Que veut dire la 12e place de Monaco au classement international des passeports 2026 ?
Créé il y a 20 ans et réalisé en recoupant notamment des données de l’association du transport aérien international, le classement Henley des passeports constitue un indicateur de référence pour mesurer dans le temps l’évolution de la mobilité extérieure offerte aux ressortissants monégasques. Un ba
En 2006, soit deux ans après l’entrée de la Principauté de Monaco au Conseil de l’Europe, naissait le « Henley Passport Index ». L’entreprise Henley & Partners, spécialisée dans la planification en matière de résidence et de citoyenneté pour des clients fortunés, dresse depuis un baromètre annuel de la liberté de déplacement selon les nationalités.
Un classement dans lequel Monaco a bondi ! En 2006, le passeport monégasque permettait d’accéder à 108 destinations sans visa préalable, dont l’ensemble de l’espace Schengen depuis l’an 2000. En 2026, 177 destinations sont désormais ouvertes aux Monégasques sans visa préalable [ou visa délivré à l’arrivée, ou ETA ne nécessitant pas d’approbation préalable selon la méthodologie Henley, NDLR], plaçant Monaco au 12e rang mondial. Deux pays pouvant partager le même rang.
En tête de classement, Singapour et son passeport facilitant les déplacements dans 192 pays. En queue de peloton, l’Afghanistan et ses 22 accès facilités. La France et l’Italie pointent à la 4e place (186).
Si ce classement ne peut démontrer à lui seul la puissance diplomatique d’un pays, il s’avère instructif pour la Principauté, puisque cohérent avec son activité diplomatique, à commencer par les nombreux efforts du prince Albert II pour placer son pays sur l’échiquier international.
Si les premières années de règne du Souverain correspondent à une ouverture géopolitique mondiale et une croissance importante au classement de la plupart des pays, les années 2010 démontrent une progression monégasque en parallèle d’une multiplication des rencontres bilatérales initiées par le Prince. Avec parfois des exemples saillants.
En novembre 2012, le prince Albert II effectue ainsi une visite officielle au Kazakhstan, y inaugure un consulat honoraire et accompagne la signature d’un mémorandum économique. En juillet 2015, le gouvernement kazakh exempte les Monégasques de visa sur son territoire.
Idem avec la Chine. Le Souverain s’y rend en septembre 2018 avant de rendre la pareille à son hôte Xi Jinping en mars 2019 à Monaco, où le géant Huawei est alors au cœur du développement des télécommunications. En novembre 2024, ce n’est donc pas une surprise de voir ces ponts diplomatiques aboutir à une exemption de visa pour les Monégasques en Chine, au même titre alors que les principautés d’Andorre et du Liechtenstein.
Soft power et diplomatie au long cours
Dans cette diplomatie du temps, le soft power monégasque (culture, sports, santé…) peut peser mais aussi l’action environnementale du Prince, reconnue par l’ONU, notamment au travers des actions de la Fondation Prince Albert II. Imaginez la reconnaissance de petits États insulaires comme le Kiribati à l’égard de la Principauté lorsque le chef d’État de cette dernière alerte à la tribune de grands événements sur le réchauffement climatique, l’élévation des mers et la santé des océans.
Kiribati où un visa reste requis en 2026 comme dans la majorité des pays d’Afrique du Nord et subsaharienne.
Une zone d’Afrique où Monaco multiplie les initiatives depuis un quart de siècle notamment en matière d’éducation, de santé et de sécurité alimentaire, sans pour autant débloquer des visas - ce qui ne veut pas dire rencontrer des difficultés d’accès majeurs par ailleurs. D’autant qu’à l’inverse, la plupart de ces pays doivent aussi passer par la case visa pour accéder à l’espace Schengen et Monaco. Mais comme le dit le proverbe africain : « Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par se lever ».
En attendant, au-delà des assouplissements dans la circulation des personnes à l’échelle internationale, le passeport monégasque semble traduire le bien-fondé de son soft power.