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PSPP ne formera pas de gouvernement de coalition

Minoritaire à l'Assemblée nationale, le chef du Parti québécois (PQ) et premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, confirme qu'il collaborera à la pièce avec les oppositions plutôt que de créer une all...

Minoritaire à l'Assemblée nationale, le chef du Parti québécois (PQ) et premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, confirme qu'il collaborera à la pièce avec les oppositions plutôt que de créer une alliance formelle ou d'inviter l'une d'elles à intégrer son Cabinet. Y compris sur la question du référendum sur l'indépendance dont il rêve.

Moi, ce matin, je ne suis aucunement dans une logique électorale, a expliqué M. St-Pierre Plamondon, mardi. Je ne vois plus les chefs des autres partis comme mes adversaires, comme c'était le cas hier, a-t-il expliqué dans son premier point de presse à titre de premier ministre élu, au théâtre Le Diamant, à Québec.

Comme il l'avait déjà fait en campagne électorale, le leader péquiste a exclu la possibilité de former un gouvernement de coalition, malgré que son parti ne compte aujourd'hui que 59 députés à l'Assemblée nationale, soit 5 de moins que le seuil de la majorité.

Sur le plan législatif, le PQ devra toutefois collaborer par sujets avec les autres formations politiques, a-t-il dit, promettant par ailleurs de rencontrer ses homologues du Parti libéral du Québec (PLQ), du Parti conservateur du Québec (PCQ) et de Québec solidaire (QS) dans les prochaines semaines.

Choisi la veille pour succéder à la première ministre caquiste Christine Fréchette, M. St-Pierre Plamondon a profité de l'occasion pour présenter à nouveau le plan pour ses 100 premiers jours aux commandes de l'État.

Il a notamment promis d'organiser un sommet sur l'itinérance, de mettre sur pied un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire, de déposer un projet de loi pour geler le salaire des élus et des dirigeants des sociétés d'État et de former un Conseil des ministres plus petit que celui du gouvernement actuel.

Quant à sa promesse de tenir un nouveau référendum, M. St-Pierre Plamondon a laissé entendre qu'il sera capable de s'entendre avec QS comme sur n'importe quel autre engagement susceptible de rallier une majorité d'élus, même si Ruba Ghazal a prévenu mardi que l'appui de son parti ne sera pas inconditionnel.

Il y aura des discussions sur ce sujet-là. [...] Chaque chose en son temps, a déclaré le chef du PQ, qui avait promis, 10 jours avant le déclenchement de la campagne, de ne pas organiser une telle consultation populaire tant et aussi longtemps que Donald Trump n'aurait pas quitté la Maison-Blanche.

M. St-Pierre Plamondon, entre autres annonces, a également fait savoir au cours du point de presse qu'il avait demandé un avis juridique concernant la lieutenante-gouverneure, qu'il souhaiterait voir absente de la cérémonie d'ouverture de la 44e législature de l'Assemblée nationale, censée avoir lieu le mois prochain.

Aussi, des avocats du gouvernement se pencheront sur la présence de la représentante du roi Charles III au Québec, en plus d'évaluer si les sommes consenties aux activités de son cabinet – 1,3 M$ pour 2026-2027 – pourront être redirigées vers la lutte contre l'itinérance, comme promis par le chef péquiste en campagne.

Le nouveau Conseil des ministres, d'ici la reprise des travaux parlementaires, prévue le 17 novembre, devra être formé, et il n'est pas encore clair comment M. St-Pierre Plamondon fera pour que la Capitale-Nationale, qui n'a élu aucun député péquiste lundi, y soit représentée.

 Paul St-Pierre Plamondon marchand dans les corridors du Diamant de Québec.

49:43

Réécoutez le premier point de presse de PSPP en tant que PM élu.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Interrogé sur le sujet, le futur PM a assuré qu'il [n'explorait pas] la possibilité de se réserver cette responsabilité, rappelant qu'il était lui-même député dans l'est de Montréal.

Il a plutôt mentionné que plusieurs options étaient sur la table, dont celle que Pascal Paradis et Alex Boissonneault puissent continuer à jouer un rôle au gouvernement, malgré que les deux députés sortants, élus à l'issue d'élections complémentaires au cours du dernier mandat, aient été défaits, lundi soir.

M. St-Pierre Plamondon, enfin, a indiqué avoir discuté la veille au soir avec son homologue fédéral Mark Carney, le temps d'évoquer quatre-cinq sujets, comme la guerre tarifaire, les infrastructures et l'immigration, assurant qu'il était prêt à collaborer avec Ottawa à condition que les intérêts du Québec soient respectés.

PSPP commence à placer ses pions

Le chef du PQ a par ailleurs fait ses premières nominations en tant que premier ministre désigné, mardi.

Il a nommé sa cheffe de cabinet, Nadine Koussa, qui présidait jusqu'à récemment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Elle succédera à sa cheffe de cabinet actuelle, Laura Chouinard-Thuly, dont M. Saint-Pierre Plamondon a salué les efforts et l'engagement par voie de communiqué.

En outre, le nouveau premier ministre a procédé à la nomination de Frédéric Guay à titre de secrétaire général et de greffier du Conseil exécutif, donc le plus haut fonctionnaire de l'État.

M. Guay a été auparavant sous-ministre à l'Environnement et aux Transports.

Minoritaire et vulnérable

Avec 59 sièges sur 127, M. St-Pierre Plamondon se retrouve propulsé à la tête du Québec, mais dans une position délicate.

Le nouveau premier ministre devra bouger rapidement au cours des prochaines semaines et des mois qui suivent, car les gouvernements minoritaires ont eu une espérance de vie d'environ 18 mois dans l'histoire récente au Québec.

À la fin de la campagne, M. St-Pierre Plamondon avait réclamé avec insistance un mandat majoritaire pour mettre en place son programme et ses réformes, mais il n'a pas été entendu.

Dans sa nouvelle équipe, seuls deux élus ont exercé les fonctions de ministre, Pascal Bérubé et Nicolas Marceau, tous deux dans le gouvernement de Pauline Marois.

Certains des nouveaux élus ont déjà été députés autrefois, soit Nicolas Girard (Repentigny), Alain Therrien (Sanguinet), Elsie Lefebvre (Berthier) et Méganne Perry Mélançon (Gaspé).

9:42

Les péquistes sont-ils déçus malgré leur victoire? La réponse de Michelle Courchesne, Jean-François Lisée, Dimitri Soudas et Françoise Boivin à l’émission « Mordus de politique », animée par Sébastien Bovet.

Ce sixième gouvernement du Parti québécois dans l'histoire du Québec a obtenu la plus courte marge d'appui populaire de tous, 28 %, en dessous du précédent plancher du gouvernement Marois en 2012, à 31,95 %.

Cependant, le PQ a pratiquement doublé son nombre de votes recueillis par rapport à 2022, passant de 600 000 à pratiquement 1,2 million.

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Avec les informations de La Presse canadienne