thejournalofsierraleonestudies.com

PORTRAIT. Il y a deux ans elle ne pouvait marcher, aujourd’hui Gilda veut dompter le Kilimandjaro malgré le handicap : “Les limites, c’est dans la tête !”

Atteinte d'une maladie rare, cette adolescente Tarbaise est au cœur du défi sportif et inclusif, Ensemble aux sommets 2 qui partira à la fin du mois, à l'assaut du toit de l'Afrique à 5 895 m d'altitude. C'est grâce au sport que Gilda est parvenue peu à peu à abandonner son fauteuil roulant, prête à renverser des montagnes, avec ce sourire permanent qui éclaire. Rencontre.

l'essentiel Atteinte d'une maladie rare, cette adolescente Tarbaise est au cœur du défi sportif et inclusif, Ensemble aux sommets 2 qui partira à la fin du mois, à l'assaut du toit de l'Afrique à 5 895 m d'altitude. C'est grâce au sport que Gilda est parvenue peu à peu à abandonner son fauteuil roulant, prête à renverser des montagnes, avec ce sourire permanent qui éclaire. Rencontre.

C'est un sourire qui vaut de l'or. "Gilda, c'est notre petit soleil, glisse Mickaël Genais, l'instigateur de l'aventure Ensemble aux sommets qui vise à permettre à trois jeunes sportifs en situation de handicap de se hisser sur le toit de l'Afrique, le Kilimandjaro et ses 5 895 m d'altitude. Elle est rayonnante et incarne le message qu'on veut porter, de toujours chercher à relever des défis."

Gilda, tout sourire, avant de se jeter à l'eau pour son tout premeir triathlon.
Gilda, tout sourire, avant de se jeter à l'eau pour son tout premeir triathlon. DR

Car à 15 ans, Gilda Fray Muti n'a, déjà, pas été épargnée, atteinte d'une maladie rare, le syndrome de Piezo 2, qui touche à la proprioception. "C'est comme s'il me manquait le sens du toucher, en dehors de la température et de la douleur que je perçois, explique l'adolescente. En fait, sans repère physique, mon corps ne sait pas qu'il existe, ça entraîne des problèmes d'équilibre. Je me suis retrouvée malgré moi dans des positions absurdes qui ont causé une luxation des hanches et une scoliose." Gilda grandit donc dans un fauteuil roulant. Jusqu'au confinement, où avec l'aide de ses parents, elle essaie de marcher. "Mais au bout de deux pas, j'étais épuisée. J'avais tellement besoin de me concentrer sur mes jambes pour apprécier, sentir le mouvement et le sol." Au final, la position debout finit par aggraver sa scoliose, malgré le corset.

"Le sport m'a sortie du fauteuil"

C'est alors qu'elle plonge dans le grand bain, sur les conseils de son médecin. "J'ai adoré la natation, ça m'a fait du bien au dos. Mais bizarrement, j'ai ressenti que ce n'était pas assez." Gilda découvre alors le triathlon, laissant ses parents sceptiques quant à la faisabilité de ce projet. "Ils avaient peur que ce soit trop. Je commençais à peine à marcher avec le déambulateur. Mais j'ai trouvé à Tarbes un club adapté, avec un coach à l'écoute. Et ma motivation a fini par convaincre tout le monde."

À lire aussi : En vue de se hisser au Kilimandjaro avec trois jeunes sportifs en situation de handicap, ils proposent une rando solidaire à Cauterets le 9 août.

Malgré là encore des embûches, notamment au niveau du matériel avec un vélo-tricycle beaucoup trop lourd et un déambulateur peu adapté (remplacé récemment). Qu'importe, Gilda s'accroche et participe à ses premières compétitions. "Tous les bénévoles me soutenaient. Quand j'ai passé la ligne, j'étais heureuse. Même si parfois c'est frustrant de voir tout le monde aller vite et de ne pas pouvoir suivre. Mais j'ai trouvé ma place dans ce club. Outre mon endurance, le triathlon m'a permis de muscler mes jambes et d'abandonner le fauteuil, il y a un peu plus d'un an, pour n'utiliser majoritairement que le déambulateur."

Les trois jeunes athlètes qui vont s'envoler vers le Kilimandjaro: Gilda, aux côtés de Thomas Varvene et Clément Talbot.
Les trois jeunes athlètes qui vont s'envoler vers le Kilimandjaro: Gilda, aux côtés de Thomas Varvene et Clément Talbot. DR

Sportive émérite et jeune femme inspirante, Gilda Fray Muti a attiré l'attention de Mickaël Genais. Après avoir réalisé plusieurs exploits en 2025 au profit du handisport, cet athlète tarbais contacte Gilda et sa famille afin de lui proposer de grimper au sommet du Kilimandjaro en fin d'été. "Pour quelqu'un qui ne marchait pas deux ans plus tôt, réussir ce sommet mythique, je n'y ai pas trop cru. Au fur et à mesure des rencontres et de l'avancée du projet, ses explications ont levé mes craintes et celles de ma famille. Tout est bien organisé, réfléchi et ne s'est pas construit sur un coup de tête."

"Une occasion dans une vie, pour moi et tous les autres..."

Et à quelques jours d'embarquer pour la Tanzanie avec un groupe de 17 aventuriers, le stress n'affecte pas Gilda. "Je m'entraîne et je sais que je serai bien entourée. Le sport m'a tellement fait de bien. Un tel projet, c'est une occasion dans une vie. Pour moi, et pour d'autres dans mon cas, pour ouvrir les portes du sport et de la montagne. Les limites, c'est dans la tête, assure-t-elle. Même moi, je n'imaginais pas de quoi mon corps était capable réellement, avec l'adrénaline. Je ne sais pas si je suis prête, mais dans ma tête et physiquement, je fais tout pour. Ce sommet, je le vise et je pense fortement y arriver, avec l'aide de tous." Pour accrocher le plus inspirant des sourires sur le toit de l'Afrique.