Présidentielle 2027. « Que des mauvaises solutions » : Les Écologistes dans le flou à huit mois du scrutin
Entre orages et chaleur étouffante, la crainte de voir l'extrême droite arriver au pouvoir taraude tous les militants écologistes présents aux journées d'été à Grenoble, divisés, comme les cadres du parti, sur ...
Entre orages et chaleur étouffante, la crainte de voir l'extrême droite arriver au pouvoir taraude tous les militants écologistes présents aux journées d'été à Grenoble, divisés, comme les cadres du parti, sur le choix à faire pour la présidentielle. « Il n'y a que des mauvaises solutions sur la table », juge Christian Metairie, 73 ans, qui comme tout le monde, s'interroge. Faut-il préférer le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, comme le souhaite la députée Sandrine Rousseau, ou celui de la social-démocratie Raphaël Glucksmann, qui va bientôt se déclarer et que préfère le sénateur Yannick Jadot ?
« Il y a une situation assez angoissante pour tous ceux qui pensent au risque d'extrême droite », admet l'ancien maire d'Arcueil (Val-de-Marne). Mais « se rallier à l'un ou l'autre, c'est contribuer à la désunion, on est sûr de perdre », estime-t-il, dans la lignée de la patronne des Écologistes Marine Tondelier. Selon lui, il y a « un rejet très fort » des deux candidats chez les Écologistes, mais « certains rejettent l'un plus que l'autre ».
« Des candidatures de témoignage »
Même s'il reconnaît qu'une candidature écologiste ne gagnera pas non plus, il ne « l'exclut pas ». « De toute façon il n'y aura que des candidatures de témoignage », dit-il, saluant en Marine Tondelier une « bonne secrétaire nationale ». Mais même si cette dernière a été accueillie par des « Marine présidente » lors de son discours vendredi, « la présidentielle n'a jamais été une bonne élection pour nous », regrette-t-il.
Alors, il approuve le courrier que la direction du parti a envoyé aux autres formations de gauche, pour discuter du programme et trouver un chemin commun. « Sinon, on va droit dans le mur », prédit-il, rêvant d'un « sursaut », comme en 2024 avec la création du Nouveau Front populaire.
Alima, 60 ans, a la même espérance. Mais « on se retrouve avec la gauche la plus bête du monde », déplore la militante d'Argenteuil (Val d'Oise), qui ne veut pas donner son patronyme. Elle plaide pour « une candidature de rupture et une union la plus large possible », mais personne ne trouve grâce à ses yeux, pas même Jean-Luc Mélenchon, qui a « un ego surdimensionné ». Ni Marine Tondelier, jugée « dans le système ».
« Je fais avec la réalité »
À l'inverse de ce pessimisme, Adrien Potocnjak-Vaillant considère au contraire la cheffe des Écologistes comme la candidate idéale, certain que son parti se dirige vers une candidature autonome. Cet artiste de 41 ans aux cheveux longs pense qu'après la pire crise climatique du pays, « on est en train de prendre le leadership à gauche. Dans les faits, pas dans les urnes », concède toutefois cet originaire de Chambéry. « On doit s'émanciper des autres forces », assure-t-il.
Les critiques envers Jean-Luc Mélenchon ne sont « pas insurmontables » pour Aurore Barbier, 27 ans, car « la priorité est ailleurs et le quotidien des Français trop malmené ». Même si « tout le monde est confus » et que le parti est « divisé sur Jean-Luc Mélenchon », « pour les jeunes » comme elle « c'est LFI », explique cette militante parisienne qui souhaite que les Écologistes entament rapidement un « dialogue de fond » avec la formation radicale.
Et pas question de rallier Raphaël Glucksmann, qu'elle juge « parti dans un truc néo-libéral. On a toujours été plus à gauche que les socialistes », insiste celle qui a rejoint les Écologistes en 2024, avec la « vague Tondelier ». « Bien sûr que j'ai envie d'une candidature écologiste », relève-t-elle, « mais je fais avec la réalité ».