides toutes les signatures antérieures. Le code 2 signifie que le matériel cryptographique a été compromis, et rend suspecte chaque signature jamais produite par cette clé. Mozilla a retenu le code 2. Toute personne ayant importée le certificat de révocation constatera donc que d'anciennes versions de Firefox et Thunderbird échouent désormais lors de la vérification GPG. C'est la conséquence normale du code choisi par les équipes de Mozilla (et c'est ce qui protège le mieux les utilisateurs).

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Chaîne d'approvisionnement : npm, l'AUR d'Arch Linux

👉 Le ver Shai-Hulud revient sur npm.

Le 4 août 2026, le compte GitHub du mainteneur de keyv, une bibliothèque de stockage clé-valeur à environ 127 millions de téléchargements hebdomadaires, a été compromis. Les attaquants sont parvenus à pousser des commits malveillants sur la branche principale et a publier de nouvelles versions via le pipeline GitHub Actions du projet. L'auteur de cette bibliothèque gère aussi d'autres projets, comme cacheable, flat-cache, file-entry-cache, cacheable-request et cache-manager, qui sont des dépendances pour de nombreux outils.

À chaque fois, chaque paquet reçoit un hook preinstall qui, lors de l'opération npm install, collecte les identifiants npm, GitHub, AWS et Vault, puis les exfiltre vers des dépôts GitHub publics créés avec le jeton dérobé. De son côté, Aikido Security dénombrait au moins 868 paquets compromis sur 1 381 versions, soit plus de deux milliards d'installations mensuelles. Encore un bel exemple d'attaque liée à la chaîne d'approvisionnement...

👉 L'AUR d'Arch Linux change de stratégie.

Récemment, il y a eu une grosse campagne malveillante sur l'AUR, le dépôt de paquets communautaires utilisé par Arch Linux (c'est une plateforme communautaire hébergeant des fichiers PKGBUILD soumis par les utilisateurs). Les pirates étaient parvenus à adopter des paquets orphelins dans le but de distribuer des versions malveillantes. Cela avait nécessité des jours de nettoyage... Et bien, sachez que cela recommence (ou continue, comme vous préférez).

Il s'agit de la troisième vague d'une même campagne, baptisée Atomic Arch, qui court depuis fin mai. Les deux précédentes passaient par l'installation de paquets npm malveillants depuis les PKGBUILD, et Arch avait purgé plus de 1 900 paquets avant de déclarer le dépôt assaini à la mi-juin. Cette fois, l'attaquant embarque directement des binaires ELF compilés, déguisés en outils nommés linter, hasher ou minifier, ce qui contourne précisément les détections qui avaient arrêté les vagues précédentes.

En réponse à ces multiples vagues, l'adoption des paquets orphelins a d'abord été suspendue le 30 juillet 2026, puis l'ensemble des push le 1er août, gelant de fait toute écriture sur le dépôt. Le gel a été levé le 11 août avec le déploiement d'aurweb 6.5.0, annoncé par Leonidas Spyropoulos sur la liste aur-general, et il y a des changements importants. Bon en même temps, c'est indispensable pour arrêter le massacre. L'adoption d'un paquet orphelin n'est plus automatique : l'utilisateur doit désormais déposer une demande qu'un Package Maintainer doit approuver, avec une seule demande en attente par paquet et un rejet automatique au bout de quatorze jours. Les comptes non vérifiés sont avertis après sept jours et supprimés après quatorze, et la création de nouveaux comptes reste fermée.

C'est un changement structurel qui devrait permettre à l'AUR de retrouver une certaine sérénité… Pour autant, cet incident n'est pas clos, car il y a toujours du nettoyage à effectuer, mais cela avance dans le bon sens !

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Navigateurs et messageries : Edge enterre Manifest V2, Signal prépare des comptes sans numéro

👉 Microsoft Edge s'apprête à abandonner Manifest V2.

Le 7 août 2026, Microsoft a publié le calendrier concernant la transition vers Manifest V3, et cela commence dès août 2026, sur les canaux Canary, Dev et Beta, avant d'atteindre le canal stable dans les mois suivants. Cela signifie que les extensions Manifest V2 seront progressivement désactivées par défaut et Microsoft affirme que 95 % des extensions en v2 les plus utilisées sont déjà passées en V3.

Si je vous en parle, c'est parce que l'extension uBlock Origin (blocage des pubs) repose sur l'API webRequest absente du Manifest V3. Après Google Chrome, Edge cessera donc de le prendre en charge, ce qui vous obligera à utiliser sur la version uBlock Origin Lite (soumise à un plafond au niveau des règles de filtrage). Vous pouvez aussi faire autrement avec une solution de filtrage au niveau du réseau, avec AdGuard Home ou Technitium DNS, par exemple.

👉 Signal travaillerait sur des comptes sans numéro de téléphone.

Des éléments repérés dans le code source Android de l'application évoquent une fonctionnalité nommée Signal Login, qui permettrait de créer un compte sans communiquer de numéro de téléphone. Mais attention, il faudrait payer pour en profiter : il s'agirait d'un paiement unique dont le montant n'est pas connu. Ce ne serait pas la première fois que Signal propose une fonctionnalité payante, c'est déjà le cas avec les sauvegardes sécurisées qui existent depuis septembre 2025. Pour le moment, cette information n'a pas été confirmée officiellement.

Références

J'espère que vous avez apprécié ce récapitulatif ! Je vous prépare d'autres articles sur des sujets d'actualité que je souhaite traiter de façon distincte. Si vous avez repéré d'autres informations importantes, n'hésitez pas à mettre les liens en commentaire. 🙂

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Cofondateur d'IT-Connect et Microsoft MVP "Cloud and Datacenter Management". Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l'administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu'un métier, l'IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.