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Pour plus de musique québécoise dans les lieux publics

Alors que les Québécois écoutent peu leur propre musique, la Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE) et 32 autres organisations du milieu culturel on...

Alors que les Québécois écoutent peu leur propre musique, la Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE) et 32 autres organisations du milieu culturel ont publié lundi une lettre ouverte pour mettre l’accent sur la découvrabilité de la musique d’ici dans les commerces et autres lieux publics.

Mardi dernier, un rapport du Commissaire à la langue française soulignait que le Québec boudait la musique créée dans sa langue plus qu’ailleurs.

Depuis plusieurs années, les artistes québécois ne représentent que 7 à 8 % de l’ensemble des écoutes sur les plateformes de diffusion de musique en continu, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Alors que la composition du nouveau Conseil des ministres sera connue mercredi, la lettre Pour l’avenir de nos musiques : il faut maintenant aller plus loin – cosignée par la SPACQ-AE, le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), la Journée de l’album québécois ou encore les Francos de Montréal et la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) – appelle à multiplier les occasions de rencontre avec la musique québécoise pour en stimuler la demande.

​​La découvrabilité de nos musiques ne se joue pas uniquement sur les plateformes numériques, écrivent les signataires. Elle se joue aussi dans les écoles et les établissements d’enseignement, dans les commerces, les restaurants et les hôtels, dans les lieux touristiques, les espaces publics et institutionnels.​​​

Consommer local

Cette fin de semaine, j'étais dans un café sur le Plateau, qui est un quartier quand même assez francophone, et il y avait de la musique en anglais, déplore Ariane Charbonneau, directrice générale de la SPACQ-AE. Cet été, les animateurs des camps d’été de mes enfants avaient choisi de la musique en anglais. Je suis allée leur dire : "Ça ne vous tente pas de mettre de la musique québécoise?"

Consommer local, ce n’est pas juste les fraises, c’est aussi nos musiques, poursuit-elle. On dit que l'appétit vient en mangeant, c'est la même chose pour la musique.

Une femme brune parle au micro.

Directrice générale de la Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs, Ariane Charbonneau est également l'instigatrice de la plateforme MUSIQC.

Photo : FacebookMusiqc.ca

Les animateurs du camp d’été ont répondu à Ariane Charbonneau qu’elle avait raison. Ils étaient très ouverts, précise-t-elle. Il faut juste ouvrir la discussion. Je pense que les gens sont prêts à se dire : "Moi aussi, je vais mettre la main à la pâte".

Pour une collaboration interministérielle

Les signataires appellent donc à une collaboration accrue entre le ministère de la Culture et des Communications et d’autres ministères, comme ceux de l’Éducation, du Tourisme ou encore de la Santé et des Services sociaux pour entreprendre, en concertation avec le milieu, une réflexion ambitieuse sur les moyens de multiplier les occasions de découverte et d’écoute de la musique d’ici.

La présence et la découverte de nos musiques doi​ven​t être pensée​s​ au-delà des seuls programmes culturels, ajoutent-ils.

On a des artistes vraiment fantastiques. Harmonium chantait : "On a mis quelqu'un au monde, il faudrait [peut-être] l'écouter". Eh bien, c’est tout aussi vrai pour notre musique, ajoute Ariane Charbonneau.

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