Quand le château de la Reine Jeanne, à Guillaumes, était sélectionné par le premier Loto du patrimoine en 2018
Il y a 8 ans, cette commune du haut pays était la seule des Alpes-Maritimes à avoir été sélectionnée par le premier Loto du patrimoine, en 2018, pour rénover le château de la Reine Jeanne.
Le centre historique de Sospel, dans les Alpes-Maritimes, a été choisi pour bénéficier du 9e Loto du Patrimoine, qui s’étalera du 7 au 21 septembre 2026. Ce qui rappelle des souvenirs du côté de Guillaumes…
En 2018, son château de la Reine Jeanne avait été l’unique site des Alpes-Maritimes retenu lors de la toute première édition du Loto du patrimoine, impulsé par Stéphane Bern et la Fondation du Patrimoine.
Le château de la Reine Jeanne : une silhouette indissociable du paysage de la haute vallée du Var, perché sur son éperon rocheux, et qui raconte à lui seul plusieurs siècles d’histoire militaire du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle. Malgré le classement des ruines du château et de la parcelle boisée qui les avoisine en 1931, l’édifice menaçait de tomber en ruine. Alors le loto du patrimoine, c’était une véritable aubaine pour la commune et son maire, Jean-Paul David, qui voyaient là l’opportunité de sauvegarder les vestiges d’une forteresse largement démantelée en 1760.
Un sauvetage par étapes
Grâce aux 84 000 euros attribués dans le cadre du Loto du patrimoine, une première phase d’urgence de près de 140 000 euros a pu être engagée. L’objectif premier était de conforter l’assise de la tour et d’en sécuriser la falaise afin de parer au plus pressé.
Cette première victoire a ouvert la voie à un chantier de plus grande ampleur. Une deuxième tranche de travaux d’environ 550 000 euros, financée par l’État, la Région, le Département et la Fondation du Patrimoine, a permis d’attaquer la réhabilitation de la tour. En 2025, le donjon a retrouvé une toiture et une charpente en bois de mélèze local.
Purge des pierres fragiles, réfection des enduits intérieurs et extérieurs à la chaux, restauration du magasin à poudre et sécurisation du chemin de ronde : chaque intervention respecte scrupuleusement les matériaux d’origine, sous l’œil averti des Bâtiments de France et de la Dreal (1).
Une place forte à la frontière de la Provence
Au-delà du chantier, ces travaux redonnent vie à un monument au passé singulier. En 1388, lorsque Nice passe sous l’autorité de la Savoie, Guillaumes devient une place forte stratégique de la Provence, face aux territoires savoyards.
Revisitée et renforcée par Vauban entre 1700 et 1706, la forteresse change brutalement de destin lors du traité de Turin en 1760. À cette occasion, le village et le territoire de Guillaumes sont cédés au royaume de Piémont-Sardaigne. La forteresse est alors démantelée, mais la révolte des Guillaumois aurait contribué à préserver une partie de ses ruines.
Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.