Les enseignements de la soirée : Oyonnax un leader inoxydable, Colomiers s’amuse
Leader incontestable de l'antichambre les Oyomen ont une nouvelle fois assumé leur statut en l'emportant avec le bonus offensif malgré le retour du VRDR. Après un match emballant, Biarritz a manqué l'occasion de l'emporter en fin de match face au SA XV.
Leader incontestable de l'antichambre les Oyomen ont une nouvelle fois assumé leur statut en l'emportant avec le bonus offensif malgré le retour du VRDR. Après un match emballant, Biarritz a manqué l'occasion de l'emporter en fin de match face au SA XV.
Le finish de la soirée : le bonus inespéré d'Oyo'
Pour tout vous dire, nous étions prêts à écrire "l'entame de la soirée" au sujet d'Oyonnax. Portés par un grand Luka Matkava dans les toutes premières minutes, les Aindinois se sont rapidement détachés devant leur public de Mathon. Avec un score de 21-0 au quart d'heure de jeu, les locaux avaient de quoi voir venir. Mais c'était compter sur la rébellion d'une équipe de Valence Romans pleine d'orgueil. Petit à petit, le VRDR a grignoté son retard, jusqu'à se retrouver à cinq petits points à la 72e minute.
Les Drômois pouvaient-ils achever leur folle remontée et s'imposer à la surprise générale ? Les Oyomen en ont décidé autrement. Le génial Matkava marquait un essai libérateur à cinq minutes du terme. Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? C'est ce que s'est dit Jules Solinas, au moment d'aplatir un essai quelques secondes après. Forts de ces deux réalisations, Oyo' pouvait maintenant rêver de bonus ! Un rêve devenu réalité après la sirène, lorsqu'Iñaki Ayarza finissait à son tour dans l'en-but (51-25). Impensable et inespéré.
Le Jimmy Vicaut de la soirée : un sprint de 9 secondes mais une défaite pour Montauban
Qui a dit que les meilleurs sprinters du monde étaient Jamaïcains ? Ce vendredi, le Sud-Africain JT Jackson a fait parler la poudre pour marquer l'essai le plus rapide de la saison. Sur la pelouse de Dax, c'est dès le coup d'envoi de la partie que le centre montalbanais a profité d'une approximation dacquoise pour cueillir le ballon et foncer vers l'en-but. Résistant aux retours de Réteau et Séguy, Jackson aplatissait en coin alors que le chronomètre n'affichait que 9 petites secondes de jeu.
Mais à l'instar de notre bon vieux sprinteur français Jimmy Vicaut, faire un chrono de 9 secondes n'est pas toujours synonyme de victoire, surtout quand on fait face à de coriaces adversaires. Dominant au sol et bien plus efficace, Dax a rapidement retourné le match en inscrivant trois essais dans le premier quart d'heure. Dans une rencontre folle, marquée par une énorme indiscipline des deux côtés (quatre cartons jaunes, deux rouges, un orange), les locaux se sont logiquement envolés (54-28). À noter pour la petite histoire que Jackson, auteur d'un doublé ce vendredi, aurait pu réitérer son exploit du début de match lors d'une action extrêmement similaire à la 14e minute. Mais le centre a cette fois été arrêté avant de pouvoir plonger dans l'en-but.
La fin de match de folie de la soirée : Béziers, un réveil trop tardif et une inquiétude
Il faudra prendre le temps d’analyser cette rencontre pour comprendre comment les Biterrois ont pu passer autant à côté de leur match pendant près d’une heure. Cette rencontre était pourtant cruciale pour les Héraultais, déjà battus à domicile lors de la première journée. Sans faire offense aux Cantalous, Aurillac n’est pas Oyonnax, et les hommes de Gurthrö Steenkamp pouvaient légitimement espérer décrocher quatre points précieux pour se donner de l’air au classement. Mais les coéquipiers de Ben Houston ont su profiter des erreurs adverses pour prendre le large, à l’image de l’essai d’Hadinegoro, consécutif à une bourde de l’ouvreur Laharrague en fin de première période.
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Pour en revenir à notre enseignement, et donc à cette fin de match folle, les Biterrois ont pourtant fini par y croire. D’abord grâce à l’essai en force de Kitwanga à quatre minutes du terme (17-25), puis à celui de Mechentel, à quelques secondes de la sirène, après un bon travail de Laharrague dans la défense adverse. Ce même Laharrague qui avait pourtant manqué, une minute plus tôt, une pénalité qui aurait permis à son équipe de s’accrocher au bonus défensif. Aurillac, qui pensait se diriger vers une victoire tranquille, a finalement dû défendre sur un dernier renvoi. Mais malgré ce bonus défensif arraché au bout du suspense (24-25), Béziers reste dans le dur et inquiète, aussi bien au classement, où le club pointe en fond de grille à égalité de points avec Narbonne, que dans le contenu proposé. D’autant que le calendrier à venir n’incite guère à l’optimisme, avec des déplacements à Aix et à Colomiers, entrecoupés de la réception de Grenoble.
