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“Être un peu plus imprévisibles” : Agen veut franchir un cap

Terminées les années de reconstruction, les Agenais ne repartent pas d’une feuille blanche cette année. L’an II du projet Reggiardo est en marche et il faudra désormais confirmer les belles promesses entrevues la saison passée. L’objectif est de faire mieux que 7e. Donc, se qualifier…

Terminées les années de reconstruction, les Agenais ne repartent pas d’une feuille blanche cette année. L’an II du projet Reggiardo est en marche et il faudra désormais confirmer les belles promesses entrevues la saison passée. L’objectif est de faire mieux que 7e. Donc, se qualifier…

"Moi, je dis toujours qu’il faut faire mieux que l’année d’avant. Donc quand tu finis à la septième place, mieux, c’est au moins sixième." Mauricio Reggiardo a terminé les fondations de son groupe. Lors de sa première année, il a ramené le SUA de la 14e à la 7e place. Surtout, son équipe a réconcilié ses supporters avec le rugby à l’agenaise.

Désormais, il faut confirmer. Et pour confirmer, il faut se vouloir ambitieux. C’est le message que s’attache à faire passer le staff. "Oui, l’objectif est bien celui-ci, confirme Guillaume Jan. Après, on va déterminer ça clairement avec le groupe. On part en stage après la semaine de coupure. On va fixer ça ensemble. Pour l’instant, on n’a pas évoqué cela, ni du staff vers le groupe, ni du groupe vers le staff. Mais les objectifs vont clairement se déterminer à ce moment-là."

Pour y arriver, Guillaume Jan a décidé d’approfondir le système de jeu proposé l’an dernier : "La philosophie globale va rester la même. Après, il faut qu’on soit meilleur dans plusieurs secteurs. Il y aura des choses qui devront être un peu modifiées pour être un peu plus imprévisibles et améliorer certains secteurs où on a pu être un peu défaillants." De quelles défaillances parle-t-on ? "Il faut qu’on soit un peu plus précis quand on rentre dans la zone de marque. Un peu plus précis, un peu plus collectif et que les joueurs soient déterminés à scorer. Il faut qu’on soit aussi capable, par moments, de mieux gérer nos temps faibles. Sur une première année, c’était un peu normal qu’on soit défaillant là-dedans puisqu’on voulait beaucoup jouer. Il y a des moments où on a peut-être un peu surjoué dans certaines zones. Il faut trouver le bon équilibre", confie l’entraîneur de l’attaque. Ce manque de réalisme sur certaines rencontres a probablement coûté la sixième place aux Agenais l’an passé. C’est donc là-dessus que le staff veut faire progresser le groupe.

Un calendrier démentiel

Pour se montrer plus imprévisible, le SUA a déjà réussi à garder la plupart de ses cadres et de ses jeunes. "Le fait d’avoir peu de changements dans notre effectif m’a permis de tout de suite d’amener des choses un peu nouvelles", poursuit Jan. Seuls Alex Burin et Evan Olmstead, titulaires l’an passé, sont partis. Pour le reste, on prend les mêmes, et on recommence. Et c’est justement cette stabilité et donc ces automatismes qui parlent en faveur des Agenais. Le technicien l’assure mais nuance : "On va y aller doucement quand même parce que ce n’est jamais facile de changer beaucoup de choses en même temps. Mais ça m’a permis de mettre en place la réflexion que j’ai eue pendant l’intersaison et de proposer des choses un petit peu nouvelles dans notre animation."

L’objectif étant le même que toutes les autres équipes : répondre présent dès la première journée de championnat ; et ainsi ne pas revivre le même démarrage que l’an dernier à Nevers (54-17). Cette fois-ci, le début est démentiel : une première à Provence Rugby, avant de recevoir Brive, d’aller à Grenoble et d’accueillir Oyonnax… "Oui, ce n’est pas facile. C’est le moins que l’on puisse dire. Mais ces matches-là, ce sont des équipes qu’on devra jouer quoi qu’il arrive dans la saison. C’est vrai qu’on a de grosses échéances dès le début du championnat", admet Jan. Dès les premiers coups de boutoir, on saura si ce SUA-là a les armes pour rivaliser avec les meilleurs. "Mais j’ai confiance en nos qualités", promet Lucas Martins. Rares ont été les dernières intersaisons lors desquelles les Agenais sont apparus aussi sereins. À eux de le confirmer sur le terrain dans quelques semaines.

La fiche : Sporting Union Agen Lot-et-Garonne

Président de la SASP : Jean-François Fonteneau
Vice-président : Frédéric Pechavy
Président de l’association : Gilles Bertrandias

Budget de la SASP : 11,4 millions d’euros
Principaux partenaires : Péchavy, Fondation Clara, Oeuf Gascon
Équipementier : Hummel - O’Sport
Contrats professionnels : 32
Contrats espoirs : 14

Manager : Mauricio Reggiardo
Entraîneurs : Dave Ryan (mêlée et défense) ; Rémi Vaquin (touche et rucks) ; Guillaume Jan (attaque et trois-quarts)
Conseiller technique en charge du jeu au pied : Julien Gauthier
Responsables performance : Bertrand Lartet, Anthony Rey
Préparateurs physiques : Jordan Barrin, Morgane Cailliau, Paul Ceret
Analystes vidéo : Julien Gauthier, Benjamin Pechambert, Nils Mathieu Berand
Team Manager : Charlotte Ruano
Médecin : Pascal Le Bleis
Kinés : Julien Gritti, Alexandre Crouet
Intendant : Philippe Nepveux
Entraîneurs des espoirs : Quentin Béthune, Olivier Sverzut, Thibaud Mazzoléni

Les prêts sont à la mode

Le manager Mauricio Reggiardo voulait faire baisser la masse salariale de son équipe. Il a donc fallu trouver un nouveau modèle économique, notamment en termes de recrutement. S’il a fait de jolis coups à l’image de Jules Soulan Bouyssou ou encore Charles Laloi, la solution est surtout venue des prêts de joueurs. De fait, il a réussi à attirer le troisième ligne Romain Delemarle et le pilier Adam Bouaré depuis Montpellier, mais aussi le troisième ligne Sialevailea Tolofua et l’ouvreur Lucien Richardis de Toulouse. Et dernière trouvaille en date, c’est le pilier droit international argentin U20, Gael Galvàn, qui débarque de La Rochelle. En somme, des joueurs qui n’auraient peut-être jamais rejoint le SU Agen si cette possibilité de prêt n’existait pas. Des éléments qui pourraient également rester dans le Lot-et-Garonne sur la durée, si jamais une ouverture venait à se présenter dans le futur. 

Quels espoirs suivre ?

Comme chaque année, plusieurs espoirs ont pris part à la présaison avec le groupe professionnel. Et comme chaque année, le staff fera probablement confiance à ces jeunes joueurs en cas de besoin. Ce fut le cas pour Mathias Jean, Enzo Serieyssol, Andrea Lucchini et Ollie Cummins l’an dernier, ce pourrait être le tour d’autres éléments cette année. L’on pense forcément à l’arrière Tom Delalain, qui s’est illustré avec l’équipe de France U18 et dont on dit le plus grand bien. Le fils de Sébastien Calvet, Elliot, pourrait également avoir son mot à dire. Le talonneur espagnol Iván Farace-Fabre et le pilier droit Alexandre Everaert sont aussi des éléments à suivre de près. À gauche de la mêlée, le repositionnement de l’ancien talonneur Bastien Darré pourrait s’avérer concluant alors que l’international U20 géorgien, Archil Nozadze, est suivi de très près par Mauricio Reggiardo et son staff.