Policière tabassée à Hannut: elle enquêtait sur des faits de corruption au Parlement européen
Nous frappons à la porte de l'habitation où réside aujourd'hui la victime, une femme de 42 ans qui, au début du mois de juin dernier, a été violemment agressée par des individus non encore identifiés. Lorsque l...
Nous frappons à la porte de l'habitation où réside aujourd'hui la victime, une femme de 42 ans qui, au début du mois de juin dernier, a été violemment agressée par des individus non encore identifiés. Lorsque la quadragénaire apparaît sur le seuil, dans l'après-midi de ce samedi 8 août 2026, son visage reste très marqué par les séquelles de la crapuleuse agression.
"Des coups d'une extrême violence"
"Je ne souhaite faire aucun commentaire à propos de cette affaire", nous indique-t-elle d'emblée, manifestement aussi encore émotionnellement très troublée. La porte se referme aussitôt, le furtif entretien en restera là…
C'est dans ce quartier campagnard aux apparences paisibles, dans le petit village hesbignon de Blehen, dans l'entité liégeoise de Hannut, que les faits d'une extrême violence ont été perpétrés.
C'est le journaliste d'investigation Nicolas Gobiet qui révélait les faits, il y a quelques semaines, dans les colonnes de La Libre.
"Une inspectrice de l'Office central pour la répression de la corruption (OCRC) de la police fédérale, a été passée à tabac alors qu'elle marchait à proximité d'une prairie où paissent des chevaux. Elle a été attaquée par une ou plusieurs personnes. Des coups d'une extrême violence lui ont été portés, notamment au visage", a écrit notre confrère.
Grièvement blessée à la mâchoire et au visage, la policière hesbignonne se trouve actuellement encore, un peu plus de deux mois après les faits, en incapacité de travail.
Une instruction judiciaire pour tentative de meurtre
Dans la foulée de l'agression de la Hannutoise, le parquet de Liège a ouvert une instruction judiciaire et désigné un médecin légiste. À ce stade de l'enquête, le ministère public qualifie les faits de tentative de meurtre. À l'heure d'écrire ces lignes, aucun suspect n'a manifestement encore été identifié ou interpellé.
À la demande du juge d'instruction liégeois en charge de cet épineux dossier, un appel a témoin a été diffusé ce week-end par la police fédérale, avec une photo des lieux présumés de l'agression.
"Dans le cadre de cette enquête, la police recherche de précieux témoins qui auraient vu une personne ou un véhicule ou des agissements suspects dans la rue de la Pâque ou ses alentours le mardi 2 juin 2026 entre 16 h 30 et 18 h 00", précise notamment le communiqué, toujours accessible sur le site internet de la police fédérale, dans la rubrique des avis de recherche.
Le Qatargate au cœur de l'affaire ?
Qui en aurait voulu à la policière hannutoise, au point de s'en prendre physiquement à elle de la sorte ? La réponse est probablement à chercher dans les activités professionnelles de l'intéressée.
La crapuleuse agression perpétrée le 2 juin 2026 à Blehen, dans l'entité de Hannut, pourrait constituer un fait collatéral du sulfureux dossier du Qatargate, un complexe affaire de corruption présumée dans les coulisses du Parlement européen.
La policière tabassée travaillait au sein de l'Office central pour la répression de la corruption (OCRC), un service spécialisé de la police fédérale. L'OCRC dispose de quelque 70 enquêteurs anti-corruption qui mènent notamment diverses investigations relatives aux dossiers les plus sensibles, dont celui du Qatargate.