Plusieurs centaines de millions d’euros annoncés pour l’agriculture en crise : pour ça “il nous faut un budget”, répond le patron de la FNSEA
Sébastien Lecornu a promis, jeudi, une enveloppe comprise "entre 500 et 700 M€" pour le plan de relance agricole. Arnaud Rousseau, à la tête du premier syndicat agricole français, réagit dans Midi Libre. Le président de la FNSEA n’appelle pas le monde agricole à se joindre à la mobilisation des lycéens et des jeunes le 17 octobre. Il s’explique.
Sébastien Lecornu a promis, jeudi, une enveloppe comprise "entre 500 et 700 M€" pour le plan de relance agricole. Arnaud Rousseau, à la tête du premier syndicat agricole français, réagit dans Midi Libre. Le président de la FNSEA n’appelle pas le monde agricole à se joindre à la mobilisation des lycéens et des jeunes le 17 octobre. Il s’explique.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé, jeudi, le déblocage d’une enveloppe comprise "entre 500 et 700 M€", une somme qui sera injectée dans le plan de relance agricole en 2027 pour faire face, notamment, aux effets dévastateurs du dérèglement climatique.
"Le plan de relance annoncé par le Premier ministre est quasiment finalisé dans son périmètre, y compris financier" et "sera présenté sous forme d’amendements du gouvernement" au projet de budget pour 2027, a précisé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Il vient compléter les aides d’urgence annoncées début septembre, à hauteur de 1,2 Md€ (canicule, carburants).
"L’idée d’essayer de projeter l’agriculture et de construire un avenir va dans le bon sens, réagit dans nos colonnes Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, mais j’ai besoin de savoir de quoi on parle, je suis incapable à ce stade de dire ce qu’il y a dans ce plan."
Annoncé à moins de 48 heures de la journée de contestation du 17 octobre, celui-ci peut-il désamorcer la colère des agriculteurs, alors que l’exécutif craint aussi de nouvelles vagues de manifestations cet hiver ? "La réponse est évidemment non", souligne Arnaud Rousseau.
Le patron du premier syndicat agricole français ne participera pas, pour autant, ce samedi, aux actions des lycéens et des “gilets jaunes”.
La FNSEA n’appelle pas à la mobilisation samedi
"Je ne dis pas que, ponctuellement, vous ne verrez pas quelques tracteurs, indique-t-il, mais nous, on n’appelle pas à se mobiliser samedi pour une raison assez simple. C’est que c’est la pleine période de boulot, les agriculteurs sont en train de récolter le peu de maïs qu’on a eu cet été, de semer du blé, d’arracher les betteraves, de bosser comme tous les mois d’octobre partout en France, et évidemment, la priorité, après cet été particulièrement difficile, c’est d’essayer de préparer l’année prochaine. On appellera à la mobilisation sur des revendications claires, qui ne sont pas celles des lycéens ou d’autres corporations, et notre pratique d’action, c’est la volonté de ne pas créer d’atteinte aux biens et aux personnes."
La FNSEA souhaite surtout, à ce stade, maintenir la pression sur l’exécutif et le Parlement. Le montant du plan esquissé jeudi par le gouvernement dépendra des "concertations" territoriales et des "discussions parlementaires", a précisé Sébastien Lecornu, renvoyant implicitement la responsabilité sur les députés.
"Nombre d’agriculteurs ne savent pas s’ils seront encore là en 2027"
Or "l’agriculteur, ce qui va quelque part l’apaiser, c’est de voir que très concrètement, ça change dans sa cour de ferme, souligne Arnaud Rousseau. Nombre d’agriculteurs ne savent pas s’ils seront encore là en 2027. Pour sortir l’agriculture de la situation dans laquelle elle est, nous avons besoin d’un budget."
Un projet de loi de finances 2027 plus incertain que jamais, alors que s’ouvre un autre front pour les syndicats à Bruxelles, avec la défense des aides de la Politique agricole commune (PAC), dans le cadre du budget européen.