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“Pour la première fois depuis 1945, les jeunes Français ne vivent pas mieux que leurs parents”, déclare Antoine Foucher, président de Quintet conseil

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Antoine Foucher, président de Quintet conseil, était l'invité de franceinfo vendredi 4 septembre 2026.

Radio France

Publié le 04/09/2026 18:51

Temps de lecture : 2min

Antoine Foucher, président de Quintet conseil (FRANCEINFO)
Antoine Foucher, président de Quintet conseil (FRANCEINFO)

Dans son livre Pour que nos enfants vivent mieux que nous, publié aux éditions de l’Aube, l’ancien conseiller ministériel et ex-directeur social du Medef estime que, pour la première fois depuis 1945, les jeunes Français ne vivent pas mieux que leurs parents. Il appelle à revoir le pacte entre générations, notamment autour des retraites et des dépenses publiques, afin de réinvestir dans l’éducation, le logement et l’économie.

Selon lui, le niveau de vie en France évolue peu depuis près de vingt ans, si l'on regarde les statistiques de l'Insee. Et sur plusieurs sujets, les jeunes vivent même moins bien que leurs parents.

Le logement constitue l’un des principaux exemples : "Les prix immobiliers ont augmenté à peu près deux fois plus vite que les salaires depuis 25 ans", affirme Antoine Foucher. Cela veut dire qu'il "faut aujourd’hui que les jeunes travaillent deux fois plus longtemps pour avoir le même appart ou la même maison que leurs parents", ou qu’ils acceptent, à revenus et effort financier comparables, un logement deux fois plus petit.

En ce qui concerne la pauvreté, "il y a eu une inversion du taux de pauvreté entre les générations. Un repas sur deux aujourd’hui servi par les Restos du Cœur, il est servi à des jeunes de moins de 25 ans. C'est nouveau."

Troisième exemple : le travail ne suffirait plus à améliorer le niveau de vie. "C’est la première génération qui bosse et, en bossant, qui n’améliore pas son niveau de vie matériel", estime Antoine Foucher qui note toutefois que le niveau de vie matériel n'a jamais été aussi élevé.

Pour autant, Antoine Fouché refuse de présenter la situation comme une opposition entre jeunes et retraités. "Le déclassement générationnel, en fait, c’est un déclassement national", explique-t-il. Il estime que la France a perdu du terrain dans plusieurs domaines. L’éducation, l’innovation et la productivité auraient notamment reculé dans les classements internationaux. Selon lui, les jeunes générations subissent donc aussi les conséquences d’un affaiblissement plus général de la France.

L’auteur propose de revoir les priorités collectives, notamment dans les dépenses publiques. Il estime que les dépenses supplémentaires engagées depuis cinquante ans ont largement contribué à financer le système de retraite, au détriment d’investissements dans "l’éducation, la transition énergétique, la défense, le logement, etc.". Il défend donc un nouveau pacte entre générations. Les retraités devraient accepter un niveau de vie relatif moins élevé, tandis que les actifs seraient amenés à travailler plus longtemps. "Vous allez travailler plus longtemps que vos parents. Beaucoup plus longtemps, 3-4 ans de plus que vos parents", affirme-t-il. Cette évolution lui paraît inévitable compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie et de la baisse de la natalité.

À l’approche de l’élection présidentielle, Antoine Foucher se montre également critique envers la classe politique. Il lui reproche de privilégier des explications désignant certains groupes comme responsables des difficultés françaises plutôt que de poser la question d’une responsabilité collective. Pour lui, la France doit désormais faire évoluer ses priorités. "Il faut qu’on change d’idéal", affirme-t-il, estimant que le modèle construit au cours des dernières décennies n’est plus adapté à la situation économique et géopolitique actuelle. Son livre appelle ainsi à un changement de cap : moins consacrer aux dépenses héritées du passé et davantage investir dans les générations futures.

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