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Retraités suisses: pourquoi quittent-ils le pays pour l’étranger ?

Publié17. juillet 2026, 21:06Retraités à l'étrangerPourquoi tant de seniors quittent la Suisse: un expert expliqueDe nombreux retraités choisissent de s'installer à l'étranger pour préserver leur pouvoir d'acha...

Publié17. juillet 2026, 21:06

Retraités à l'étrangerPourquoi tant de seniors quittent la Suisse: un expert explique

De nombreux retraités choisissent de s'installer à l'étranger pour préserver leur pouvoir d'achat. Un spécialiste de la prévoyance explique comment éviter ce scénario.

Delia Bachmann

Christina Pirskanen

«En Suisse, je m'appauvrirais», affirme Helmut, 64 ans. Christoph, 68 ans, partage le même constat: «À Genève, j'aurais eu besoin de l'aide sociale.» Ces témoignages ne sont pas isolés. Comme eux, des milliers de retraités suisses ont choisi de partir pour des raisons financières.

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Comment expliquer que tant de retraités se retrouvent dans cette situation?

Les rentes sont censées remplacer 60% du salaire

Le système suisse de prévoyance repose sur deux piliers: l'AVS et la caisse de pension. Ensemble, ils sont censés remplacer environ 60% du dernier salaire. «Cela devrait permettre de maintenir le niveau de vie antérieur», explique Simon Tellenbach, spécialiste de la prévoyance et directeur du Centre de gestion de patrimoine.

En moyenne, un retraité perçoit environ 1900 francs par mois de l'AVS et 1700 francs du deuxième pilier. Ces montants varient toutefois fortement selon le parcours professionnel, les années de cotisation et la situation familiale.

Selon Simon Tellenbach, les retraités qui choisissent de vivre à l'étranger disposent souvent de rentes modestes et de peu d'épargne. Les chiffres confirment cette tendance: les bénéficiaires de l'AVS vivant hors de Suisse touchent en moyenne une rente de 702 francs par mois. L'écart est important entre les Suisses (1292 francs) et les ressortissants étrangers (582 francs).

Beaucoup renoncent aux prestations complémentaires

Lorsque les rentes ne suffisent plus, le système suisse prévoit des prestations complémentaires. Pourtant, nombre de retraités hésitent à les demander. «L'octroi de ces prestations est soumis à un contrôle. Les autorités vérifient notamment si les dépenses reconnues dépassent réellement les revenus. Beaucoup de personnes préfèrent donc ne pas les solliciter», explique Simon Tellenbach.

«Il faut disposer de deux années de revenu en réserve»

Mais même lorsque l'objectif des 60% est atteint, cela ne signifie pas forcément que les retraités disposent de suffisamment d'argent. «Beaucoup de retraités sous-estiment leurs dépenses», souligne Simon Tellenbach. Les jeunes retraités voyagent davantage, pratiquent des loisirs et conservent souvent un mode de vie actif. Pour les personnes dont le revenu se situe autour du salaire médian, les dépenses représentent fréquemment entre 80 et 100% du dernier salaire.

L'expert recommande donc de disposer, avant le départ à la retraite, d'une épargne équivalant à environ deux années de revenu, idéalement constituée en partie grâce au troisième pilier.

Votre pension suffit-elle pour vivre ?

Oui, je n'ai jamais eu à me soucier de l'argent.

Ça va, mais je dois quand même me serrer la ceinture.

Non, je ne pourrais pas m'en sortir sans prestations complémentaires.

Oui, mais seulement parce que je vis à l'étranger.

Je ne suis pas encore retraité, mais j'ai bien préparé ma retraite.

Je veux juste voir les réponses.

Quelques conseils pour les jeunes

La retraite paraît encore lointaine. Pourtant, selon l'expert Simon Tellenbach, il est judicieux de s'y préparer le plus tôt possible.

Commencez tôt à alimenter votre troisième pilier. «Plus on commence tôt, plus le capital accumulé à la retraite sera important», souligne Simon Tellenbach.

N'oubliez pas que le troisième pilier reste flexible. Les avoirs peuvent notamment être retirés de manière anticipée pour financer l'achat d'un logement principal.

Profitez des grandes étapes de la vie pour faire le point. Fondation d'une famille, achat d'un bien immobilier ou changement professionnel sont autant d'occasions de vérifier l'impact sur votre prévoyance.

Évitez les lacunes de cotisation à l'AVS. Si vous interrompez votre activité professionnelle pendant plusieurs années, veillez à continuer à cotiser afin de ne pas réduire votre future rente.

Réévaluez votre situation vers 50 ans. C'est le bon moment pour évaluer votre situation en matière de prévoyance et, si nécessaire, prendre des mesures pour combler d'éventuelles lacunes.

(dbr)

Delia Bachmann

Delia Bachmann (dba), née en 1993, travaille depuis 2024 pour 20 Minuten. En tant que rédactrice au service politique, elle couvre l'actualité fédérale à Berne.

Christina Pirskanen

Christina Pirskanen (pir), née en 1996, travaille chez 20 Minuten depuis 2022.

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