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Politique. Congrès du RN et contre-manifestation : deux camps face à face à Orléans

Seul candidat, Jordan Bardella a été réélu triomphalement ce samedi, président du Rassemblement national (RN) avec 98,98 % des voix. Un triomphe fêté à huis clos, dans un Zénith d’Orléans bondé, sous très haute...

Seul candidat, Jordan Bardella a été réélu triomphalement ce samedi, président du Rassemblement national (RN) avec 98,98 % des voix. Un triomphe fêté à huis clos, dans un Zénith d’Orléans bondé, sous très haute protection policière. Un triomphe que plusieurs milliers de personnes, réunies de l’autre côté de la Loire, dans le centre-ville d’Orléans, ont voulu dénoncer. 13 000 personnes selon la préfecture, le double selon les manifestants : cela fait des années qu’un congrès du FN, devenu RN, n’avait pas réuni autant de monde pour une contre-manifestation.

Cela va à l’encontre des ambitions de Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui entendaient profiter de deux jours à Orléans pour afficher l’image d’un parti pleinement normalisé, riche de 155 000 adhérents, donné gagnant par tous les instituts de sondage à la prochaine présidentielle et capable de rassembler des milliers de personnes. L’objectif était aussi de tourner la page d’une rentrée difficile, marquée notamment par la révélation, par Mediapart, de propos antisémites attribués à Jordan Bardella dans sa jeunesse. « Une fable », évacue le président du RN, qui répète en guise de défense que « tout sera fait pour nous empêcher de gagner cette présidentielle ».

La normalisation mise à mal

La manifestation anti-RN a été traitée par le mépris par les militants du parti à la flamme, qui pour la plupart ont posté sur les réseaux sociaux des images d’une salle comble et d’un parti uni derrière son président et sa candidate. Dans les rues du centre-ville, la foule chantait La Marseillaise et défilait dans le calme avec les slogans “Macron démission, Le Pen en prison”. Bally Bagayoko, le médiatique maire insoumis de Saint-Denis, étaient parmi les contre-manifestants, avec Olivier Faure le premier secrétaire du Parti socialiste, Sophie Binet la patronne de la CGT ou encore Clémentine Autain du parti l’Après. « Ceux qui manifestent sont ceux qui ne sont pas d’accord avec la normalisation de l’extrême droite », lance Bally Bagayoko.

Au lendemain des tirs qui ont tué un homme et blessé plusieurs autres grièvement dont une adolescente de 12 ans dans les Yvelines, les manifestants ont fait le lien avec le RN. Le maire de Trappes, Ali Rabeh avait fait le déplacement dans le Loiret : « Il y a la République et les racistes en face de nous », résumant ainsi le face-à-face entre deux France. « L’attentat raciste de Trappes nous rappelle que ce que l’extrême droite professe depuis des décennies peut inspirer les actes les plus violents et les plus meurtriers », a dénoncé Olivier Faure, soulignant que « la banalisation de cette idéologie est inacceptable ».

Un meeting avec 10 000 sympathisants

À Orléans, ville choisie par le RN pour son rapport historique avec Jeanne d’Arc, que le parti nationaliste célèbre régulièrement, deux France radicalement différentes se sont fait face. Sans se croiser, elles se sont défiées. La première dans un Zénith sous cloche, ultra-sécurisé. La seconde dans un village « antifasciste » installé dans le centre de la ville.

Qu’en sera-t-il ce dimanche ? Ces deux France seront-elles maintenues à distance ? Contrairement à samedi, toute manifestation a été interdite car la préfecture redoute la présence de groupes radicaux politisés anti-RN. Dans le même temps, 10 000 sympathisants du RN venus de toute la France sont attendus pour le lancement de la quatrième campagne présidentielle de Marine Le Pen, conçu comme une démonstration de force.