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Présente à Monaco jusqu’au 12 août, la famille Piedon prête à séduire la Principauté avec son cirque artisanal

En représentation jusqu’au 12 août à l’Espace Fontvieille, le cirque Piedon et sa famille d’artistes misent sur une touche artisanale pour séduire une nouvelle fois le public monégasque.

Il est 10 heures ce jeudi. Le soleil chauffe déjà généreusement et toute la famille Piedon est en action au pied de l’Espace Fontvieille. Sous l’ossature du chapiteau qui commence à prendre forme, Anthony et son entourage sont à pied d’œuvre pour installer ce qui sera leur deuxième maison pendant une dizaine de jours. Au lendemain d’une représentation à Contes, le directeur artistique de la troupe raconte toute la logistique nécessaire à leur installation aux portes de Monaco. « On s’est levés à 5 heures parce qu’on circule avec un convoi exceptionnel et qu’il faut des autorisations spécifiques pour entrer en Principauté. »

Le cortège, garé sur un parking de luxe, est impressionnant. Il est composé de plusieurs remorques, doubles remorques et caravanes. « On est un petit cirque mais on a tout de même beaucoup de matériel qui nous suit toute la tournée. »

Depuis 8 heures du matin, ils sont une dizaine à faire sortir de terre un chapiteau climatisé d’une capacité de 300 personnes qui accueillera le public chaque soir jusqu’au 12 août. « C’est une fourmilière. Chacun est à sa tâche et cela nous prend environ 4 heures au total, poursuit Anthony Piedon qui liste les tâches à effectuer dès leur arrivée. Premier sur les lieux, mon papa met des coups de peintures blanches pour déterminer le périmètre du chapiteau. Une fois qu’on a posé l’eau et l’électricité, on commence toujours par les mâts qu’on dresse à l’aide de treuils avant de soulever la toile et de la déplier tel un parapluie. » Place ensuite à la décoration intérieure avec les velours et les gradins. Puis, en dernier, le son et la lumière.

Pas question pour les Piedon de s’installer sous le Chapiteau de Fontvieille, voisin de quelques mètres, même si le lieu les fait évidemment rêver. « On a déjà eu l’occasion d’y jouer et c’est magnifique mais le fait de jouer à côté permet à l’école “Tous en piste” de donner ses stages et tout cela fait vivre le lieu et le monde du cirque. »

Mais la générosité de la famille n’est pas la seule raison de cet exil. « Notre chapiteau, ce n’est pas simplement une toile tendue. C’est un lieu de vie qui a une âme et une valeur sentimentale pour nous. C’est aussi une fierté d’être l’un des plus petits cirques de France et de s’installer juste à côté de ce magnifique chapiteau qui accueille le plus grand festival au monde. »

« Nous sommes un petit cirque familial et artisanal »

Ce statut de plus petit cirque de France, Anthony Piedon s’amuse à se le donner lui-même. Il s’explique. « On fait tout par nous-mêmes : des démarches administratives aux numéros en passant par le pop-corn et la publicité. On discute entre nous d’idées de spectacle, on en débat. On voit ce qui est possible de faire ou pas. On se confronte en famille parce qu’on n’est pas toujours d’accord mais au final on offre toujours le meilleur de ce qu’on a pour le public. »

Les derniers réglages de lumière avant la première représentation ce samedi.
Les derniers réglages de lumière avant la première représentation ce samedi.
Cyril Dodergny / Nice Matin

Une recette qui semble plaire dans la cité-État. « C’est la troisième année qu’on vient ici. La première année avait très bien marché, la deuxième année avait été un carton. » Jamais deux sans trois ? « Nous sommes un petit cirque familial et artisanal et c’est ce qui plaît à notre public. Les Monégasques ne sont pas habitués à ce genre d’événement simple et proche du public. On s’inspire beaucoup du réalisateur Michel Gondry avec des petits détails. Au final, on souhaite offrir des souvenirs aux familles qui viennent nous voir. »

Six artistes pour une dizaine d’actes

Si le directeur artistique qualifie « son » cirque comme l’un des plus petits de France, c’est parce qu’ils sont seulement une dizaine – dont six artistes – pour environ dix actes. « Il y a mon père, William Piedon, directeur du cirque qui est musicien et chanteur, ma mère Katia Loyal, descendante d’une dynastie de cirque, mon épouse qui est acrobate et jongleuse. Il y a aussi Romane, une cousine qui nous accompagne ainsi que son copain Marc. Ils ont un magnifique numéro de funambule à deux. »

Sans oublier Pedro, le petit chien de la famille qui apparaît dans un numéro. Et leur chat. « Cette année il n’est pas dans le spectacle donc je pense qu’il est un peu jaloux alors il vient toujours se faufiler parmi les spectateurs », s’amuse Anthony Piedon, qui rappelle que le cirque n’exploite aucun animal sauvage.

« On n’a pas le droit à l’erreur »

Après l’installation du chapiteau ce jeudi, l’heure était un peu plus à la détente ce vendredi. Les artistes ne répètent plus vraiment mais procèdent plutôt à des échauffements. « Puisque le spectacle est bien rodé, on se maintient en forme pour ne pas se faire mal. On n’a pas le droit à l’erreur parce qu’on est une petite équipe donc il n’y a pas de remplaçant. »

Pour assister au spectacle, il est possible de réserver en ligne sur le site cirquepiedon.com mais l’organisation garde toujours entre 50 et 80 places pour les gens qui souhaitent venir à l’improviste. Les représentations ont lieu chaque soir à 18 h 30 pour une durée d’une heure et demie. « Le 12 août, après notre dernière représentation, nous démonterons le chapiteau dans la foulée et nous partirons dès le lendemain pour Valberg avant de boucler l’été à Menton. »

Cirque Piedon, à l’Espace Fontvieille. Jusqu’au 12 août, chaque soir à 18 h 30. Durée 1 h 30. Tarifs : 10 euros pour les enfants de 2 à 14 ans, 15 euros pour les adultes en gradins et 20 euros en loges.