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Présidentielle au Brésil : Lula décroche un quatrième mandat, son rival conservateur Flavio Bolsonaro souhaite annuler le scrutin

Au terme d'un second tour inédit, Luiz Inacio Lula da Silva a déjoué tous les pronostics en décrochant un quatrième mandat présidentiel face à Flavio Bolsonaro. Mais cette victoire historique du vétéran de gauche est d'ores et déjà contestée par le candidat conservateur, qui dénonce des fraudes et demande l'annulation du scrutin.

l'essentiel Au terme d'un second tour inédit, Luiz Inacio Lula da Silva a déjoué tous les pronostics en décrochant un quatrième mandat présidentiel face à Flavio Bolsonaro. Mais cette victoire historique du vétéran de gauche est d'ores et déjà contestée par le candidat conservateur, qui dénonce des fraudes et demande l'annulation du scrutin.

Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu ce dimanche 25 octobre, décrochant contre toute attente un quatrième mandat inédit, mais son rival conservateur Flavio Bolsonaro a annoncé son intention de faire annuler le scrutin. C'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985) : le Brésil n'a donc finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump. Il reste l'un des rares bastions progressistes en Amérique latine.

Botamos pra virar, Brasil! \ud83c\udde7\ud83c\uddf7\u2764\ufe0f

Fizemos história nas ruas e nas urnas, com o povo como protagonista de uma caminhada que ainda tem muito pela frente. A democracia venceu, a esperança se fortaleceu e o Brasil segue em frente.

Essa vitória é nossa. E vamos fazer muito mais… pic.twitter.com/XynKtfbsNP

— Lula (@LulaOficial) October 26, 2026

Avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran qui aura 81 ans mardi a déjoué tous les pronostics. Et conquis 4,4 millions de voix de plus que son adversaire. Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'État.

"La générosité de la jeunesse brésilienne"

Les Brésiliens "sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie", a lancé Lula depuis la mégapole Sao Paulo. La voix plus éraillée que jamais, il a remercié "la générosité de la jeunesse brésilienne", qui dans l'entre-deux-tours est descendue dans les rues et s'est mobilisée sur les réseaux sociaux pour obtenir une "virada", comme les Brésiliens appellent une remontada dans un match de foot. Pour son quatrième mandat, la marge de manœuvre du chef de l'État s'annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.

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La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale. Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures. L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.

Une "magouille" ?

"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats. Depuis Brasilia, il a fustigé une "magouille". Son camp avait pourtant également réclamé une prolongation du vote dans deux régions, en raison de "pluies intenses". Son père avait lui aussi refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. Il purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée.

Lula détenait déjà un record : aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le Brésil. Celui qui est un des dirigeants les plus âgés au monde aura 85 ans au terme de son dernier mandat en 2030. Il totalisera ainsi 16 années au pouvoir, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.