Pourquoi François Ruffin s’est fait gronder par Annie Genevard ?
Mai 2018, en plein débat sur la loi agriculture et alimentation, l’hémicycle s’interrompt quand Annie Genevard rabroue François Ruffin. Que cache ce rappel à l’ordre vestimentaire devenu séquence virale ?
En mai 2018, en plein examen du projet de loi agriculture et alimentation, une scène inattendue a agité l’hémicycle de l’Assemblée nationale : la vice‑présidente Annie Genevard a sèchement repris le député de la Somme François Ruffin. Au moment où l’élu de La France insoumise s’apprête à intervenir, elle lui lance devant tout le monde : "La chemise dans le pantalon s’il vous plaît ! Merci".
Si François Ruffin s’est fait gronder, ce n’est donc pas pour ses propos, mais pour une chemise laissée hors du pantalon, jugée trop négligée pour le décor très codifié du Palais‑Bourbon. Selon 20 Minutes, la présidente de séance a estimé que sa tenue n’était pas conforme au règlement, soulevant au passage la question des limites de ce fameux dress code.
Une remontrance publique en pleine séance pour la chemise de François Ruffin
Ce soir‑là, le député de la Somme se lève pour prendre la parole, chemise blanche sortie de son pantalon et veste ouverte. Avant même qu’il commence, Annie Genevard, qui préside les débats, l’interrompt pour lui demander de remettre sa tenue en ordre. Visiblement amusé, l’élu lâche alors : "C’est déjà quelque chose que j’ai entendu quelque part", a répondu le député de la France insoumise, cité par TF1 Info.
L’échange ne donne pas lieu à une sanction formelle, mais il expose publiquement le député, filmé par les caméras de la chaîne parlementaire. La formule d’Annie Genevard, perçue comme une réplique de prof face à un élève dissipé, tourne en boucle sur les réseaux. Pour Ruffin, l’épisode rappelle surtout que sa manière de s’habiller reste scrutée autant que ses interventions.
Que prévoit vraiment le règlement vestimentaire de l’Assemblée nationale ?
Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, cité par le HuffPost et repris par 20 Minutes, encadre la tenue des députés sans entrer dans un niveau de détail aussi fin. Le texte indique que "La tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l’hémicycle doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être le prétexte à la manifestation de l’expression d’une quelconque opinion : est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d’un uniforme, de logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique". Aucune ligne ne mentionne la position exacte de la chemise.
Dans ce cadre, le rappel lancé à François Ruffin repose moins sur un article précis que sur une lecture stricte de la "tenue de ville" attendue. Il renvoie aux usages implicites de l’institution, que la présidence de séance fait respecter.
Un récidiviste du dress code : les précédents de François Ruffin
Quelques mois plus tôt, en juillet 2017, le même député avait déjà fait ricaner ses collègues sur les bancs de l’hémicycle à cause de sa chemise sortie du pantalon. Un élu lui avait alors lancé : "La chemise dans le pantalon, c’est l’usage".
Fin 2017, il avait aussi porté dans l’hémicycle un maillot de football, l’Olympique Eaucourt, ce qui lui avait valu une sanction. Ces épisodes nourrissent son image de trublion des codes vestimentaires.
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