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Présidentielle 2027 : LFI comme “éléphant dans la pièce”, passe d’arme sur l’économie… Les temps forts du débat de la primaire de la gauche

Les cinq candidats à la primaire sociale-démocrate se sont affrontés lors d’un deuxième débat télévisé de deux heures, jeudi 30 septembre sur France 2 et France Inter. Alliance avec La France insoumise, qualification des actions à Gaza et accusations contre Jordan Bardella… Voici les temps forts de cette rencontre.

Les cinq candidats à la primaire sociale-démocrate se sont affrontés lors d’un deuxième débat télévisé de deux heures, jeudi 30 septembre sur France 2 et France Inter. Alliance avec La France insoumise, qualification des actions à Gaza et accusations contre Jordan Bardella… Voici les temps forts de cette rencontre.

Les cinq candidats à la primaire de la gauche sociale-démocrate se sont fait face, jeudi 30 septembre. Après un premier débat il y a une semaine sur LCI, l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel se sont affrontés une nouvelle fois, pendant plus de deux heures sur France 2 et France Inter.

Retour sur cet échange sous haute tension.

LFI comme "éléphant dans la pièce"

Comme lors de cette première rencontre, ils se sont de nouveau divisés jeudi autour de La France insoumise, avec un affrontement de plus en plus intense entre Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. Interrogé sur une éventuelle alliance avec la gauche radicale, le patron des socialistes Olivier Faure s’est agacé de "l’éléphant dans la pièce" que serait selon lui Jean-Luc Mélenchon.

"J’ai du mal à comprendre pourquoi à chaque débat entre nous le vainqueur par contumace ce devrait être" le leader insoumis, a-t-il déploré en rappelant que le risque était d’abord celui d’une victoire du Rassemblement national en 2027, et qu’il y aura peut-être un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

"Tu es habité par l’esprit de défaite", lui a répliqué Raphaël Glucksmann, pour qui la clarté sur les alliances est essentielle. Le prochain président de la République ne pourra pas "jouer à une alliance avec ceux qui surfent sur des fièvres identitaires", a-t-il affirmé alors que son principal rival plaide pour un rassemblement de la gauche aux législatives. "Moi je veux gagner cette élection pour être élu président de la République", a insisté Raphaël Glucksmann. "Moi aussi", a répondu Olivier Faure. "Je ne crois pas", a cinglé l’eurodéputé.

"Tu mets toute la gauche dans la panade", a lancé aussi le député Jérôme Guedj à Olivier Faure, en faisant "la danse du ventre" devant LFI. Le premier secrétaire du PS a lui rappelé avoir "repris le parti quand il était dans la poussière, et que tous les éléphants l’avaient déserté", affirmant être "le seul à pouvoir rassembler l’ensemble des forces de gauche". Dans une pique à Raphaël Glucksmann, qui compte d’anciens macronistes dans son entourage, il a lancé : "Si on veut rompre avec la politique actuelle, on ne s’entoure pas de gens qui ont participé à celle-ci".

"Utiliser les bons mots" pour Gaza

Un peu plus tôt, ils s’étaient déjà écharpés sur l’emploi du mot "génocide" pour qualifier les actions meurtrières de l’armée israélienne à Gaza. "Je ne comprends pas pourquoi on n’utilise pas les bons mots", a affirmé Olivier Faure, alors que Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent de l’employer. "Ce que tu fais est obscène", s’est indigné Raphaël Glucksmann.

Ségolène Royal, qui avait violemment attaqué ce dernier lors du premier débat à ce sujet, a dit cette fois comprendre "ceux qui ne veulent pas utiliser le mot génocide" mais souligné qu'"aujourd’hui en Israël, il y a des ministres qui affirment vouloir un génocide" à Gaza.

Jordan Bardella "disqualifié"

En matière économique, Raphaël Glucksmann s’était auparavant retrouvé en difficulté sur sa proposition de baisse de la CSG sur les salaires, critiquée par les autres candidats. L’eurodéputé veut le rapprochement du salaire net vers le salaire brut en baissant la CSG, le tout compensé par la taxation des méga héritages.

Ses concurrents voient rouge. Baisser les cotisations sociales, "les libéraux disaient que c’était pour baisser le coût du travail, désormais, comme Raphaël [Glucksmann], ils disent que c’est pour augmenter les salaires", cingle Olivier Faure. Le socialiste voit dans la proposition de son concurrent une mesure ponctuelle, "mais pas une mesure qu’on propose quand on est candidat à la présidentielle pour cinq ans".

Un avis que partage Ségolène Royal, qui renchérit : "C’est dangereux […] parce que c’est transférer vers le budget de l’État la protection sociale."

Des points d’accords

Tous les candidats se sont néanmoins retrouvés pour estimer que le patron du RN Jordan Bardella, accusé d’antisémitisme par le journal Mediapart, était désormais "disqualifié".

De même, ils ont condamné les violences en marge des mouvements lycéens, mais ont aussi déploré celles commises par certains policiers. Ils ont parallèlement refusé "le piège" consistant à focaliser les critiques sur LFI, accusée par le gouvernement et la droite d’attiser les débordements.

L’un des cinq sera désigné par les militants, les 9-10 et 16-17 octobre, candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle. Le premier débat sur LCI a été suivi par 709 000 téléspectateurs en moyenne. Un troisième et dernier aura lieu dimanche sur BFMTV.