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Pourquoi la série Stargate Infinity s’est plantée malgré une vraie ambition

Pop Culture Pensée pour attirer les enfants sans perdre l’ADN de la saga, Stargate Infinity s’est heurtée à un vieux problème, des moyens bien trop faibles. Stargate Infinity — Fox Kids / PR-ADN En br...

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Pensée pour attirer les enfants sans perdre l’ADN de la saga, Stargate Infinity s’est heurtée à un vieux problème, des moyens bien trop faibles.

Stargate Infinity
Stargate Infinity — Fox Kids / PR-ADN

En bref

Quand une série imagine du grand spectacle avec un budget de poche, ça se voit tout de suite. Et c’est à peu près l’histoire de Stargate Infinity, le spin-off animé de Stargate lancé en 2002 dans la case jeunesse de FoxBox, puis arrêté après seulement 26 épisodes.

Une idée plus ambitieuse que son enveloppe

Sur le papier, la série n’était pas absurde. Située loin dans le futur de la chronologie Stargate, elle suivait un vétéran, quatre cadets et un alien forcés de traverser le réseau des portes pour rentrer chez eux, après qu’un imposteur leur a barré l’accès à la Terre.

Le souci, d’après son co-créateur Eric Lewald, tient à un écart assez brutal entre ce que l’équipe écrivait et ce que la production pouvait financer. Lui venait de X-Men: The Animated Series, une adaptation qui avait réussi à élargir un univers sans le trahir. Pour Stargate Infinity, les scénaristes pensaient en grand, avec des images de blockbuster en tête. Mais le budget d’animation, lui, était minuscule. Eric Lewald racontait qu’ils écrivaient comme pour un écran Imax, alors que DIC Entertainment Corporation finançait quelque chose de bien plus petit. Même l’équipe d’animation à l’étranger, avec Michael Maliani, n’avait qu’une fraction du temps et de l’argent nécessaires.

Résultat ? Un décalage visuel qui a plombé une série pourtant plus ambitieuse qu’elle n’en avait l’air.

Un spin-off acheté parce qu’il ne coûtait pas cher

Le contexte compte quand même. Au début des années 2000, les franchises n’étaient pas verrouillées comme aujourd’hui. Pour DIC Entertainment Corporation, l’intérêt de Stargate venait aussi de là, un nom connu, mais accessible. Eric Lewald expliquait que le studio n’avait ni la bibliothèque de licences de Disney ou Warner Bros., ni leurs moyens. Et chez MGM, l’animation n’était clairement pas la priorité.

Du coup, Stargate, comme RoboCop, est devenue une licence qu’Andy Heyward pouvait récupérer pour un prix modeste. Ce n’était pas une vision éditoriale forte. Plutôt une opportunité industrielle. Et ça change beaucoup de choses sur la suite.

Libre sur le papier, isolée dans la franchise

Ce manque d’investissement s’est aussi vu dans le pilotage. Michael Edens a expliqué dans un entretien accordé à The Companion que, passé une réunion avec les dirigeants de MGM, l’équipe avait reçu très peu de consignes. On leur a simplement signalé quelques pistes réservées à Stargate Atlantis, à éviter. Pour le reste, carte blanche.

C’est confortable, en théorie. En pratique, ça a surtout laissé Stargate Infinity à part. Même Brad Wright, co-créateur de Stargate SG-1, disait ne pas avoir de problème avec la série, tout en rappelant qu’il n’y était pas impliqué. Pas étonnant, alors, qu’elle soit restée en marge du canon officiel.

La série n’a convaincu ni les fans les plus investis, ni un nouveau jeune public. Mark Edward Edens estimait même qu’elle montrait comment gâcher la popularité d’une licence en oubliant ce que le public aimait déjà. À l’inverse, George Lucas a fini par prouver avec Star Wars: The Clone Wars qu’une branche animée peut bâtir une nouvelle génération de fans. Stargate, elle, a raté ce virage. Et ce raté pèse encore, parce qu’une franchise qui ne sait plus parler aux nouveaux venus finit souvent par s’endormir.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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