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Procès Ullens : “Madame parlait de Brigitte et Nicolas en disant que c’étaient des gens qui lui faisaient peur…” explique un employée du couple

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La cour d'assises du Brabant wallon a entendu, ce mardi matin, l'employée chargée de la gestion des finances personnelles du couple formé par Guy Ullens et Myriam Lechien. Qui a raconté comment elle avait vécu le drame du 29 mars 2023, puisqu'elle travaillait dans les bureaux de la Hulpe et a été appelée à Ohain dans les minutes qui ont suivi l'homicide de Myriam.

Mais surtout, elle a vécu de l'intérieur les tensions entre Guy Ullens et ses enfants, et connaissait la structure de la fortune du couple qui vivait entre la Suisse et la Belgique. "Monsieur m'a toujours dit que sa relation avec ses enfants était très compliquée, a-t-elle expliqué. Que c'était dur, toujours conflictuel, que les relations entre eux se limitaient à des reproches parce qu'il dépensait trop d'argent, et qu'eux n'en recevaient pas assez. Madame parlait beaucoup de Brigitte et Nicolas en disant que c'étaient des gens qui lui faisaient peur, mais elle ne parlait pas de cela devant Monsieur. Le problème, c'est que Monsieur avait un double discours, et je l'ai ressenti encore plus quand Madame n'était plus là, les deux dernières années. Il nous disait ne pas vouloir de contact avec ses enfants mais quand il les voyait, il ne tenait pas ce discours-là. Il disait qu'il était content de les voir."

En ce qui concerne la fortune du couple Ullens-Lechien, cette employée qui la gérait au quotidien a estimé que parler de Guy Ullens comme un homme qui pesait 3 milliards, comme l'a fait la presse suisse, était largement exagéré.

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Des dépenses annuelles de 15 à 20 millions d'euros

En 2013, le train de vie du couple engendrait des dépenses annuelles de 15 à 20 millions d'euros, et la témoin avait notamment pour mission de réduire ce train de vie. Il arrivait de manière récurrente que le couple connaisse des problèmes de liquidité. Ainsi, la propriété d'Ohain avait été mise en vente et une réunion avait été organisée avec un cousin, pour obtenir de celui-ci un crédit-pont en attendant le produit de cette vente.

"Pour monsieur Ullens, tout ce qui traînait en cash était inutile, a raconté cette professionnelle des finances. Son patrimoine a toujours été investi et dès qu'une vente prenait du retard, on ne dormait plus. J'ai lutté pour lui expliquer que ce n'était pas tenable. Mais pour lui, il fallait investir dans des choses concrètes, et grandioses. C'était dans son ADN, c'était un entrepreneur. La partie la plus liquide de son patrimoine, c'était l'art. Mais une œuvre d'art, à ce niveau, pour la vendre, il faut au moins six mois…"

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À son décès, le patrimoine de Guy Ullens estimé à 100 millions d'euros

Guy Ullens, à un moment, avait créé une très importante collection d'art contemporain chinois. Il l'avait vendue en bonne partie, avec pour certaines œuvres des profits spectaculaires, et comptait, au moment des faits, reproduire ce schéma avec l'art digital, son but étant de constituer la plus grande collection du monde.

À son décès, a affirmé cette employée devant la cour d'assises, le patrimoine de Guy Ullens aurait été estimé à 100 millions. Avec des réserves concernant l'évaluation des œuvres d'art numériques. "Certains vous diront que ça ne vaut rien, d'autres que cela vaut le prix d'achat, et d'autres encore que Monsieur était un visionnaire et que cela vaut beaucoup d'argent", a précisé la témoin.

Les infos de ce mardi en direct:

"Ma belle-mère pouvait être extrêmement désagréable"

"Je pense que ma belle-mère pouvait être extrêmement désagréable et qu'au bout d'années d'abus, ça a traversé ses barrières", poursuit Philippe. "C'était le dernier à être resté la maison, Nicolas et son père étaient bon copains. Quand il a changé de femme, il a tout perdu", enchaîne l'épouse de Philippe, qui témoigne à ses côtés. 

