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Pompe à chaleur : pourquoi votre voisin paie 733 € de moins que vous avec le même modèle ? L’ADEME alerte

Publié le 24/10/26 à 19:30Par Solweig E.Vous payez plus de consommation d'énergie que votre voisin avec la même pompe à chaleur ? L'ADEME vous explique pourquoi. Installer la même pompe à chaleur que son voisin...

Publié le 24/10/26 à 19:30Par Solweig E.

Vous payez plus de consommation d'énergie que votre voisin avec la même pompe à chaleur ? L'ADEME vous explique pourquoi.

Installer la même pompe à chaleur que son voisin ne garantit pas du tout de recevoir la même facture de chauffage. Imaginez deux maisons jumelles, de même surface et situées dans la même région, avec une différence de dépenses qui atteint pourtant 733 euros par an.

Il ne s’agit pas de factures réellement relevées chez deux voisins, mais d’une simulation inspirée des résultats d’une étude de l’ADEME. Les deux logements ont pourtant des besoins de chauffage identiques. Alors comment expliquer un tel écart avec exactement le même équipement ? Dans un article de Maison & Travaux, les performances de ces installations sont passées au crible, avec quelques chiffres assez surprenants.

pompe à chaleur © Shutterstock

Pompe à chaleur : pourquoi votre voisin paie 733 € de moins que vous avec le même modèle ? L'ADEME alerte

Pourquoi une même pompe à chaleur peut coûter beaucoup plus cher à l’utilisation ?

Dans la première maison, de grands radiateurs ou un plancher chauffant permettent de diffuser la chaleur avec une eau comprise entre 35 et 45 °C. Chez le voisin, les radiateurs sont plus petits et réclament une température proche de 55 °C. Voilà ce qui change tout. Car contrairement à une chaudière, une pompe à chaleur air/eau ne possède pas un rendement constant. Plus elle doit produire une eau chaude, plus ses performances diminuent. Dans cette simulation, la différence entre les deux installations suffit à expliquer les 733 euros de dépenses supplémentaires sur une année.

Pour comprendre cette variation, il faut s’intéresser au COP, le coefficient de performance. Dans une étude portant sur 100 maisons, l’ADEME a relevé une moyenne de 2,9. Mais certaines installations dépassaient 4, tandis que d’autres atteignaient péniblement 1,8. L’agence indique qu’abaisser la température de l’eau de 10 °C permet de gagner un point de COP. Un chauffage correctement configuré peut ainsi diviser la facture par deux en moyenne, parfois par trois, tout en réduisant les émissions de CO₂ d’un facteur 8 à 10.

Se chauffer coûte de plus en plus cher. © Shutterstock

Une différence de consommation entre deux pompes à chaleur est souvent due au réglage initial.

Le réglage de la pompe à chaleur qui peut faire baisser la facture

Le paramètre à surveiller porte un nom assez technique : la loi d’eau. Son rôle est d’adapter automatiquement la température du circuit de chauffage aux conditions extérieures. Lorsqu’il fait 10 °C dehors, l’installation peut par exemple envoyer une eau à 35 °C dans les radiateurs. Si le thermomètre descend à -5 °C, cette température peut augmenter jusqu’à 45 ou 50 °C. L’idéal est de rester autant que possible entre 35 et 45 °C, une plage particulièrement favorable au rendement de la pompe à chaleur. Encore faut-il que les radiateurs puissent fonctionner correctement avec une eau moins chaude.

Inutile, cependant, de modifier tous les paramètres d’un seul coup. Les spécialistes conseillent de diminuer progressivement la température de l’eau, puis de patienter entre 24 et 48 heures pour vérifier que les pièces restent suffisamment chauffées. Une précision importante : ces ajustements concernent le circuit de chauffage et non le ballon d’eau chaude sanitaire, dont la température doit rester autour de 55 à 60 °C. L’objectif n’est donc pas de renoncer au confort, mais de trouver le réglage qui permet de chauffer correctement sans consommer inutilement.

« Notre facture d'énergie est passée de 1 900 € à 1 450 € » : Claude constate l'impact positif de sa pompe à chaleur sur son budget © DR

Faites régler votre pompe à chaleur par un professionnel compétent.

Pour économiser avec votre pompe à chaleur, surveillez aussi son fonctionnement

Un autre problème peut expliquer une facture anormalement élevée : les démarrages trop fréquents. Ce phénomène, appelé cyclage, se produit lorsque l’appareil s’allume et s’arrête sans cesse. Il entraîne une consommation supplémentaire et accélère l’usure du matériel. Les experts recommandent de consulter l’historique des cycles. Si l’installation redémarre plus d’une fois par heure de manière répétée, un contrôle des réglages devient nécessaire. Ce problème mérite d’autant plus d’attention qu’un tiers des équipements étudiés étaient mal installés ou mal paramétrés.

Enfin, le choix de l’installateur reste essentiel. Céline Laruelle, ingénieure au service Bâtiment de l’ADEME, résume clairement : « Si un installateur ne connaît pas la loi d’eau, je préfère ne pas collaborer avec lui ». Avant de faire installer son chauffage, il vaut donc mieux s’assurer que le professionnel prévoit une loi d’eau personnalisée et prend le temps d’en expliquer le fonctionnement. Il doit aussi vérifier la compatibilité des radiateurs existants et éviter, autant que possible, les températures élevées. Choisir un installateur RGE capable de présenter des chantiers similaires permet également d’examiner son expérience et les possibilités de suivi. Car pour obtenir une facture raisonnable, le modèle choisi ne fait pas tout : sa configuration et son adaptation au logement comptent tout autant.