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Plus de 800 000 euros pour une veste en cuir : quand Nvidia suffit à transformer un simple vêtement en objet de collection

Lors d’une vente aux enchères la veste noire en cuir de Jensen Huang a vu son prix s’envoler. Un montant exceptionnel alors que l’entreprise subit en ce moment les doutes des investisseurs autour de l’intelligence artificielle.

Steve Jobs avait ses cols roulés noirs, Mark Zuckerberg ses tee-shirts gris… et Jensen Huang sa veste en cuir noir. Et le nom du patron de Nvidia suffit à transformer ce simple vêtement en un objet de collection. Elle a en effet été vendue aux enchères vendredi dernier pour environ 840 000 euros, alors même que Sotheby’s avait estimé son prix entre 40 000 et 60 000 dollars. La maison de vente de luxe n’avait toutefois pas tari d’éloges sur cette veste, la décrivant comme « l’uniforme d’un pionnier, l’emblème d’un leadership authentique, ingénieux, persévérant, courageux et joyeux (…), le symbole de la vision à l’avant-garde de la révolution de l’IA. »

Pour obtenir la veste portée par le fondateur de Nvidia précisément lors du Hon Hai Tech Day, à Taïpei, le 18 octobre 2023 et marquée de sa signature, pas moins de 45 collectionneurs ont enchéri en tout 65 fois. L’objet de luxe mis en vente en ligne à partir de 5 890 euros est donc parti pour plus de 140 fois son prix initial le 17 juillet. Jensen Huang a également porté ce modèle lors de toutes les grandes annonces de Nvidia ou sur la couverture du Time Magazine consacrée aux personnalités les plus influentes de 2021.

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Une vente à l’image de l’engouement pour l’IA

Cet emballement hors normes est à la hauteur des records battus par la révolution IA. Nvidia et son PDG détiennent le record de la capitalisation boursière avec la barre des 5 000 milliards franchie fin 2025. Et la société californienne, qui fabrique les puces indispensables à l’IA et son évolution, était déjà la première à passer au-dessus de 4 000 milliards de dollars. Et ce seulement trois mois plus tôt.

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Si depuis l’entreprise américaine est retombée en dessous des 5 000 milliards de valorisation, elle reste un acteur clé de la révolution technologique. Bloomberg Intelligence, dans un rapport publié début 2026, estime même que Nvidia devrait détenir 70 à 75 % du marché des processeurs graphiques nécessaires pour les puces IA jusqu’en 2030.

Cette nouvelle technologie est aussi responsable des valorisations extraordinaires d’Anthropic, OpenAI ou encore SpaceX. Même Apple, redevenue la société cotée la plus valorisée au monde devant Nvidia la semaine dernière, voit ses actions grimpées grâce à son plan IA. Aucune entreprise ne souhaite manquer le train, la France l’a prouvée lors du sommet Choose France. Début juin, l’événement a permis de rassembler 93 milliards d’euros d’investissements principalement sur l’IA. Et une annonce est sortie du lot au château de Versailles, celle du patron de SoftBank. Le géant japonais a promis un investissement de 75 milliards d’euros dans des centres de données dans les Hauts-de-France.

Une surenchère, symbole de la bulle IA ?

Mais malgré toutes ces promesses, les craintes sur l’IA ne cessent de ressurgir. Est-ce que les entreprises pourront répondre aux attentes ? Les revenus vont-ils augmenter ? Est-ce trop ? Est-ce une bulle prête à exploser ? Les experts ne sont pas d’accord sur la question, et les inquiétudes grandissent, alimentées très récemment par le lancement d’un modèle d’IA de l’entreprise chinoise Moonshot AI qui pourrait constituer une alternative moins coûteuse aux géants américains.

Pour tenter de rassurer les investisseurs, les résultats de second semestre sont arrivés avec quelques bonnes surprises. ASML, entreprise elle aussi essentielle pour les semi-conducteurs a annoncé un bénéfice net de 2,9 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026. Le mastodonte taïwanais des semi-conducteurs avancés TSMC, a publié de son côté un bénéfice net record au deuxième trimestre, dépassant les attentes, et a annoncé qu’il investirait 100 milliards de dollars supplémentaires dans l’Etat américain de l’Arizona.

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Les différents indices boursiers vendredi soir montraient toutefois des signes de doute persistants. A Wall Street, l’indice Nasdaq – au sein duquel sont regroupés les géants de la tech – a chuté de 1,40 %, l’indice élargi S&P 500 a perdu 1,01 % et le Dow Jones a reculé de 0,77 %. Même constat à Paris, Francfort, Tokyo ou encore Taïwan où l’indice Taiex s’est effondré de 6,47 %. Lundi, les différentes places ont repris un peu de couleur mais les investisseurs restent très prudents.

(avec AFP)