Le souvenir de la soirée : chistera, jeu débout, initiatives, Colomiers se rappelle au bon vieux temps
Le temps d’une soirée (ou d’une grosse mi-temps), le public de Bendichou a retrouvé son équipe, celle qui l’avait tant enthousiasmé la saison dernière, et même la précédente, avec son identité de jeu offensive, réjouissante à souhait, et ce plaisir communicatif pris par l’ensemble des acteurs. À la peine depuis le début de la saison, barragiste au coup d’envoi de cette 7e journée, Colomiers avait pourtant la pression sur les épaules face au promu narbonnais. Mais celle-ci semble avoir libéré les esprits. En tout cas, Colomiers n’a pas eu froid aux yeux et s’est fait plaisir, notamment lors d’une première période à sens unique (35-0).
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Un exemple parmi d’autres ? L’incroyable chistera de Seamus Bardoul depuis ses 22 mètres, après un turnover, provoquant le déséquilibre et la conclusion de Jules Danglot 80 mètres plus loin. Il faudra évidemment nuancer cette belle victoire en soulignant la prestation très décevante de Narbonne, promu de Nationale, et même le deuxième acte, moins magistral. Il n’empêche, le temps de quelques minutes et d’une belle soirée comme il y en a eu peu depuis fin août, la Colombe a retrouvé son équipe (49-28). Et si elle n’est pas encore complètement guérie, elle sort déjà de la zone rouge et cela pourrait changer beaucoup de choses pour la suite de la saison.
L'interception de la soirée : Finau assomme les Niçois
C'était un match de tous les extrêmes entre Provence Rugby, grand favori annoncé, et Nice, promu dans l'antichambre. Mais si le début de rencontre était bien en faveur des coéquipiers de Francis Saili, c'est bien Joris Cazenave qui inscrivait les premiers points de la partie après un bon service de Setareki Bituniyata placé sur l'aile pour l'occasion.
Surtout, quelques instants plus tard, c'est son habituel coéquipier du centre Inga Finau qui marquait l'essai de la rencontre. Derrière une touche au centre du terrain, Jean-Pascal Barraque voulait servir Francis Saili au cœur du jeu. Mais le centre aixois avait tout lu et venait intercepter cette passe. On ne le reverrait plus. Alors qu'ils étaient pourtant bien entrés dans ce derby, les Niçois se voyaient mener de 14 points face à l'ogre de ce championnat et prenaient un énorme coup sur la tête. Le carton jaune reçu par le centre néo-zélandais redonnait un peu d'espoir aux Azuréens, et Clément Egiziano remettait les siens à quatre petits points, mais les vice-champions de Pro D2 reprenaient vite leur avance. Nice est parti de trop loin pour y arriver. Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
La crise de la soirée : Nevers creuse
Il est fini le temps des défaites encourageantes. Il y a quelques semaines, Xavier Péméja prenait soin de calmer tout le monde malgré les défaites qui s'enchaînaient. Le manager de l'Uson rappelait que les autres équipes ne décollaient pas vraiment plus haut et que ses joueurs avaient toujours su décrocher un point de bonus défensif et surtout qu'ils n'avaient affronté que des cadors au Pré-Fleury. Mais voilà, Oyonnax a fait exploser le verrou, Nice a montré que les petits gagnaient aussi et maintenant c'est Agen, qui jusqu'ici n'avait pas encore montré toutes ses qualités, qui est venu s'imposer dans la Nièvre.
Depuis trois journées, les très fines certitudes des Nivernais ne sont plus et cette nouvelle défaite (38 à 7) a encore montré à tous les lacunes de l'Uson. L'équipe de Péméja est trop naïve, capable d'attaquer, d'imposer de longues séquences à son adversaire sans jamais les bonifier. À l'image de ce maul à cinq mètres de la ligne agenaise, disputé en supériorité numérique, qui termina finalement en touche... Surtout, les coéquipiers de Varian Pasquet encaissent des essais beaucoup trop facilement. Cette fois, la crise est bien là.
Les manqués de la soirée : Biarritz peut avoir des regrets
La pluie diluvienne qui est tombée sur Aguiléra n'aura pas freiné ces deux équipes venues pour gagner, aucune n'y est parevenue, et jouer, les deux l'ont fait. La rencontre démarrait sur des chapeaux de roues, et les hommes d'Alexandre Ruiz frappaient les premiers grâce à deux pénalités, mais Sione Vailanu remettait les siens dans le sens de la marche. S'en suivait un mano à mano qui allait durer toute la première mi-temps et avec quatre petits points d'avance à la pause, rien n'était fait pour les Biarrots. Surtout quand les Charentais reprenaient la tête à 20 minutes du terme.
Mais voilà, à domicile les hommes de Boris Bouhraoua s'offraient les occasions de bien terminer. Il y avait déjà cet incroyable 50-22 trouvé par Kylian Jaminet depuis ses propres 22 m, pas converti après une touche manquée. Surtout, alors que la sirène avait sonné, François Mur grattait un nouveau ballon et récupérait une pénalité à 40 mètres en face des poteaux. Une nouvelle occasion de plier l'affaire complètement manquée par Iban Laclau. Les Biarrots auront joué, mais pas gagné.