Quatre lycées bloqués et une manifestation improvisée ce jeudi à Perpignan : ce que veulent les jeunes
Ce jeudi 1er octobre 2026, les élèves de quatre lycées de Perpignan se sont rassemblés en tout début de matinée devant leurs établissements pour mettre en place des blocus. Avant de se rejoindre en centre-ville pour une manifestation improvisée et imprévisible qui a réuni plusieurs centaines de personnes.
Ce jeudi 1er octobre 2026, les élèves de quatre lycées de Perpignan se sont rassemblés en tout début de matinée devant leurs établissements pour mettre en place des blocus. Avant de se rejoindre en centre-ville pour une manifestation improvisée et imprévisible qui a réuni plusieurs centaines de personnes.
"Désolé du dérangement. On essaie juste de sauver notre avenir." La pancarte placardée sur le portail du lycée Lurçat résume bien l’état d’esprit des jeunes perpignanais. Ce jeudi, ces derniers ont fait entendre leur colère dès l’aube. Des rassemblements d’élèves se sont formés simultanément devant Lurçat, Picasso, Maillol et Arago au petit matin. Objectif : mettre en place des "blocus" afin de dénoncer une dégradation des conditions d’apprentissage et de réclamer des moyens supplémentaires pour l’éducation.
"Nous sommes là depuis 7 h 10", indiquait dans la matinée, Alban, 16 ans, référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne (USL), mobilisé devant Lurçat. "Nous avons laissé entrer les élèves qui le souhaitaient, mais beaucoup ont préféré rester avec nous." Ici, la mobilisation s’est globalement déroulée dans le calme.
Vers 9 h 20, des élèves du lycée voisin de Picasso, dont certains faisaient état d’accrochages avec les forces de l’ordre devant leur établissement, ont rejoint leurs homologues de Lurçat. Puis se sont mis en route avec une partie d’entre eux vers le lycée Arago, en centre-ville. Tout comme le faisaient en parallèle les élèves de Maillol, où des heurts avec la police se sont également déroulés lors du blocus, entraînant une suspension des cours pour la journée. Le cortège ainsi formé s’est ensuite rendu devant le lycée privé Bon Secours, dans les environs duquel un conteneur à poubelles a été incendié, puis devant Marillac, où une adolescente de 16 ans a été blessée, vraisemblablement par un jet de pavé. Les jeunes se sont ensuite dirigés vers le cœur de ville (Castillet, place de la République) pour y poursuivre leur manifestation improvisée.
35 par classe, c’est trop !
Beaucoup d’élèves interrogés classent en tête de leurs revendications les journées trop longues (le "8 heures-18 heures") et les problématiques d’emploi du temps liées à la récente réforme du lycée. "Cette réforme a engendré des trous non aménageables dans les emplois du temps", explique Alban. "Le jeudi et le vendredi, j’ai des trous de 3 heures au milieu de la journée. Soi-disant, ce sont des créneaux pour les élèves qui font allemand, sauf que nous n’en avons pas dans la classe ! Ce serait au cas où il y en ait qui arrivent en cours d’année", croit savoir Charlize, 16 ans, en première à Picasso.
La "surcharge" des classes liée au manque de profs et le non-remplacement des enseignants absents reviennent également souvent. "Depuis la rentrée, je n’avais pas eu de prof de français jusqu’à hier, alors que j’ai le bac à la fin de l’année", déplore par exemple une élève de première de Lurçat. "35 par classe, c’est trop. Les professeurs n’ont pas le temps de suivre les difficultés de chacun", renchérit Marie, 16 ans, scolarisée en première à Picasso.
Certaines salles sont dans un état lamentable
"Nous, à Arago, on peut avoir des classes à plus de 40 élèves", assure une élève de terminale de l’établissement. "Il y a aussi le prix de la cantine. C’est 4,60 euros par jour. Des fois, des élèves sautent des repas parce que c’est trop cher. De plus, nous n’avons qu’une heure pour manger. Il y a des files d’attente gigantesques, ce n’est plus possible."
L’état du bâti scolaire et la chaleur dans les classes font également partie des principaux mots d’ordre. "Dans les salles de classe, il fait super chaud. Et certaines sont dans un état lamentable", estime ainsi Liam, 18 ans, scolarisé en BTS à Picasso. "En carrosserie par exemple, quand il pleut, l’eau s’infiltre dans le plafond et ça fait d’énormes flaques."
Sur ce volet revendicatif, le préfet des Pyrénées-Orientales annonce que "les conseils de la vie lycéenne et/ou les conseils d’administration des lycées concernés vont être réunis dans les tout prochains jours, pour créer l’occasion d’échanges constructifs avec les représentants des lycéens". Du côté des élèves, certains évoquaient hier une poursuite du mouvement ce vendredi.