Politique. Feux croisés d’accusations entre la gauche, le gouvernement et l’extrême droite
« À ceux qui clairement veulent faire de ces violences un “tour de chauffe” avant l’élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas intimider. Personne n’imposera son agenda politiqu...
« À ceux qui clairement veulent faire de ces violences un “tour de chauffe” avant l’élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas intimider. Personne n’imposera son agenda politique par la violence », a averti samedi Sébastien Lecornu, accusant des « groupes d’ultra-gauche ». Le Premier ministre a également dénoncé « une violence d’une extrême intensité » à l’encontre des forces de l’ordre, assurant ces dernières de son soutien. « Les consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice », a-t-il ajouté, alors que la gauche fustige la stratégie de maintien de l’ordre des autorités.
« Le préfet est soit un provocateur aux ordres, soit un incompétent dangereux. Trois jours pour accepter un parcours, puis nassage et gazage partout sur le point de départ autorisé ou au hasard, comme à Toulouse et Strasbourg, provoquant la dispersion des cortèges, et enfin un point d’arrivée qui ne peut contenir la foule en marche, comme à Paris, place Clichy », a critiqué Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise. « J’en ai ras le bol de la doctrine du maintien de l’ordre dans ce pays. Il faut la revoir et vite, parce que cela devient une atteinte aux libertés publiques. Et, en plus, cela met tout le monde en danger, les manifestants comme les policiers », a abondé l’écologiste Marine Tondelier, également présente dans le cortège parisien.
Jean-Luc Mélenchon a défilé samedi avec les cadres de La France insoumise. Photo SIPA
Le RN accusé LFI de « prendre en otage » les revendications populaires
Le candidat insoumis à la présidentielle a aussi déploré le flot d’images violentes diffusées en continu sur les chaînes d’information qui, à ses yeux, masquent le fond et la légitimité des revendications. « Pendant que les chaînes d’info inondent d’images de violence dans des dizaines de villes, tout se déroule dans le calme/videos/il-y-a-65-ans-le-17-octobre-1961-des-manifestants-algeriens-etaient-massacres-par-la-police-francaise-3mmq3qu avec des dizaines de milliers de gens calmement mobilisés », a assuré Jean-Luc Mélenchon, photos de cortèges à l’appui.
L’extrême droite n’a pas retenu ses attaques contre LFI, qu’elle accuse depuis le début du mouvement lycéen d’attiser les tensions. « Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui, en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos », a écrit samedi Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle. De son côté, le président du RN Jordan Bardella a fustigé les « professionnels du chaos », alors que son allié Eric Ciotti (UDR) estimait que « l’islamo-gauchisme menace la République ».
À droite, les principaux responsables ont surtout envoyé des messages de fermeté. Bruno Retailleau (Les Républicains) a dénoncé une « sauvagerie sans limites » contre laquelle « la force implacable de l’État est la seule réponse possible », alors qu’Édouard Philippe (Horizons) a estimé que « la République doit répondre avec la plus grande fermeté aux casseurs qui l’offensent. À côté des manifestations pacifiques de certains lycéens, il y a partout dans le pays des scènes de chaos insupportables ».