Présence militaire renforcée, Chine et Russie ciblées… Ce que l’on sait de l’accord de sécurité sur le Groenland annoncé par Donald Trump
Après des mois de tensions autour de cette île stratégique de l'Arctique, le président américain a annoncé vendredi un "accord historique" avec le Danemark. Le texte, qui doit être signé la semaine prochaine, doit empêcher tout "adversaire" de Washington de s'installer militairement sur le territoire autonome.
Après des mois de tensions autour de cette île stratégique de l'Arctique, le président américain a annoncé vendredi un "accord historique" avec le Danemark. Le texte, qui doit être signé la semaine prochaine, doit empêcher tout "adversaire" de Washington de s'installer militairement sur le territoire autonome.
France Télévisions
Publié le 19/09/2026 12:43
Mis à jour le 19/09/2026 12:49
Temps de lecture : 4min
Le président américain parle d'un "rêve devenu réalité". Après des mois de tensions autour de ses ambitions sur le Groenland, Donald Trump a annoncé, vendredi 18 septembre, avoir obtenu du Danemark et du territoire autonome un nouvel accord sur la sécurité de cette île stratégique de l'Arctique, dont il affirme avoir désormais le "contrôle permanent". Washington assure notamment avoir obtenu des garanties pour empêcher la Chine et la Russie d'y installer des bases militaires ou de réaliser certains investissements sensibles.
Mais cet accord, qui doit être signé la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, est loin du rattachement du Groenland aux Etats-Unis un temps réclamé par Donald Trump. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a notamment insisté sur le maintien de la "souveraineté" du royaume du Danemark et du droit des Groenlandais à "l'autodétermination".
La Chine et la Russie dans le viseur des Etats-Unis
Donald Trump a annoncé sur son réseau social, Truth Social, que cet accord devait empêcher tout "adversaire" de Washington d'établir "une présence militaire" au Groenland ainsi que de faire des "investissements sensibles" sans "autorisation" préalable des Etats-Unis. La diplomatie américaine a précisé par la suite à la presse que cette disposition visait principalement la Chine et la Russie.
Cette garantie répond à une inquiétude régulièrement mise en avant par les Etats-Unis pour justifier ses ambitions sur le Groenland. Située à un emplacement stratégique entre la Russie et les Etats-Unis, l'île recèle des gisements inexploités de terres rares et pourrait jouer un rôle essentiel à mesure que la glace polaire fond et que de nouvelles voies maritimes apparaissent.
Si le président américain affirme avoir obtenu un "contrôle permanent" sur la sécurité du Groenland, la formule est à prendre avec précaution tant que le texte définitif n'a pas été rendu public.
Une présence militaire renforcée
Le président américain a aussi annoncé que les Etats-Unis allaient "immédiatement lancer le processus de développement d'une importante présence militaire" au Groenland. Ces derniers mois, plusieurs médias américains, dont le New York Times, ont rapporté que Washington envisageait d'ouvrir trois nouvelles bases militaires dans le Sud, en plus de la base spatiale de Pituffik déjà en place dans le nord du territoire.
Cette installation constituait déjà un maillon crucial de la défense antimissile américaine. Installée à environ 1 200 km au nord du cercle polaire, elle abrite notamment des systèmes de détection et d'alerte avancés destinés à repérer d'éventuels tirs de missiles contre les Etats-Unis. Elle participe également à la surveillance de l'espace. Mais l'accord doit surtout inscrire cette présence dans la durée. Donald Trump assure qu'il aura "une durée de vie infinie".
Le "Golden Dome", gigantesque projet de bouclier antimissile voulu par Donald Trump pour protéger le territoire américain, a occupé une place importante dans les discussions, selon l'agence Reuters. Mais on ignore encore, à ce stade, si des dispositions concernant ce système, inspiré du dôme de fer israélien, figurent dans le texte final. Encore en développement, le "dôme doré" doit s'appuyer sur un réseau de capteurs terrestres et spatiaux pour détecter et intercepter différents types de missiles, notamment balistiques et hypersoniques.
La continuité d'un premier accord signé en 1951
Ce nouvel accord ne part pas d'une page blanche. Les Etats-Unis disposent depuis 1951 de droits militaires très étendus au Groenland, en vertu d'un accord de défense conclu avec le Danemark en pleine guerre froide. Washington pouvait notamment déjà construire et exploiter des bases militaires dans des zones définies pour la défense de l'île, à condition de prévenir les autorités. Au plus fort de leur présence, les Américains ont eu jusqu'à 17 installations militaires sur le territoire.
Cet accord n'a jamais disparu. Il avait notamment été complété en 2004 par un nouveau texte signé par les Etats-Unis et le Danemark. Il consacrait la base de Pituffik, alors appelé Thulé, comme seule zone de défense américaine encore en activité, tout en laissant la possibilité à Washington de créer de nouvelles zones militaires, à condition que les trois parties s'entendent sur leur mise en place. En l'absence de la publication du nouvel accord, il est pour l'heure difficile d'établir à quel point il diffère des textes déjà signés, rappelle la BBC.
