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Procès de l’incendie de Saint-Laurent-de-la-Salanque : le contrat d’assurance au centre des débats - ICI

L'ex-assureur de l'épicerie incendiée le 14 février 2022 a longuement témoigné ce jeudi devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. La thèse d'une tentative d'escroquerie à l'assurance reste le scénario privilégié par l'accusation.

Publié le jeudi 8 octobre 2026 à 23h33 Mis à jour le vendredi 9 octobre 2026 à 7h59

L'ex-assureur de l'épicerie incendiée le 14 février 2022 a longuement témoigné ce jeudi devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. La thèse d'une tentative d'escroquerie à l'assurance reste le scénario privilégié par l'accusation.

Il est resté sous le feu roulant de questions pendant deux heures et demie. L'audition de l'ancien assureur de l'épicerie incendiée à Saint-Laurent-de-la-Salanque en février 2022 a occupé la cour d'assises des Pyrénées-Orientales pendant une longue partie de l'après-midi ce jeudi. Le quinquagénaire est partie civile dans ce procès et se considère comme une "victime collatérale" du drame qui a tué huit personne. Il est apparu, dans un premier temps, fébrile et angoissé à la barre, comme conscient d'être un témoin-clé dans cette affaire. La tentative d'arnaque à l'assurance étant le mobile avancé par l'accusation.

Son agence était située juste en face de l'épicerie. Le gérant de l'épicerie, l'accusé Khaled Ben Abdeljelil, était l'un de ses clients. Un client qui accumulait plusieurs mois d'impayés. Le contrat d'assurance avait ainsi été suspendu en janvier 2022, avant d'être réactivé le 8 février, six jours seulement avant l'incendie meurtrier.

"C'est Khaled qui est venu me voir... on a fait un avenant", explique l'ancien assureur. Cet avenant prévoit notamment des montants de garantie plus importants. "Êtes-vous allé vérifier si ça correspondait ?" demande la présidente. "C'est du déclaratif..." Les éléments de sécurité ? "J'ai demandé, mais je ne suis pas technicien." Autre point soulevé à l'audience : le chiffre d'affaires déclaré, en nette augmentation par rapport au précédent. "Le magasin s'était bien développé pendant le Covid" explique le témoin.

"J'ai perdu la confiance en les autres"

De ce contrat, il ne reste aucun document signé, l'épicerie ayant brulé et l'agence ayant été fortement endommagée. Pas sûr, même, que l'avenant ait été définitivement validé, estiment les avocats de Khaled Ben Abdeljelil pour qui le montant du chiffre d'affaires déclaré à l'assurance (135.000 euros) n'a rien d'extravagant. "Il avait déclaré 105.000 euros au Fisc en 2019", avance Me Paul Gallix.

"On privilégie l'encaissement des contrats à l'évaluation des risques" remarque encore la présidente. "Vous avez raison" répond l'ancien agent avec sincérité. "J'ai fait mon boulot en suivant les procédures", assure-t-il, expliquant qu'il n'avait, dans un premier temps, jamais imaginé que l'incendie puisse être d'origine criminelle. "Quand j'ai été entendu par les gendarmes quelques jours plus tard et que j'ai compris qu'il y avait des soupçons, je suis ressorti en tremblant."

Cette affaire l'a profondément marqué. "J'ai perdu pas mal d'illusions et de confiance en les autres avec cette affaire", confie-t-il à la cour. Peu de temps après le drame, le quinquagénaire a d'ailleurs quitté le secteur des assurances.

Ce vendredi, plus d'une semaine après l'ouverture du procès, les trois accusés seront entendus sur les faits.

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