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Police municipale de Carcassonne : “J’en peux plus, du bicot, du nègre…” La vidéo d’une patrouille remplie de paroles racistes, complotistes et masculinistes

La vidéo d'une patrouille de la police municipale de Carcassonne, filmée par une caméra piéton à l'insu des agents en novembre 2025, est rendue publique par Midi Libre. Le chef d'équipe multiplie les déclarations racistes et complotistes.

l'essentiel La vidéo d'une patrouille de la police municipale de Carcassonne, filmée par une caméra piéton à l'insu des agents en novembre 2025, est rendue publique par Midi Libre. Le chef d'équipe multiplie les déclarations racistes et complotistes.

C'est une vidéo que nous n'aurions jamais dû voir. Une soirée de patrouille de quatre policiers municipaux le 6 novembre 2025 à Carcassonne. Mais le chef d'équipe a déclenché par mégarde sa caméra piéton qui a tout filmé. Diffusée par la suite en interne au sein de la police municipale, la vidéo est publiée par Midi Libre.

Le chef d'équipe multiplie les propos racistes. "Ils roulent vite ces boulougnes", lance-t-il en début de patrouille en croisant un Maghrébin au volant. Il lui tarde que le mois de décembre arrive : "La zone sera claire avec les forains : les punks à chien et les bougnoules, ils n'aiment pas ça". Un peu plus tard, nouvelle couche de racisme après être passé sur la place Carnot : "J'en peux plus en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l'Afghan", puis en croisant un passant maghrébin : "C'est un bougnoule qui pue le kebab".

Au cours de la soirée, la patrouille reçoit l'appel d'une femme qui pense avoir percuté un chevreuil ou un sanglier. Le chef d'équipe se lance dans une imitation avec l'accent africain : "C'est peut-être un migrant (...) Un petit Kirikou de la savane, il est venu en France et il est percuté par un véhicule". Un collègue le contacte alors pour faire le point. Il lui répond : "Une vieille a percuté un bougnoule apparemment".

Emmanuel Macron, le général Bigeard, les Russes

Le reste de la patrouille est un florilège de déclarations répréhensibles. Emmanuel Macron est attaqué sur sa sexualité, Brigitte Macron serait transgenre et "on essaye de cacher ça au monde entier". Pour le patron de la police municipale, "il nous manque un général à grosses couilles, un p'tit coup d'État, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal".

L'homme souhaiterait voir les Russes arriver en France dans quelques années. "On sera obligé de boire de la vodka et de manger du caviar". Au cours de la patrouille, il tombe sur une vidéo TikTok qui évoque le général Bigeard "tortionnaire". Son commentaire : "Gauche de merde, ça, c’est des LFIstes, ils veulent qu’on donne tout aux bougnoules, nos maisons, nos filles".

Le parquet de Carcassonne est saisi 

Qui est l'homme qui fait ces déclarations ? C.R. est brigadier-chef de la police municipale de Carcassonne, il a 50 ans, c'est un ancien parachutiste du 3e RPIma de Carcassonne, qui aide ponctuellement le service de sécurité du RN.

La scène a été filmée en novembre 2025, avant que les Carcassonnais élisent le maire RN Christophe Barthès. Le maire était alors le LR Gérard Larrat. La divulgation de la vidéo est à l'origine d'une ambiance délétère au sein de la police municipale de Carcassonne, selon Midi Libre. Un brigadier a porté plainte contre son supérieur et plusieurs agents sont en arrêt maladie. C.R. a lui-même porté plainte pour "atteinte à la vie privée" après la diffusion interne à la police municipale de la vidéo. Le parquet de Carcassonne est saisi de l'affaire depuis janvier 2026. À la fin de la patrouille, le brigadier-chef avait lancé : "On n'a rien fait ce soir, on n'a fait que de la merde".