Quatre étudiants ont créé la légende: les 24 Heures vélo de Louvain-la-Neuve fêtent leurs 50 ans avec une expo (vidéo)
En 1976, quatre étudiants imaginent une course de vélo pour animer Louvain-la-Neuve. 50 ans plus tard, les 24 Heures vélo sont devenues légendaires. Une exposition au Forum des Halles retrace leur histoire, entre sport et folklore.
Il n'était encore qu'un "bleu" au kot CSE Animations, pour Centre Sportif Étudiant, en 1976. Un soir, Hugues Michaux et les trois plus jeunes membres du kot sont chargés de trouver une idée pour unir étudiants et citoyens, pour animer la ville. Hugues Michaux, Benoît Debatty, Luc Dejaeger et André Gheysen imaginent alors une course de vélo. "Pourquoi ne ferait-on pas comme les 24 Heures du Mans, les 24 Heures de Francorchamps ?" se disent-ils.
"Tout le kot a été d'accord, on avait trouvé une chouette activité." Après une première réunion fin septembre, toute l'organisation se met en place."Nous voilà partis pour essayer d'organiser cet événement, mais ça veut tout dire et ne rien dire, se remémore Hugues Michaux. Il fallait l'autorisation de l'administrateur délégué, Michel Woitrin, du bourgmestre, Yves du Monceau, et de la police. C'était la plus compliquée à obtenir."
L'explication du concept aux autorités était relativement simple: "On leur expliquait qu'on voulait faire un tour à vélo autour de la ville, et que certains rouleraient plus vite que d'autres", s'amuse Hugues Michaux.
Un mois et demi plus tard, le 16 novembre 1976 à 13 h 53, le coup d'envoi est donné.
Une ascension fulgurante… et Eddy Merckx
"On ne s'imaginait pas qu'il y aurait une deuxième édition. Puis l'administrateur délégué nous a demandé si on recommençait. Je lui ai dit: "Vous savez, je n'ai pas bien réussi les examens du premier semestre… alors je dois les rattraper au second"."
L'année suivante, avec le "nouveau" CSE Animations, la décision d'organiser une seconde édition est prise.
37 vélos la première année, 200 quelques années plus tard, l'événement n'a pas cessé de grandir. La ligne de départ de la 3e édition, en 1978, a même vu Eddy Merckx, alors au crépuscule d'une immense carrière, venir célébrer le vélo néolouvaniste.
La course n'était pas prédestinée à devenir la référence de la guindaille belge. "Au fil des années, les gens cherchent à ajouter des activités à côté de la course. C'est ce qui a amené ce qu'on connaît aujourd'hui", analyse le fondateur.
"C'est beaucoup plus sécurisé qu'à notre époque"
Avec près de 50 000 participants aujourd'hui, les 24 Heures vélo ont changé d'échelle. L'organisation et la sécurité ont, elles aussi, évolué. "Au départ, rien n'indiquait le circuit, etc. Aujourd'hui tout est encadré, entouré de barrières, bien organisé. La course est beaucoup plus sécurisée qu'à notre époque."
Si l'événement est devenu plus connu pour sa fête que pour la course, ses créateurs n'y voient aucun inconvénient: "C'est devenu une grande guindaille, mais ça ne me dérange pas. Le but reste de réunir les gens de partout. Toute chose doit évoluer, et ça évolue bien des deux côtés."
50 ans après la première course, Hugues Michaux, qui habite encore Louvain-la-Neuve, est toujours aussi fier de sa création. "Chaque année, je vais sur le circuit, et j'essaye de trouver une équipe qui accepte que je monte sur son vélo." Avec ses trois acolytes du début, ils sont encore liés par cette folle histoire. "Je les vois plusieurs fois par an. Certains plus que d'autres. On se balade, on va manger ensemble."
Cette année, ils ont même monté une équipe avec plusieurs anciens. "Ils aiment dire qu'ils seront 100 fous à rouler pendant 24 heures pour fêter les 50 ans", raconte Sam, membre actuel du CSE Animations.
"Cette édition est quand même un peu spéciale pour nous. Dans le fond il n'y a pas grand-chose qui change, c'est toujours la même organisation, mais cette année, on peut célébrer 50 ans d'équipes qui ont organisé l'événement." Du côté du CSE Animations, les "anciens" prennent une place importante. "Ils sont toujours assez présents avec nous pendant la préparation. On a la chance d'organiser ça, et ce genre de contacts embellit l'édition", poursuit Sam.
Une volonté claire est mise en avant: "Les 50 ans, pour nous, ça touche plus au côté vélo. On veut mettre l'accent et la lumière sur la course qui est parfois un peu oubliée, mais qui reste le cœur des 24 Heures."
Une exposition a été mise en place par les services de l'UCLouvain pour en raconter l'histoire. "C'était une idée du CSE à la base, puis rapidement on a récolté beaucoup d'images d'archives. Quand on en parle, tout le monde s'emballe, tout le monde a des souvenirs, des archives", explique Aline Aulit, attachée culturelle de l'université.
Ce jeudi, Hugues Michaux s'est promené dans l'exposition. Il la découvrait comme les autres. Au fil de la visite, l'histoire des 24 Heures vélo, tant dans ses dimensions sportives que folkloriques, se dévoile. Les coulisses sont mises en lumière. Évidemment, la fête y trouve sa place.
Aline la Girafe
Pour cet anniversaire, la tête d'affiche est une girafe dessinée par Alix Garin. Actuellement "artiste en résidence" à l'UCLouvain, la dessinatrice s'en est donné à cœur joie pour créer une affiche inédite. La mascotte porte le prénom d'Aline Aulit, l'attachée culturelle de l'UCLouvain. "Je passais chaque soir voir comment les jobistes avançaient sur sa construction, donc elles lui ont donné mon nom", explique-t-elle. La girafe siège fièrement sur un vélo folklorique au sein de l'exposition.
Niveau fréquentation, "le public étudiant actuel, les alumni, et les étudiants d'autres universités" sont attendus aux côtés des simples curieux.
La fête battra donc son plein ces 21 et 22 octobre dans toute la ville, mais aussi jusqu'au 26 février 2027 au Forum des Halles.
"Les 24 h vélo, 50 ans déjà", du 16.10.26 au 26.02.27 ; https ://uclouvain.be/fr/culture/events/expo-les-24h-velo-50-ans-deja
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.