Reste une différence de taille avec les ambitions affichées par Donald Trump : le Groenland ne devient pas américain. En janvier, le milliardaire avait pourtant assuré qu'il ne se contenterait de rien de moins que la propriété du territoire. Au plus fort de la crise, il avait même évoqué la possibilité "d'utiliser la force" pour s'emparer de ce territoire de 57 000 habitants, semant l'inquiétude au sein de l'UE et de l'Otan.
Le Danemark et le Groenland saluent le compromis
Le ministre des Affaires étrangères danois, Lokke Rasmussen, a déclaré samedi que cet accord "renforcera la sécurité" dans l'Arctique. "A une longue période d'incertitude succédera, nous l'espérons, un accord contraignant qui renforcera la sécurité dans l'Arctique et l'Atlantique Nord, et par conséquent aussi notre sécurité commune au sein de l'Otan et en Europe", a-t-il ajouté dans un message publié sur les réseaux sociaux.
L'accord, qui selon lui respecte les "lignes rouges" fixées par le Danemark, est "important" à la lumière de l'évolution de la situation en matière de sécurité. Le texte "reconnaît la souveraineté et l'intégrité territoriale du Royaume [du Danemark] et le droit du peuple groenlandais à l'autodétermination", a pour sa part déclaré la Première ministre danoise, Mette Frederiksen.
Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, s'est félicité de son côté d'un compromis qui "garantit" la sécurité du Groenland et "reconnaît [ses] intérêts". Le Danemark et le Groenland ont ajouté qu'ils signeraient le texte en marge de l'Assemblée générale des Nations unies prévue à New York la semaine prochaine. Il devra ensuite, selon un communiqué du royaume, passer les procédures nécessaires pour entrer en vigueur.
Sur le même thème
-
Donald Trump promulgue une loi imposant de nouvelles sanctions contre la Russie
-
Donald Trump annonce avoir obtenu un "contrôle permanent" sur la sécurité du Groenland
-
Donald Trump annonce interdire l'accès à la Maison Blanche à trois médias dont la chaîne américaine CNN
-
vidéo
Les photos inédites des frappes iraniennes sur des bases américaines
-
Des photos de l'AFP montrent Donald Trump en train de regarder un panneau semblant évoquer une démolition du Kennedy Center
Shorts
-
APL : "On demande un petit effort à tout le monde" justifie Vincent Jeanbrun
• 2 min
-
Moins deux points au bac : t'en penses quoi ?
• 1 min
-
Un enfant de 9 ans arrêté au volant d'une voiture à Marseille
• 2 min
-
"J'ai perdu 100 kilos en un an"
• 4 min
-
Les "dopamine sites", ces sites qui ne vendent rien
• 2 min
-
Deux youtubeurs piègent CNEWS et évoquent l'affaire Morandini en direct
• 2 min
-
Stupeur après une fusillade près d'une école
• 3 min
-
Les photos inédites des frappes iraniennes sur des bases américaines
• 2 min
-
Un policier soupçonné de préparer un attentat
• 2 min
-
Saint-Pierre-et-Miquelon : un village déménage à cause du dérèglement climatique
• 2 min
-
Saisie record de protoxyde d'azote
• 2 min
-
Ils dormiront à l'église pour voir le Pape
• 2 min
-
"J'ai envie de le voir de plus près", explique Zinédine Zidane après avoir sélectionné Estéban Lepaul avec les Bleus
• 1 min
-
Les points pour fautes au bac font réagir
• 2 min
-
Le Pass Patrimoine pour visiter plus de 500 sites culturels
• 2 min
-
Ces voitures électriques qui prennent feu
• 3 min
-
Le Marathon des Capables, ils courent de Paris à Marseille pour plus d'inclusion dans le sport
• 2 min
-
Il est en famille d'accueil pour éviter la prison
• 2 min
-
Léa Wioland, psychologue et taulière des Bleues en futsal
• 2 min
-
Eux, à 16 ans, ils ont le droit de vote
• 2 min
-
Le RN va-t-il permettre à Sébastien Lecornu de faire passer son budget ?
• 2 min
-
Médecin : payer plus pour un rendez-vous rapide
• 2 min
-
Les canicules aggravent les crises suicidaires
• 2 min
-
Ressources en eau : "Nous sommes en train de vider ces réserves", assure l'ONU
• 2 min
-
Budget 2027 : Sébastien Lecornu demande un effort d'économies de 54 milliards d'euros
• 2 min
-
Les oubliés de la fibre face au vol de cuivre
• 2 min
-
Elle est insultée en ligne et c'est elle qui est condamnée
• 3 min
-
L’homme suspecté d'être le "jogger pousseur" retrouvé mort
• 1 min
-
Couche d'ozone : le trou se réduit, mais moins vite que prévu
• 2 min
-
Extension de l’aéroport de Roissy : un projet dénoncé par les ONG environnementales
• 2 min