Québec solidaire veut plafonner les loyers et construire 25 000…
Québec solidaire (QS) veut s’attaquer à la crise du logement grâce à un plan qui prévoit notamment de contrôler le montant des loyers, de construire 25 000 logements sociaux et de sortir 25 000 logements du mar...
Québec solidaire (QS) veut s’attaquer à la crise du logement grâce à un plan qui prévoit notamment de contrôler le montant des loyers, de construire 25 000 logements sociaux et de sortir 25 000 logements du marché. Le parti souhaite également lutter contre la spéculation en pénalisant les propriétaires abusifs.
« Ce n’est pas normal que les locataires reçoivent des augmentations de 10, 20, 30 %. Ce n’est pas normal que le nombre de personnes en situation d’itinérance parce qu’ils ont perdu leur logement, qu’ils n’étaient pas capables de se payer, continue à augmenter dans les rues du Québec. Ce n’est pas normal que les jeunes ne soient pas capables de mettre de l’argent de côté pour être capables un jour de devenir propriétaires », a martelé dimanche la porte-parole du parti, Ruba Ghazal, lors d’un point de presse tenu à Montréal.
L’aspirante première ministre était accompagnée de la candidate solidaire dans Rosemont, Gisèle Pouhe Njall, ainsi que des candidats et députés solidaires de Laurier-Dorion et Saint-Henri–Sainte-Anne, Andrés Fontecilla et Guillaume Cliche-Rivard.
Dès les 100 premiers jours d’un gouvernement de Québec solidaire, les loyers seront ainsi plafonnés en fonction de l’inflation, avec un maximum de 3 % d’augmentation. Un nouveau Registre national des loyers sera lancé de façon à limiter les hausses de loyer au moment du changement de locataires. Il s’agit d’une demande de longue date de plusieurs organismes communautaires.
50 000 logements en quatre ans
Lors de son allocution, Mme Ghazal a dénoncé le bilan des derniers gouvernements, caquiste, péquiste ou libéral, coupables selon elle de « n’avoir rien fait » en 20 ans pour endiguer la crise actuelle. « Tous les autres partis, quand on les entend, croient qu’en se fiant aux règles marché, que tout d’un coup, tout va se régler », a-t-elle lancé.
Ruba Ghazal est également revenue sur les propos de Christine Fréchette, qui a affirmé samedi que la crise était en train de s’apaiser dans certaines régions. « Ce n’est pas parce que les logements sont vides que les gens sont capables de se les payer. ».
Autre mesure phare du plan de Québec solidaire: la construction de 25 000 nouveaux logements sociaux et communautaires en 4 ans. L’objectif est de faire en sorte que ceux-ci représentent 20 % du parc locatif québécois en 2050, soit environ le double du niveau actuel. Par ailleurs, Québec solidaire entend sortir du marché quelque 25 000 autres logements grâce à l’acquisition et la rénovation d’immeubles privés existants.
Pour l’instant, Québec solidaire n’a pas indiqué comment serait financé son plan pour mettre fin à la crise du logement. Le parti doit présenter prochainement son cadre financier dans lequel sera chiffré l’ensemble de ces mesures.
« Ce qu’on met dans le plan, c’est ce qu’on va présenter de façon plus détaillée à un autre moment dans la campagne. On a travaillé avec des experts, des gens du milieu, pour dire que ça prend 50 000 logements dans un premier mandat, moitié “construit”, moitié “rapatrié du marché”. On ne balance pas juste un chiffre comme ça », a indiqué la porte-parole du parti.
Protéger les locataires et endiguer la spéculation
Le plan habitation de Québec solidaire prévoit aussi une protection accrue des locataires grâce à une modernisation du Tribunal administratif du logement (TAL). Une des propositions prévoit ainsi de mettre fin à la « liste noire » des locataires afin que ces derniers n’aient plus peur de faire valoir leur droit sans craindre de discrimination lors de la recherche d’un nouveau logement. Leurs noms seront ainsi anonymisés dans les dossiers du TAL lorsque ceux-ci ne sont pas fautifs.
S’il est porté au pouvoir le 5 octobre, QS s’attaquera en outre aux spéculateurs et pénalisera les propriétaires abusifs.
« Il y a une explosion [du nombre d’annonces] sur Airbnb et de compagnies similaires, a affirmé Andrés Fontecilla. Les mesures de la CAQ n’ont pas réussi à endiguer le phénomène de l’illégalité des Airbnb de ce monde. »
Pour M. Fontecilla, porte-parole de Québec solidaire en matière de logement, il faut donc donner plus de moyens juridiques à Revenu Québec et aux municipalités afin d’augmenter la capacité d’enquête et d’intervention du gouvernement, et d’identifier plus rapidement les unités qui contribuent à la crise du logement.
Québec solidaire veut également faciliter l’accès à la propriété en aidant les premiers acheteurs en leur proposant un co-investissement allant jusqu’à 15 % de la valeur d’une maison neuve (à concurrence de 50 000$). La part du gouvernement sera ensuite récupérée lors de la vente de la propriété qui devra se faire sous le prix médian du marché.
Enfin, le parti veut mettre fin à la crise de l’itinérance et propose la mise en place d’une stratégie nationale qui sera pilotée par le ministère de la lutte à l’itinérance, qu’il compte créer. Ce plan d’action coordonnera le travail des municipalités, des services de santé, des organismes communautaires, ainsi que des offices d’habitation.