Présidentielle 2027. Édouard Philippe visé par une campagne de désinformation russe
Le maire du Havre et candidat déclaré à la présidentielle 2027 a été la cible d'une opération de désinformation sur sa santé, pointant qu'il était atteint d'une « démence fronto-temporale ». ...
Le maire du Havre et candidat déclaré à la présidentielle 2027 a été la cible d'une opération de désinformation sur sa santé, pointant qu'il était atteint d'une « démence fronto-temporale ».
La rédaction -
Aujourd’hui à 08:15
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C’est une première pour un prétendant au scrutin présidentiel. Selon une source sécuritaire qui a confirmé l'information à l'AFP la semaine passée, corroborant des éléments déjà révélés par TF1, Édouard Philippe a été visé par une campagne de désinformation menée par un réseau prorusse. Plusieurs publications diffusées sur X, générées par intelligence artificielle et reprenant les codes visuels d'une chaîne d'information, affirmaient que le maire du Havre était atteint d'une « démence fronto-temporale », une maladie neurodégénérative. La rumeur a été démentie par son entourage.
Le post aurait été accompagné d’une vidéo dans laquelle une voix robotique slave affirmait que cette révélation « pourrait compromettre sa campagne présidentielle ». Quelques minutes plus tard, l’information aurait été reprise par plusieurs comptes connus pour diffuser régulièrement des fake news et de la propagande russe. Détectée mardi dernier, cette opération correspond, selon cette même source sécuritaire, à « la routine habituelle des attaques russes, qui ne passent jamais le mur du son », en raison de leur caractère « peu visible » et de « storytellings qui ne prennent pas car faciles à démentir ».
Risque d’ingérences « très aigu »
À l’origine de l’opération, il s'agit du réseau prorusse Storm-1516, régulièrement pointé du doigt par les autorités françaises et européennes. Selon Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères en France, il serait à l'origine de 205 opérations de désinformation menées depuis août 2023 dans l'Hexagone et dans d'autres pays européens.
Cette affaire intervient dans un climat de vigilance accrue. Le 8 juillet dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà exprimé ses craintes face à un risque d'ingérences étrangères qu'il jugeait « très aigu », à l'approche de la présidentielle. « Les peines aujourd'hui ne sont pas suffisamment dissuasives », avait-il notamment plaidé, annonçant vouloir « multiplier par trois les peines encourues pour celles et ceux qui commettent la production de faux contenus d'information en période électorale ».