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Présence militaire décuplée, “contrôle permanent” : à l’ONU, Donald Trump détaille son accord avec le Groenland

Deux nouvelles bases américaines vont voir le jour au Groenland. C’est la grande annonce du discours prononcé par Donald Trump à la tribune de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, mardi 2...

Deux nouvelles bases américaines vont voir le jour au Groenland. C’est la grande annonce du discours prononcé par Donald Trump à la tribune de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre. Au terme d’une longue et éclectique prise de parole, Donald Trump a vanté "l’avenir absolument radieux" du "pays le plus sexy du monde". À l’approche des midterms, il s’est longuement attardé sur son bilan, la guerre en Iran, la puissance militaire américaine selon lui sous-estimée, ou encore les immenses réserves pétrolières dont disposent désormais les États-Unis grâce à leur accord avec le Venezuela. Avant de détailler l’accord conclu vendredi 18 septembre avec le Danemark concernant le Groenland, dont la signature a été actée ce 22 septembre.

S’il met fin, au moins pour l’heure, à une obsession persistante de Donald Trump, qui menaçait depuis son retour au pouvoir d’annexer ce territoire autonome rattaché au royaume scandinave, ce nouvel accord aura également pour effet de renforcer considérablement la présence militaire des Etats-Unis dans l’Arctique, a affirmé Donald Trump. Il a ainsi confirmé que l’accord allait permettre de "mettre en place une présence militaire importante dans cette zone avec deux très grandes bases militaires" bientôt construites. Elles viendront s’ajouter à la base spatiale de Pituffik, la seule installation encore active sur l’île, située dans le nord-ouest, où seuls 150 militaires américains demeurent actuellement stationnés.

Un "contrôle permanent" militaire des Etats-Unis sur le Groenland ?

L’annonce vient préciser les contours d’un accord dont les implications militaires restaient jusqu’ici floues. Et confirmer une information de l’agence de presse Reuters, qui, quelques heures avant le discours, avait révélé l’emplacement des deux nouvelles implantations potentielles, en citant trois sources informées de l’accord. Dans le sud de l’île, Washington rétablira donc une présence à Narsarsuaq, qui abritait jusqu’aux années 1950 la base américaine de Bluie West One (les Etats-Unis ont contrôlé jusqu’à 17 bases et 10 000 hommes au Groenland pendant la guerre froide). Sur la côte est, à Mestersvig, un avant-poste militaire actuellement utilisé par la Sirius Dog Sled Patrol, une unité spéciale danoise chargée de patrouiller dans l’immensité arctique, sera aussi transformé en base américaine.

Au pupitre des Nations unies, le président américain a donné une lecture particulièrement extensive de l’accord conclu entre Washington, Copenhague et Nuuk, après des mois de tensions provoquées par les ambitions américaines sur l’île. "Le peuple du Groenland donne le contrôle permanent aux Etats-Unis de sa sécurité. Nous aurons la possibilité totale de faire ce qui est nécessaire pour défendre le Groenland et l’Europe", a-t-il affirmé, sans préciser les implications de cette formulation.

Une interprétation particulièrement large, que les dirigeants danois et groenlandais avaient pris soin de nuancer les jours précédents : le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a assuré samedi que l’accord respecterait les "lignes rouges" du royaume, tandis que le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a déclaré que le document reconnaissait "la souveraineté et l’intégrité territoriale de notre Royaume" ainsi que "le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination". Le texte intégral de l’accord n’a toutefois pas encore été rendu public.

L’accord définitif signé en marge du sommet de l’ONU

"Aucun adversaire ne pourra établir de présence militaire au Groenland ou investir sans notre approbation écrite", a par ailleurs répété ce mardi le président américain devant l’ONU. Reuters avait rapporté ces derniers jours que l’accord prévoyait d’empêcher les adversaires des Etats-Unis d’installer leurs propres bases sur l’île, bien que Copenhague et Nuuk n’aient pas repris cette formule concernant un quelconque pouvoir d’approbation américain. Les modalités précises du droit de regard américain sur les investissements étrangers n’ont par ailleurs toujours pas été confirmées.

Quoi qu’il en soit, le président américain a présenté cette expansion militaire comme une démonstration de puissance qui bénéficiera aussi aux alliés de Washington. "Avec cette présence américaine dans l’Arctique et dans l’Atlantique Nord, il y a la possibilité de mieux protéger l’Europe, en plus des Etats-Unis. Cela permet de renforcer également la présence de l’Otan", a-t-il avancé, avant de saluer son secrétaire général, Mark Rutte : "L’Otan se renforce plus que jamais. L’Otan fait des choses qu’on ne pensait pas possibles."

L’accord a finalement été formellement signé à l’issue de son discours à New York par la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, et le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, concrétisant l’expansion de ce que Donald Trump a une nouvelle fois présenté comme "la plus grande armée du monde".