RC Lens et Stade Rennais : les deux modèles qui rient pendant que la Ligue 1 se serre la ceinture - Sport.fr
Pendant que Marseille brade et que Nantes descend, deux clubs français affichent des comptes que beaucoup leur envient. Coïncidence ? Pas vraiment. Il y a quelques années encore, on aurait rangé le RC Lens et le Stade Rennais dans la même catégorie : de bons clubs de Ligue 1, sympathiques,…
Pendant que Marseille brade et que Nantes descend, deux clubs français affichent des comptes que beaucoup leur envient. Coïncidence ? Pas vraiment.
Il y a quelques années encore, on aurait rangé le RC Lens et le Stade Rennais dans la même catégorie : de bons clubs de Ligue 1, sympathiques, capables d’un coup d’éclat européen de temps à autre. Le classement des puissances financières françaises, lui, se lisait ailleurs.
Il faudra réviser la copie.
Lens, la machine à plus-values
Le chiffre circule depuis ce matin et il donne le tournis : environ 135 millions d’euros de plus-value réalisée sur ce seul mercato, selon les décomptes du site Allez Lens. Un record pour le club artésien, qui a fait du trading de joueurs bien davantage qu’un complément de recettes — c’est devenu le cœur du modèle.
Le dernier exemple en date ? Mamadou Sangaré, vendu à Brentford, qui retrouvera d’ailleurs son ancien capitaine Adrien Thomasson dès samedi en amical face à Rennes. Le petit monde du football français, toujours.
Attention toutefois à ne pas tout enjoliver. Le même site évoque en parallèle un plan d’austérité : masse salariale sabrée, cadres vendus. Vendre à bon prix, c’est une réussite comptable. Ça reste, sportivement, un pari renouvelé chaque été. Et les paris, parfois, on les perd.
Rennes dans la cour des grands
À l’ouest, la logique est différente. Selon les évaluations relayées ce vendredi, la valorisation de l’effectif rennais dépasserait désormais les 700 millions d’euros, ce qui placerait le club breton parmi les formations les plus richement dotées d’Europe. Sept ans de politique de recrutement agressive, adossée à la puissance financière du groupe Pinault, ont fini par produire cet effet.
Le mercato rennais reste actif dans les deux sens : les supporters valident les recrues mais réclament un allègement de l’effectif, et jusqu’à sept départs supplémentaires restent envisageables d’ici la fin du marché. Trop de joueurs, trop peu de places. Un problème de riche, en somme.
Deux contre-exemples dans un paysage morose
Le contraste saute aux yeux quand on regarde ailleurs. L’OM doit vendre pour près de 100 M€ et a placé une douzaine de joueurs sur le marché. Nantes découvre la Ligue 2 et un mercato de survie. Lyon cherche à céder pour 30 à 40 M€. Quant à la Ligue 1 elle-même, elle vit toujours dans l’ombre de l’effondrement de ses droits télé, avec un modèle propriétaire — Ligue 1+ — dont personne ne connaît encore la rentabilité réelle.
Dans ce contexte, la pilule est amère pour beaucoup. Lens et Rennes, eux, ont anticipé : l’un en industrialisant la revente, l’autre en s’appuyant sur un actionnaire solide et une politique de formation.
Deux recettes opposées, un même résultat. Reste à voir laquelle tient sur la durée — et là, franchement, personne n’a la réponse.
La Ligue 1 reprend le 21 août.