"Il paraissait de très bonne humeur"

"On voudrait exprimer nos condoléances à la famille de la victime. C'est quelque chose de tragique. J'avais vu mon frère un mois auparavant. Il m'avait parlé d'une série de projets d'expansion dans son métier. Il paraissait de très bonne humeur. Il était pleinement occupé. Il a dû se passer quelque chose d'extraordinaire pour qu'il pète les plombs."

"Tout le matériel pour le mur de Berlin est arrivé avec une vitesse affolante"

"Tout le matériel pour construire le mur de Berlin  est arrivé avec une vitesse affolante. Jamais quelqu'un n'avait osé mettre des chiens de garde sur le domaine de Tervueren (la maison familiale). On pouvait aller et venir comme on voulait avant et d'un coup, je devais prendre rendez-vous pour voir mon père", rappelle-t-il.

" Il y a une copine qui est apparue à Pékin, l'autre à Séoul, une autre à Paris... "

"J'ai travaillé en tant que consultant pour lui. La sucrerie nous a amené à voyager en France, en Chine, etc. Il y a une copine qui est apparue à Pékin, l'autre à Séoul, une autre à Paris... Alors quand une est apparue à Bruxelles et ne voulait pas une de plus sur la liste, nous n'étions pas très étonnés"

"C'est bon j'ai fini avec cette famille, je peux enfin vivre ma vie"

"J'ai un caractère indépendant, je n'étais pas très proche de mon père. Quand on reçoit des coups en étant enfant, on compense. J'ai demandé à mon grand-père à m'apprendre à jouer aux échecs. Quand j'ai commencé à le battre, je suis passé au père. J'ai enfin pu lui rendre les coups, sur l'échiquier. J'ai ensuite commencé la gym, il a essayé une dernière fois de s'en prendre à moi mais il a fini écrasé dans le mur du salon. Cela ne l'a pas empêché de continuer avec ses mots", expose-t-il.

"Je l'ai entendu dire au mariage de Nicolas, 'c'est bon j'ai fini avec cette famille, je peux enfin vivre ma vie'", se souvient-il. Le mariage de l'accusé correspond à la séparation avec leur mère.

"Je suis le seul sur qui il a pu s'énerver physiquement"

"On avait une chance considérable d'avoir des grands-parents maternels formidables. Tant qu'ils étaient présents dans le système, celui-ci est resté en place. Mon père avait 20 ans quand il a appris que j'arrivais et je pense qu'il n'avait pas vu la vie comme ça. Des quatre enfants, je suis le seul sur qui il a pu s'énerver physiquement. J'ai fait une thérapie pendant quinze ans, ça m'a permis de comprendre des choses. Quand votre père n'a pas profité d'amour maternel, ça donne une personne particulière", note Philippe.

Philippe Ullens, le fils aîné du baron éponyme arrive à la barre

"Philippe Ullens, 70 ans, je vis en Angleterre. Je suis le frère de Nicolas", annonce-t-il ce mardi. Comment a-t-il appris pour la mort de Myriam? "Ma soeur m'a téléphoné, j'étais chez ma fille en Espagne.  Je ramassais des objets dans le salon, j'ai mis dix minutes à me relever tellement j'en avais les jambes coupées", décrit-il

L'audience reprendra d'ici quelques instants

L'audience reprendra d'ici quelques instants avec les témoignages des frères et de la soeur de Nicolas Ullens, accusé de l'assassinat de Myriam Lechien, abattue de six balles devant sa villa à Lasne, le 29 mars 2023. 

L'audience est suspendue jusque 14h30

L'audience est suspendue jusque 14h30.

"Cela a été un instant où ça a déraillé dans sa tête"

"Mon père a clairement exprimé des regrets, de la déception de lui-même. Cela a été un instant où ça a déraillé dans sa tête. Quand il a repris ses repères, il s'est rendu compte, il s'est excusé envers nous", note Louise. 

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