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Présidentielle 2027. Dans son nouveau livre, François Hollande expose une « nouvelle gauche » et se prépare

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uFrançois Hollande sort ce jeudi un livre, Unir, dans lequel il fait des propositions pour 2027. Une vision de gauche réformiste et presque un programme pour l’ex-président, qui se prépare plus que jamais.

Nathalie Mauret -

Aujourd’hui à 07:10

François Hollande assume se préparer pour la prochaine présidentielle et prendra une décision en décembre. Photo Sipa/Jeanne Accorsini
François Hollande assume se préparer pour la prochaine présidentielle et prendra une décision en décembre. Photo Sipa/Jeanne Accorsini

La primaire de la gauche sociale-démocrate se fera sans lui. François Hollande, qui assume « se préparer » sans pour autant se déclarer pour la présidentielle, sort ce jeudi un livre consacré à sa vision du pays (*). Il laisse au Parti socialiste (PS) et à Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, le soin de s’écharper. L’ancien président de la République, qui cultive sa position de surplomb, porte ses idées. En 300 pages, il expose quelque 80 mesures, dont certaines comme la modulation des taux de TVA ou le fait d’acter l’âge de départ à la retraite à 63 ans, font tousser à gauche. Ses pages actent la recomposition politique en cours, qui repolarise selon lui la vie politique française autour du clivage gauche-droite, le centre s’étant ancré à droite.

Son positionnement est moins à gauche qu’en 2012, à l’époque où son ennemi était la finance. Il préempte ainsi l’espace abandonné par la macronie finissante. Ce (relatif) recentrage, pas si éloigné de la ligne Glucksmann, lui est reproché par une partie du PS. Cela n’a pas l’air de lui peser. Porté par des sondages d’opinion encore bas, mais en hausse constante, il voit plus loin que le PS et que la primaire. S’il a intitulé son livre Unir, c’est pour « unir » les Français. Pas les différentes motions d’un PS affaibli. Ses pourfendeurs lui reprochent de parier sur un échec de la primaire. Il s’en défend : « J’essaie d’être utile par les propositions et les positions que je prends. Si je fais un livre ce n’est pas pour entraver qui que ce soit. »

Que veut-il ? Porter sa vision d’ancien chef de l’État, alerter sur le danger d’une victoire de Marine Le Pen, qu’il croit possible. Et se positionner, à 72 ans, en recours éventuel et incarner le vote utile face à un Jean-Luc Mélenchon, dont il estime qu’il a atteint son « point haut », et dont la présence au second tour signerait l’arrivée au pouvoir du RN.

Rassurer dans un monde anxiogène

Il répète à tous qu’il prendra ses responsabilités en décembre. Alors « on saura si une candidature proche de ma sensibilité est en dynamique », dit-il. La sienne ? Celle du gagnant de la primaire ? C’est vers la fin de l’année, pense-t-il, qu’un rapprochement devra se faire, y compris avec Bernard Cazeneuve, qui lui aussi ouvre la porte à une candidature. François Hollande, conscient du rejet qu’il suscite dans une partie de son camp, sait qu’il n’a pas le vent dans le dos. Mais il s’est réinscrit dans le paysage et a regagné en popularité. Ce n’était pas gagné. Son objectif désormais : être une incarnation qui rassure à un moment où le monde est anxiogène.

Pour cela, il ne laisse rien au hasard, et agrège autour de lui des élus et des relais d’opinion. Pour son anniversaire en août, ses proches ont fait imprimer des affiches vantant son bilan présidentiel (rétablissement des finances publiques, mariage pour tous, etc.). Une petite pierre parmi des centaines d’autres pour baliser un chemin étroit mais existant vers le « Nouveau monde, nouvelle gauche », comme indique le sous-titre de son livre. Presque un slogan.

Une primaire sociale-démocrate ouverte

Cinq candidats sont d’ores et déjà en lice pour la primaire de la gauche qui aura lieu les 9 et 10 octobre pour le premier tour, et 16 et 17 octobre pour le second tour éventuel. Olivier Faure (premier secrétaire du PS), Raphaël Glucksmann (coprésident de Place publique), les députés socialistes Jérôme Guedj (Essonne) et Philippe Brun (Eure) ainsi que l’ancienne finaliste de la présidentielle Ségolène Royal y participeront. Emmanuel Maurel, cofondateur du parti Gauche républicaine et socialiste, député du Val-d’Oise, devrait officialiser sa candidature dans quelques jours.

Tous les électeurs inscrits sur les listes électorales peuvent participer à ce vote électronique, à savoir les militants à jour de cotisation des partis organisateurs. Les sympathisants aussi, moyennant une participation de 15 euros (10 euros pour le tarif social) sur la plateforme dédiée qui sera mise en ligne. François Hollande a décidé de ne pas y participer, tout comme l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve qui a quitté le PS pour fonder son propre parti (La Convention).

(*) Unir - Nouveau monde, nouvelle gauche, aux éditions Robert-Laffont.

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