Premiers mots de Jérôme Barella, perquisition, autopsie… Où en est l’enquête sur la mort de la jeune Lyhanna ?
Plus d’un mois après la découverte du corps de Lyhanna, une perquisition a été menée lundi au domicile de Jérôme Barella. Les gendarmes sont repartis avec plusieurs objets. En auditions, il continue de se murer dans le silence, malgré la découverte de son ADN sur le corps de la jeune fille.
Un portrait de Lyhanna à Puycasquier, au niveau du silo à grains où son corps a été découvert.
© Jean-Marc Barrere / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Plus d’un mois après la découverte du corps de Lyhanna, une perquisition a été menée lundi au domicile de Jérôme Barella. Les gendarmes sont repartis avec plusieurs objets. En auditions, il continue de se murer dans le silence, malgré la découverte de son ADN sur le corps de la jeune fille.
Les investigations devraient prendre « beaucoup de temps », confie une source proche du dossier. Plus d’un mois après la découverte du corps de la petite Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte à proximité d’un silo à grains de Puycasquier, dans le Gers, l’enquête se poursuit et les enquêteurs se concentrent pleinement sur le profil du suspect principal, Jérôme Barella. Cet homme de 41 ans, père d’une amie de la jeune victime, est actuellement en détention provisoire, placé à l’isolement à la prison de Mont-de-Marsan. Au cours de plusieurs auditions menées ces dernières semaines, l’intérimaire s’est muré dans le silence et ce, malgré la découverte de son profil génétique sur la dépouille de la jeune Lyhanna. Paris Match fait le point.
Une perquisition menée à son domicile lundi
Lundi 6 juillet, une perquisition a été menée à son domicile de Montestruc-sur-Gers, commune où le suspect vivait avec sa femme Alexia et leurs deux filles. Une maison située au milieu d’une petite rue du village, à l’intérieur de laquelle le temps semble s’être arrêté après le départ précipité de ses proches. Dans l’une des pièces du rez-de-chaussée, qui servait de salle à manger, un paquet de céréales et plusieurs bouteilles de jus traînaient encore sur la table. Face à cette dernière, plusieurs cadres avec des photos, un paquet de chips vide et les gourdes des enfants.
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Extrait de sa cellule tôt le matin, Jérôme Barella est arrivé sous escorte aux alentours de 9h10. Sur place, plus d’une centaine de gendarmes ont été déployés. Un habitant, qui a assisté à l’arrivée des convois, évoquait auprès de Paris Match la présence supplémentaire de « nombreux militaires ». « Certaines routes ont été bloquées et on ne pouvait pas se rendre vers chez les Barella, les gendarmes nous demandaient tous d’éviter la zone », ajoute cette même source, qui indiquait avoir vu de nombreux gendarmes débarquer dans le village la veille, dimanche 5 juillet. La perquisition s’est terminée aux alentours de 15 heures et les enquêteurs sont repartis avec plusieurs objets, sans que l’on sache lesquels.
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« J’espère qu’il ne lui est rien arrivé »
Quelques jours après cette perquisition, nos confrères de Franceinfo ont révélé les premiers mots prononcés par le principal suspect lors de sa première garde à vue les 30 et 31 mai derniers, au lendemain de la disparition de Lyhanna. À ce moment précis, le corps de la jeune fille n’a pas encore été retrouvé et l’intérimaire est auditionné des chefs d’enlèvement et séquestration. Le 29 mai, c’est dans sa voiture que Lyhanna est montée à la sortie du collège et à partir de ce moment-là qu’elle est introuvable. Les enquêteurs demandent à Jérôme Barella de raconter en détail sa journée. Le matin, il explique avoir déposé sa fille au collège, devant la victime. « Les filles arrivent, elles discutent un peu avec ma fille et moi. Souvent, Lyhanna me parle quand elle a eu des soucis avec ses parents. Je lui paie régulièrement des choses à Intermarché pour goûter notamment, devant le collège. J’ai toujours fait ça. Les autres parents ne le font pas. Je passe beaucoup de temps avec les amis de ma fille », souffle-t-il aux gendarmes.
À 15 heures, quand il est allé chercher Lyhanna pour la déposer à la piscine, « elle avait l’air joyeuse et parlait beaucoup plus que d’habitude », soutient-il. Quelques heures plus tard, Charly, la mère de la jeune fille, inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, appelle Jérôme Barella. « Elle était inquiète car elle n’était pas rentrée. Je lui ai dit qu’on ne l’avait pas vue à 16 heures. Je ne lui ai pas parlé du fait que je l’avais déposée à 15 heures à la piscine, je n’y ai pas pensé sur le moment », explique l’homme. Les gendarmes demandent alors au suspect ce qu’il pense de cette disparition : « Je ne sais pas, peut-être qu’elle a fugué. Je sais qu’elle s’était fait engueuler par ses parents il n’y a pas longtemps, elle s’était fait confisquer son téléphone, elle avait déjà parlé de fuguer. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. »
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Confronté avec les SMS qu’il envoyait à Lyhanna, - « et toi les amours ça se passe bien ? » - il botte en touche. « Je ne la drague pas, ni quoi que ce soit, je ne vois pas le mal là-dessus en fait. Moi j’étais content qu’elle arrive à me parler, à me dire les problèmes qu’elle avait et surtout réussir à l’aider, je me sentais utile. » Après les révélations de nos confrères, les avocats du suspect ont dénoncé une atteinte grave au secret de l’enquête et annoncent avoir effectué un signalement auprès du procureur de la République.
L’autopsie n’a pas encore donné son verdict final
Dans l’enquête sur la mort de Lyhanna, une zone d’ombre demeure toujours : de quoi la jeune fille de 11 ans est-elle décédée ? L’autopsie réalisée sur sa dépouille au début du mois de juin n’a pas permis de déterminer les causes de son décès, indiquait le parquet d’Agen dans un communiqué de presse.
Si la jeune fille présente des lésions écchymotiques au niveau des membres inférieurs et supérieurs, aucune lésion traumatique cervicale ni interne n 'est visible, ce qui ne permet pas d’expliquer les causes de sa mort. « Des examens complémentaires en anatomopathologie sont nécessaires, de même qu'une analyse toxicologique », précise le parquet. Ces examens sont en cours. En revanche, l’autopsie a permis de déterminer que la jeune victime avait été violée et que l’ADN du principal suspect, Jérôme Barella, avait été découvert sur son corps.
À ce stade, Jérôme Barella est mis en examen des chefs d’enlèvement et séquestration de Lyhanna, mais le parquet d’Agen a pris un réquisitoire supplétif pour qu’il soit mis en examen pour le viol et le meurtre de la collégienne. Depuis sa première garde à vue, le suspect, visé par une plainte pour viols et violences conjugales déposée par sa femme il y a quelques semaines, est resté mutique. Il devra sans aucun doute répondre - ou non - aux centaines de nouvelles questions des enquêteurs.
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