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Présidentielle 2027. « Un projet que je soumets aux Français » : Bernard Cazeneuve avance vers une candidature

L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve va mettre en ligne vendredi une longue lettre programme dans laquelle il fait un grand pas vers la présidentielle, sans pour autant être candidat de façon officielle et définitive.

Bernard Cazeneuve fait un pas de plus vers une candidature à la présidentielle. Il va publier ce vendredi 17 juillet une « lettre aux Français et aux Françaises » dans laquelle il présente ce qui s’apparente à un programme présidentiel. L’ancien Premier ministre de François Hollande n’a jamais caché son ambition élyséenne. « Ma lettre dit le projet que je soumets aux Français et qui m’engage. C’est donc par un contrat qui me lie aux Français que je présente ma candidature, non par des habiletés tactiques, moins encore par la projection d’un “moi” de plus… », déclare-t-il dans un entretien ce jeudi au Parisien - Aujourd'hui en France. Une déclaration faite alors que François Hollande et Raphaël Glucksmann sont eux aussi en train d’accélérer vers la course à l’Élysée.

Celui qui a quitté le Parti socialiste (PS) car il est en désaccord avec Olivier Faure, son premier secrétaire, qu’il considère comme ambigu dans sa relation avec La France insoumise (LFI), s’est préparé méthodiquement. D’abord en créant son parti, La Convention. Ensuite en se déplaçant partout en France, depuis de longs mois. Enfin, en faisant des propositions, qu’il détaille dans cette longue lettre (*) intitulée « Tenir les promesses de la France ».

« Le pays n’est pas brisé »

De ses déplacements, Bernard Cazeneuve dresse le constat d’une France affaissée mais pas effondrée. Il ne se place pas dans le camp des déclinistes. « L‘écart entre la France promise et la France vécue n’est pas une fatalité », écrit-il. Pour lui, « le pays n’est pas brisé : il est mal gouverné, mal représenté, mal considéré ». Pour justement montrer sa considération, il écrit. Il partage son regard sur la France et avance une trentaine de mesures, réunies en trois chantiers qui pourraient résumer ses priorités : « protéger les vies », « remettre l’État en état », et « rebâtir les souverainetés ».

Retraites (avec des négociations sur la durée de cotisation plutôt que sur le recul de l’âge légal), retour du septennat, justice, agriculture, éducation, IA, pouvoir d’achat, dette, sécurité, décentralisation, Europe, etc. Bernard Cazeneuve n’omet rien des sujets qui doivent selon lui être tranchés pour l’avenir de la France à 20 ans. « La France dans 20 ans, non celle des discours mais celle où une génération hériterait d’une école qui tient ses promesses, d’un État qui répond, d’une société qui a cessé d’avoir peur », écrit l’ancien Premier ministre dans sa lettre.

Une lettre dans laquelle il parle aussi de politique. Celui qui est viscéralement anti-LFI renvoie l’extrême gauche et l’extrême droite dos à dos : « Chacun prospère de la peur que l’autre suscite. Chacun fait la fortune de l’autre en feignant de le combattre. » S’assumant social-démocrate, Bernard Cazeneuve ne se déclare pas pour autant candidat formellement. Sa lettre est rédigée pour entamer un dialogue avec les électeurs, notamment ceux qui se sont éloignés de la politique. Le sera-t-il prochainement de façon plus affirmée ? La façon dont sera reçue cette lettre-programme, sera sans doute déterminante.

(*) Lettre à lire dès ce vendredi 17 juillet sur le site de La Convention, le parti de Bernard Cazeneuve.