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Produire rapidement 20% de carburant en plus: Emmanuel Macron écrit à Ursula von der Leyen pour qu’elle accepte de desserrer les contraintes sur les raffineries

INFO BFMTV. Dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron demande à Bruxelles d'assouplir temporairement plusieurs règles européennes pour augmenter rapidement l'offre de carburants. En desserrant certaines normes imposées au gazole et au kérosène, les raffineries pourraient...

Produire rapidement 20% de carburant en plus: Emmanuel Macron écrit à Ursula von der Leyen pour qu'elle accepte de desserrer les contraintes sur les raffineries

Publié aujourd'hui à 19h05

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INFO BFMTV. Dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron demande à Bruxelles d'assouplir temporairement plusieurs règles européennes pour augmenter rapidement l'offre de carburants. En desserrant certaines normes imposées au gazole et au kérosène, les raffineries pourraient produire jusqu'à 5 à 20% de carburant supplémentaire, selon le chef de l'État.

Face à la flambée des prix des carburants et aux tensions croissantes sur l'approvisionnement pétrolier, Emmanuel Macron demande à Bruxelles de prendre des mesures d'urgence. Dans une lettre adressée le 18 septembre à Ursula von der Leyen et que BFMTV a pu consulter, le président de la République réclame plusieurs assouplissements temporaires des règles européennes afin d'augmenter rapidement la production de carburants sur le continent.

Parmi les principales pistes avancées par le chef de l'État: assouplir les normes européennes sur la qualité des carburants, augmenter la part de biocarburants incorporée dans le diesel ou encore repousser certaines nouvelles obligations pesant sur les importateurs d'énergies fossiles.

Des mesures qui doivent permettre, selon Emmanuel Macron, de "renforcer nos capacités d'import et de production à court terme" et donc "accroître l'offre disponible au sein du marché intérieur".

Le risque de perdre 4 millions de barils supplémentaires par jour

Dans sa lettre, Emmanuel Macron dresse d'abord un constat préoccupant.

"La fermeture quasi-totale du détroit d'Ormuz depuis mars 2026 a conduit ces derniers mois à une contraction de l'offre mondiale de pétrole et à une reconfiguration importante des flux mondiaux d'hydrocarbures", écrit-il.

Selon le président de la République, les stocks pétroliers mondiaux ont ainsi chuté de "plus de 500 millions de barils". Surtout, la situation est à nouveau tendue ces dernières semaines en raison du "ciblage d'infrastructures énergétiques russes et du Moyen-Orient" et de la reprise de la consommation asiatique.

Emmanuel Macron prévient qu'en l'absence de réouverture rapide du détroit d'Ormuz et de remise en fonctionnement de l'oléoduc Est-Ouest saoudien, l'épuisement des stocks du royaume pourrait provoquer "une réduction de l'alimentation du marché mondial de produits brut d'au moins 4 millions de barils par jour supplémentaires".

Une contraction susceptible, prévient-il, de provoquer "une forte hausse des prix".

Assouplir les spécifications européennes sur la qualité des carburants

Dans sa lettre à Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron révèle également les inquiétudes remontées par les professionnels français qui "signalent des difficultés croissantes pour confirmer les livraisons des prochaines semaines."

L'Europe est particulièrement vulnérable à ces perturbations en raison de sa dépendance au Moyen-Orient pour certains produits raffinés. Selon les chiffres cités par le chef de l'État, la région représente 36% des importations européennes de kérosène et 18% de celles de gazole.

Pour augmenter rapidement la quantité de carburant disponible en Europe il demande ainsi à Bruxelles de desserrer temporairement certaines contraintes réglementaires. Première proposition: assouplir exceptionnellement les spécifications européennes relatives à la qualité des carburants.

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Masse volumique, densité, limites de vaporisation ou encore désulfurisation pourraient être temporairement réexaminées afin de permettre aux raffineries de produire davantage de kérosène et de gazole. Les spécifications européennes ne sont en effet pas identiques à celles appliquées ailleurs. Le diesel routier américain peut par exemple contenir jusqu'à 15 ppm de soufre, contre 10 ppm dans l'Union européenne. Or, les caractéristiques imposées à un carburant peuvent avoir un impact important sur les volumes qu'une raffinerie est capable de produire.

Dans sa lettre, Emmanuel Macron assure que ces assouplissements pourraient permettre des "gains de production notables", compris entre 5 et 20% selon les installations. Il rappelle de plus qu'une telle mesure ne serait pas inédite: des spécifications avaient déjà été temporairement assouplies au niveau européen pendant la crise du Covid-19.

Remplacer davantage de gazole B7 par du B10

Deuxième levier envisagé: augmenter la quantité de biocarburants incorporée dans le diesel. Le chef de l'État propose notamment de permettre aux distributeurs de remplacer davantage de gazole B7, qui contient jusqu'à 7% de biogazole et constitue aujourd'hui le standard largement distribué en Europe, par du B10, pouvant en contenir jusqu'à 10%. Le B10 possède un contenu énergétique légèrement inférieur au B7 et peut donc entraîner une très faible hausse de la consommation, selon la Commission européenne.

Mais déployée à l'échelle européenne, cette mesure constituerait selon Emmanuel Macron "un appui utile à l'offre de diesel" et donnerait des "marges supplémentaires pour l'approvisionnement en carburants".

Le président français demande parallèlement de repousser d'un an une nouvelle obligation européenne concernant les importateurs de pétrole brut, de gaz naturel et de charbon.

À compter du 1er janvier 2027, les importateurs européens devront notamment démontrer que leurs fournisseurs de pétrole et de gaz respectent des règles de mesure et de contrôle des émissions de méthane équivalentes à celles de l'UE. Une contrainte qui pourrait compliquer le recours à certains producteurs étrangers incapables de fournir les données requises, au moment où l'Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements.

"Une réponse coordonnée à l'échelle mondiale"

La préparation du dispositif est cependant jugée "à ce jour insatisfaisante" par Emmanuel Macron. La Commission a déjà recommandé aux États membres de repousser jusqu'à fin 2029 l'application des sanctions financières liées à ces obligations.

Mais même sans ces sanctions, les nouvelles règles feraient peser "un risque supplémentaire de contentieux sur les importateurs d'énergies fossiles" au moment même où l'Europe a besoin de mobiliser toutes ses capacités d'approvisionnement, écrit Emmanuel Macron.

La lettre dépasse enfin la seule urgence pétrolière. Alors que plusieurs pays européens affichent des niveaux de stockage de gaz inférieurs à ceux des années précédentes, Emmanuel Macron plaide pour accélérer les efforts européens d'électrification et réduire la consommation de gaz naturel, notamment pour le chauffage.

Le président avait indiqué vendredi que la France atteindrait "le bon niveau de remplissage des cuves pour cet hiver, à 80% pour le gaz". Mais face à l'ampleur des tensions énergétiques, Emmanuel Macron estime que les mesures européennes ne seront pas suffisantes.

"Au-delà de l'Union, la situation à laquelle nous faisons face nécessite une réponse coordonnée à l'échelle mondiale comme nous l'avions initiée cette année dans le cadre du G7", écrit-il à Ursula von der Leyen.

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